Le dernier volet de la série de documentaires d’Alain Cavalier, intitulé « Merci d’être venu », a été présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2026. Selon Libération, ce film, conçu comme un autoportrait vidéographique, rassemble quinze années de mémoires personnelles pour célébrer la joie face à l’échéance inéluctable de la mort. Une œuvre qui interroge autant qu’elle touche, par son approche intimiste et son ton à la fois serein et poignant.
Ce qu'il faut retenir
- Alain Cavalier présente son dernier film, « Merci d’être venu », en compétition à Cannes 2026.
- Ce documentaire est le quinzième volet de son journal vidéo, autoportrait dédié à la joie face à la mort.
- L’œuvre rassemble quinze années de souvenirs filmés par le réalisateur lui-même.
- Le film a été salué pour son approche intimiste et son équilibre entre émotion et sobriété.
- Cavalier y explore la mémoire, le temps et la célébration de l’existence.
Un autoportrait vidéographique unique
Alain Cavalier, réalisateur français de 92 ans, poursuit avec « Merci d’être venu » une entreprise cinématographique aussi personnelle que méthodique. D’après Libération, ce film s’inscrit dans la continuité d’un travail entamé il y a plus de quinze ans, où Cavalier se filme lui-même, sans artifice, pour constituer un journal intime. Le cinéaste y déploie une réflexion sur la mémoire, le vieillissement et la célébration de la vie, sans jamais tomber dans le pathos. L’œuvre se distingue par sa simplicité apparente, qui en fait toute la force.
Le titre même du documentaire, « Merci d’être venu », résume à lui seul l’esprit de l’œuvre. Pour Cavalier, il s’agit de reconnaître et de saluer la présence des autres – amis, proches, inconnus – qui ont marqué son parcours. Autant dire que le film est moins un constat sur la finitude qu’une ode à la présence, à la gratitude et à la beauté des instants partagés. Une démarche qui rappelle ses précédents travaux, comme « Le Filmeur » ou « Les Femmes aussi ont fait la guerre ».
Quinze ans de mémoires filmées
Le cœur de l’œuvre repose sur un matériau brut : des images tournées par Cavalier lui-même, entre 2011 et 2026. Selon Libération, ces archives personnelles, parfois brutes, parfois soigneusement composées, forment un patchwork de souvenirs où se mêlent rencontres, paysages et réflexions intérieures. Le réalisateur y capture des moments du quotidien, des paysages de son enfance, ou encore des échanges avec des proches, le tout sans chercher à dramatiser.
Ce choix de l’autoportrait vidéographique n’est pas anodin. Cavalier explique avoir voulu « montrer ce qui reste quand on enlève tout le superflu ». Dans un entretien accordé à Libération, il précise : « Je filme ce que je vois, ce que je vis, et c’est déjà beaucoup. » Une approche qui rappelle celle des grands cinéastes du réel, tout en s’en distinguant par son radicalisme : ici, pas de montage spectaculaire, pas de reconstitution, mais une plongée dans l’intime, sans filtre.
« Je filme ce que je vois, ce que je vis, et c’est déjà beaucoup. »
— Alain Cavalier, réalisateur de « Merci d’être venu »
Une œuvre entre joie et mélancolie
Si le sujet du film touche à des thèmes universels – la mémoire, le temps, la mort –, Cavalier évite soigneusement tout misérabilisme. D’après Libération, le réalisateur mise sur la joie des souvenirs pour conjurer l’idée de la fin. Les images, souvent lumineuses, sont peuplées de visages aimés, de lieux chers, de moments de grâce. Le ton est celui d’un homme qui a accepté son âge, sans pour autant renoncer à la curiosité ou à l’émerveillement.
C’est cette alchimie entre gravité et légèreté qui fait la singularité de « Merci d’être venu ». Les scènes tournées en extérieur, par exemple, montrent des paysages où la nature semble éternelle, tandis que les portraits des proches rappellent la fragilité des liens humains. Une contradiction apparente que Cavalier assume pleinement : « La vie est à la fois belle et fragile, et c’est ça qui la rend précieuse. »
Sur le plan critique, le film a déjà suscité des réactions élogieuses, notamment pour son audace formelle et son humanité. Reste à savoir si le public suivra, tant les attentes face à un cinéaste de 92 ans peuvent varier. Une chose est sûre : avec « Merci d’être venu », Alain Cavalier signe une œuvre qui dépasse le simple cadre du documentaire pour devenir un témoignage universel sur la condition humaine.