Alors que la hausse des prix des carburants continue de peser sur le pouvoir d’achat des Français, Laurent Wauquiez, député Les Républicains (LR) de la Haute-Loire et président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, a formulé mardi 12 mai une proposition visant à restituer aux automobilistes une partie des recettes fiscales perçues par l’État. Selon Franceinfo - Politique, le député a plaidé pour que l’intégralité des « recettes supplémentaires » engendrées par la flambée des prix des carburants soit affectée à la baisse des taxes sur les produits pétroliers.

Ce qu'il faut retenir

  • Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, demande à l’État de « rendre aux automobilistes » les recettes fiscales supplémentaires perçues sur les carburants en raison de leur hausse de prix.
  • Il propose que ces fonds soient intégralement réaffectés à la baisse de la taxe sur l’essence, ce qui pourrait réduire le prix du gazole de 10 centimes par litre.
  • Le gouvernement a déjà annoncé la réaffectation de 190 millions d’euros, perçus en mars et avril, pour financer des aides aux ménages.
  • Wauquiez salue cette initiative mais estime que cela ne suffit pas et réclame une transparence mensuelle des recettes et leur affectation directe aux automobilistes.

Une proposition pour alléger la facture des ménages

Dans un entretien accordé à Franceinfo ce 12 mai 2026, Laurent Wauquiez a expliqué que la hausse des prix des carburants, couplée à la TVA, génère des « recettes supplémentaires » pour l’État. Plutôt que de laisser ces fonds alimenter le budget général, il souhaite qu’ils soient « rendus aux automobilistes » sous forme de baisse des taxes. « Avec la TVA et la montée des prix, le gouvernement fait des recettes supplémentaires. Ma proposition, c’est que l’intégralité de ces recettes soit affectée à la baisse de la taxe sur l’essence », a-t-il déclaré.

Selon ses calculs, cette mesure permettrait de faire baisser le prix du gazole de **10 centimes par litre** lors d’un plein. Une économie qui, selon lui, redonnerait un peu d’oxygène aux ménages déjà en difficulté pour boucler leurs fins de mois. « Les Français ne peuvent pas à la fois avoir de grosses difficultés financières, ne plus arriver à boucler la fin du mois, et en plus avoir le sentiment que le gouvernement en profite pour mettre des recettes de côté », a-t-il souligné.

Un geste salué, mais jugé insuffisant

Le gouvernement a déjà pris une première mesure en annonçant la réaffectation de **190 millions d’euros**, perçus en mars et avril, pour financer les dispositifs d’aide aux ménages. Une initiative que Laurent Wauquiez qualifie de « première avancée », tout en rappelant qu’elle reste limitée. « C’est déjà une avancée. Je suis reconnaissant au Premier ministre d’avoir tout de suite mis les cartes sur la table et dit : on fait la transparence chaque mois », a-t-il indiqué.

Cependant, le député LR estime que cette somme, bien que significative, ne couvre pas l’intégralité des recettes supplémentaires engendrées par la hausse des prix. Il réitère donc sa demande d’une redistribution intégrale et d’une transparence accrue sur l’utilisation de ces fonds. « Il faut que les Français sachent exactement où vont ces recettes et comment elles sont utilisées », a-t-il ajouté.

Un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat

Cette proposition intervient dans un contexte où les prix des carburants restent élevés, malgré une légère baisse des cours du Brent ces dernières semaines. Les automobilistes subissent de plein fouet l’inflation sur les produits pétroliers, alors que les aides de l’État peinent à compenser l’écart. Selon les données du gouvernement, les recettes fiscales supplémentaires générées par la TVA sur les carburants ont atteint des niveaux records depuis le début de l’année, en partie à cause de la guerre en Ukraine et des tensions géopolitiques persistantes.

Les associations de consommateurs et plusieurs groupes politiques appellent depuis des mois à une réforme structurelle des taxes sur les carburants. Certaines voix, à gauche comme à droite, plaident pour une baisse définitive des accises, voire pour un gel des prix dans les stations-service. La proposition de Laurent Wauquiez s’inscrit dans cette logique, mais elle reste pour l’instant au stade de l’initiative parlementaire.

Et maintenant ?

La proposition de Laurent Wauquiez devra maintenant trouver un écho au sein de la majorité présidentielle et dans les rangs de l’opposition. Si elle est adoptée, elle pourrait prendre la forme d’un amendement lors de l’examen du prochain budget ou d’une loi spécifique. En attendant, le gouvernement a indiqué qu’il suivrait « avec attention » les propositions visant à améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Une réunion interministérielle sur le sujet est prévue avant la fin du mois de mai, selon des sources proches de Matignon.

Quoi qu’il en soit, cette affaire soulève une question plus large : jusqu’où l’État peut-il aller dans la redistribution des recettes fiscales sans mettre en péril l’équilibre de ses finances ? Alors que la dette publique française reste élevée, toute baisse des recettes fiscales doit être compensée par des économies ailleurs ou une augmentation d’autres impôts. Autant dire que le débat est loin d’être clos.

Ces recettes proviennent principalement de la TVA, qui est prélevée sur le prix final des carburants. Lorsque les prix augmentent, la TVA perçue par l’État augmente mécaniquement. En 2026, la hausse des cours du pétrole et les tensions géopolitiques ont amplifié ce phénomène, générant des recettes supplémentaires estimées à plusieurs centaines de millions d’euros sur les premiers mois de l’année.

Pour l’instant, il s’agit d’une initiative parlementaire, ce qui signifie qu’elle devra être soutenue par une majorité à l’Assemblée nationale. Si le gouvernement y est favorable, elle pourrait être intégrée dans un texte de loi. En revanche, si l’exécutif la juge trop coûteuse pour les finances publiques, elle pourrait être rejetée ou amendée. Rien n’est encore acté, mais le débat est lancé.