« J’ai vécu une galère et je voyais bien que les gens ne comprenaient pas. » Voici, selon Franceinfo - Sport, la confidence de Claude Onesta sur son passage aux Jeux olympiques de Paris 2024. L’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball, aujourd’hui auteur du livre Performer : la méthode (éditions Michel Laffon), y dévoile les coulisses d’une aventure humaine et sportive bien moins linéaire que ne le laissent imaginer les palmarès. Dans cet ouvrage sous-titré Au cœur de la stratégie gagnante des Jeux de Paris 2024, il revient sur un parcours atypique, marqué par près de quinze années à façonner l’excellence collective en handball, avant de relever un défi inédit : contribuer à faire de la France l’une des grandes nations hôtes des Jeux olympiques et paralympiques.
Ce qu'il faut retenir
- Claude Onesta publie Performer : la méthode, un livre retraçant son implication dans l’organisation des Jeux de Paris 2024 et ses réflexions sur la performance collective.
- Il évoque les difficultés rencontrées, loin du récit glorieux souvent associé à l’événement, soulignant un « chemin difficile » et un décalage avec les attentes du public.
- Son parcours en handball, avec deux titres olympiques, trois championnats du monde et trois championnats d’Europe, l’a préparé à penser la performance au-delà du sport.
- Il insiste sur l’importance de l’esprit de liberté, hérité de ses parents engagés politiquement, comme fondement de sa vision du succès.
- Onesta défend une approche où la réussite se mesure autant à l’aune des médailles qu’à celle de la construction d’hommes et de femmes engagés dans leur communauté.
Un parcours façonné par l’improbable
Né à Toulouse dans un cadre rural, Claude Onesta n’était pas destiné à briller dans le handball. Comme il le confie à Franceinfo - Sport, son engagement sportif aurait pu se tourner vers le rugby, sport dominant dans sa région. Pourtant, c’est par le hasard d’une section handball « hyper structurée » au sein de son club que le futur sélectionneur a découvert ce sport. « Le hasard des rencontres », résume-t-il, un hasard qui s’est avéré déterminant. Son parcours en handball, qu’il a ensuite marqué de son empreinte, s’est construit sur cette base : une passion née d’un environnement propice à l’apprentissage, bien plus que d’une vocation précoce. « Je reste passionné de rugby », ajoute-t-il, rappelant que son aventure aux Jeux de Paris 2024 l’a conduit à se familiariser avec des disciplines qu’il ne connaissait pas, sans pour autant prétendre en devenir un expert.
La liberté, une valeur cardinale
Derrière les médailles et les records, Claude Onesta place au cœur de sa réflexion une valeur qui lui a été transmise par ses parents, tous deux engagés politiquement : la liberté. Dans son livre et lors de son entretien avec Franceinfo - Sport, il en fait une clé de voûte. « Libre, c’était une obligation et ce n’est pas toujours simple », déclare-t-il. Cette liberté, il l’a vécue comme une exigence, bien au-delà du simple cadre sportif. Pour lui, construire la performance ne se résume pas à une accumulation de victoires, mais à une démarche ambitieuse et parfois douloureuse, où l’individu est invité à s’engager pleinement. « J’ai mené mon parcours, je ne l’ai pas subi », précise-t-il, soulignant que cette liberté, coûteuse, exige une attention constante à soi et aux autres.
Les Jeux de Paris 2024, une aventure bien éloignée du mythe
Contrairement à l’image d’Épinal souvent associée aux Jeux olympiques, Claude Onesta décrit une réalité bien différente : celle d’une « galère » dont peu de gens ont conscience. Dans son livre, il explique ce décalage entre la perception publique, marquée par le spectacle et la magie des Jeux, et la réalité vécue par ceux qui en ont organisé les rouages. « Tous les gens que j’ai rencontrés me disaient : ‘Vous avez dû vivre des moments extraordinaires’, alors que pas du tout », raconte-t-il à Franceinfo - Sport. Pour lui, l’enjeu était de montrer que la performance, qu’elle soit sportive ou organisationnelle, ne se construit pas de manière linéaire. Elle exige des échanges de confiance, une vision ambitieuse, et surtout une acceptation de l’échec comme étape nécessaire vers la réussite. « Tu changes le monde, ou tu changes de monde », résume-t-il, illustrant une philosophie où le défaitisme n’a pas sa place.
Le handball, miroir d’une vision collective
Si Claude Onesta est aujourd’hui associé à la performance française, c’est d’abord grâce à son héritage en handball. Entre 2001 et 2016, il a dirigé l’équipe de France, accumulant un palmarès inégalé : deux titres olympiques (2008, 2012), trois championnats du monde (2001, 2009, 2011) et trois championnats d’Europe (2006, 2010, 2014). Mais au-delà des trophées, c’est une philosophie qu’il a imposée : celle d’une équipe où les joueurs ne sont pas seulement des athlètes, mais aussi des « hommes exceptionnels ». Dans son livre, il insiste sur cette dimension : « Ma préoccupation, ça a toujours été ça. » Pour lui, le sens de la vie ne se réduit pas à l’accumulation de médailles ou de richesses, mais à la capacité à construire une communauté où chacun trouve sa place. Cette vision, il l’a ensuite transposée dans son rôle d’accompagnateur de la performance française lors des Jeux de Paris 2024, où il a œuvré pour que chaque acteur, sportif ou organisateur, comprenne l’importance de son engagement.
Pour Claude Onesta, l’essentiel n’est pas dans les trophées alignés dans un garage, mais dans la manière dont une équipe, un pays, ou une société se mobilise pour atteindre l’excellence. Une leçon que son livre, et son parcours, incarnent avec force.
Selon ses propos rapportés par Franceinfo - Sport, il souligne le décalage entre la perception publique, marquée par le spectacle des Jeux, et la réalité vécue par les organisateurs et les athlètes. Pour lui, la construction de la performance est un chemin « difficile » et non linéaire, exigeant des sacrifices et une vision ambitieuse qui n’est pas toujours comprise.