La Colombie s’apprête à trancher ce dimanche 22 juin 2026 entre un maintien du gouvernement de gauche historique et un virage à droite marqué par l’alliance avec une figure proche des thèses de Donald Trump. Ce second tour de l’élection présidentielle, qui oppose l’avocat antisystème Rodolfo Hernández à l’ancien ministre de la Défense Gustavo Petro, pourrait redéfinir l’orientation politique du pays, alors que la violence resurgit dans plusieurs régions. Selon France 24, cette élection survient dans un contexte de tensions sociales et d’insécurité croissante, mettant en lumière les divisions d’une société colombienne en quête de stabilité.
Ce qu’il faut retenir
- Deux candidats aux visions opposées : Gustavo Petro, allié du premier gouvernement de gauche de l’histoire du pays, face à Rodolfo Hernández, avocat populiste et pro-Trump.
- Un enjeu de sécurité nationale : La Colombie traverse une résurgence de la violence, notamment dans les zones rurales, où les groupes armés se réorganisent.
- Un second tour décisif : Organisé ce 22 juin 2026, il déterminera si le pays poursuit sa trajectoire progressiste ou bascule vers une droite alignée sur les positions américaines.
- Un scrutin sous haute tension : Les sondages, très serrés, reflètent une société profondément divisée sur les méthodes à adopter face à la criminalité et aux inégalités.
Deux projets de société radicalement différents
Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire colombienne, a mené une politique de réformes sociales et de dialogue avec les groupes armés, malgré des résultats mitigés sur le front de l’insécurité. Son gouvernement a notamment tenté de relancer les négociations avec l’ELN, la dernière guérilla active du pays, mais ces efforts peinent à porter leurs fruits. Selon France 24, Petro mise sur un modèle de justice transitionnelle et une redistribution des richesses pour réduire les inégalités structurelles qui minent le pays depuis des décennies.
Face à lui, Rodolfo Hernández incarne une ligne dure, prônant une approche répressive contre la criminalité et un alignement assumé sur les positions de l’administration Trump. Ce candidat, qui se présente comme un « anti-système », a bâti sa campagne sur une rhétorique anti-corruption et une promesse de rétablir l’ordre par la fermeté. Son discours, teinté de nationalisme économique, séduit une partie de l’électorat lassé par les promesses non tenues des gouvernements précédents.
La violence, toile de fond d’un scrutin crucial
La Colombie fait face depuis plusieurs mois à une recrudescence des violences, notamment dans les départements de Cauca, Nariño et Norte de Santander, où les groupes armés et les cartels de drogue se disputent les routes du trafic. Les attaques contre des civils, les massacres et les enlèvements ont augmenté de 23 % en 2025 par rapport à l’année précédente, selon les chiffres du ministère de la Défense. « La situation sécuritaire est préoccupante », a déclaré un haut responsable de l’ONU en mai 2026, soulignant que « les groupes armés profitent du vide laissé par les négociations inabouties ».
Ce contexte pèse lourdement sur le débat électoral. Petro, qui a tenté de négocier avec l’ELN, est critiqué par une partie de la population pour sa politique perçue comme trop conciliante. Hernández, de son côté, mise sur un discours sécuritaire, promettant de « nettoyer » le pays en quelques mois. « On ne peut pas continuer à vivre dans la peur », a-t-il lancé lors d’un meeting à Medellín, attirant des milliers de sympathisants.
Un pays suspendu à un résultat incertain
Les sondages, publiés avant l’interdiction des enquêtes d’opinion 48 heures avant le vote, donnent un écart de moins de 2 points entre les deux candidats. Selon France 24, l’abstention pourrait jouer un rôle clé, dans un contexte de méfiance généralisée envers les institutions. « Les Colombiens sont tiraillés entre l’espoir d’un changement et la peur d’un chaos », analyse un politologue de l’université de Bogotá. Le résultat pourrait aussi avoir des répercussions régionales, dans un pays qui reste un acteur clé en Amérique latine, tant sur le plan économique que géopolitique.
Quoi qu’il arrive, ce second tour marquera un tournant pour la Colombie. Entre l’héritage de Petro et l’audace d’Hernández, les électeurs devront choisir entre deux visions de l’avenir, dans un pays où la paix reste un luxe et où la démocratie se heurte encore trop souvent à la violence.
Rodolfo Hernández, candidat de droite, a explicitement affiché son soutien aux positions de Donald Trump, notamment sur la lutte contre le trafic de drogue et l’immigration. Il a promis de renforcer les liens avec Washington, y compris sur le plan militaire. Petro, en revanche, a toujours prôné une politique étrangère indépendante, cherchant à équilibrer les relations avec les États-Unis, la Chine et les voisins latino-américains.