D'après Le Figaro, une croisière partie d'Argentine pour un périple vers le Cap-Vert a basculé dans le drame sanitaire. Le navire de croisière MV Hondius, parti d'Ushuaïa le 1er avril 2026, est devenu l'épicentre d'une épidémie d'hantavirus qui a touché six pays et fait trois morts en moins d'un mois. Au total, six cas confirmés et un cas probable ont été recensés à bord ou après l'escale des passagers.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois morts et sept cas (six confirmés, un probable) d'hantavirus liés à la croisière MV Hondius.
  • Le navire, parti d'Ushuaïa, a fait escale en Géorgie du Sud, à Sainte-Hélène et à Tristan da Cunha avant d'être bloqué au large du Cap-Vert.
  • Les autorités du Cap-Vert ont refusé l'accostage à Praia, forçant le navire à se diriger vers Tenerife, où 122 passagers ont été évacués en 48 heures.
  • 149 personnes étaient à bord lors du pic de l'épidémie, avant les évacuations progressives vers l'Europe et l'Amérique du Nord.
  • Parmi les pays touchés figurent la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Espagne, le Canada et la Turquie.

Un voyage polaire transformé en cauchemar sanitaire

Le MV Hondius, un navire de croisière spécialisé dans les expéditions polaires, a quitté le port d'Ushuaïa le 1er avril 2026, avec à son bord 114 passagers et 61 membres d'équipage, originaires de 22 pays. Selon Le Figaro, l'objectif du voyage était de longer les côtes de Géorgie du Sud et de Sainte-Hélène avant de rejoindre le Cap-Vert. Mais ce qui devait être une aventure exotique s'est mué en crise sanitaire.

Dès le 5 avril, soit cinq jours après le départ, l'ornithologue néerlandais Leo Schilperoord (70 ans) tombe malade. Il décède peu après, devenant peut-être le « patient zéro » de l'épidémie. Aucun test microbiologique n'a été effectué sur son corps, empêchant de confirmer rétrospectivement la cause de son décès. Son épouse, également à bord et malade, est évacuée vers l'Afrique du Sud, où elle meurt le 26 avril. Les autorités sanitaires sud-africaines confirmeront plus tard une infection à l'hantavirus.

L'épidémie s'étend et force des évacuations en mer

Le 15 avril, six nouveaux passagers montent à bord à Tristan da Cunha — quatre Britanniques et deux Chiliens —, tandis qu'un membre d'équipage quitte le navire. À ce moment-là, 149 personnes sont encore à bord. Le 28 avril, une Allemande présente les premiers symptômes de la maladie : fièvre et pneumonie. Elle décède peu après, devenant la troisième victime du virus à bord.

Les autorités du Cap-Vert refusent d'autoriser l'accostage à Praia, contraignant le navire à rester au large. Le 6 mai, trois personnes — deux passagers (un Néerlandais et un Allemand) et un membre d'équipage britannique — sont évacuées vers l'Europe. Deux d'entre elles étaient malades, la troisième un simple cas contact asymptomatique. C'est dans ce contexte que le MV Hondius est finalement autorisé à accoster à Granadilla de Abona, dans le sud de Tenerife, où 122 personnes sont évacuées en moins de 48 heures.

Un rapatriement sanitaire à l'échelle internationale

Les passagers et membres d'équipage évacués sont rapatriés par des vols sanitaires vers leurs pays d'origine. Selon les chiffres communiqués par Le Figaro, 55 personnes ont été rapatriées aux Pays-Bas, 22 au Royaume-Uni, 17 aux États-Unis, 14 en Espagne, 5 en France, 4 au Canada, 3 en Turquie et 2 en Irlande. Par ailleurs, 26 membres d'équipage ont pour mission de ramener le navire aux Pays-Bas.

Parmi les rapatriés, une Française et un Américain, évacués dimanche, ont déjà été testés positifs à l'hantavirus. Ces cas montrent que l'épidémie s'est propagée bien au-delà des frontières initiales du navire. Les tests pratiqués en urgence ont confirmé la présence du virus chez plusieurs passagers, dont un Britannique évacué vers l'Afrique du Sud le 2 mai et toujours « dans un état critique mais stable » selon les autorités sanitaires.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires des pays concernés devraient publier d'ici la fin de la semaine un bilan définitif de l'épidémie. Une enquête épidémiologique est en cours pour déterminer l'origine exacte de la contamination à bord du MV Hondius, notamment via l'analyse des échantillons prélevés sur les passagers décédés. Par ailleurs, les compagnies de croisière pourraient revoir leurs protocoles sanitaires pour les voyages en zones isolées, où l'accès aux soins est limité.

Le MV Hondius, désormais sous surveillance médicale renforcée, devrait quitter les eaux espagnoles dans les prochains jours pour rejoindre les Pays-Bas. Les autorités maritimes européennes devraient également évaluer les risques liés aux escales dans des zones reculées, où les infrastructures sanitaires sont parfois inexistantes. Enfin, les familles des victimes devraient être reçues par les services consulaires de leurs pays respectifs pour obtenir des réponses sur les circonstances de ces décès.

L'hantavirus est une maladie rare transmise principalement par les rongeurs, notamment via leurs excréments ou leur salive. La contamination se fait par inhalation de particules infectieuses en suspension dans l'air, ou par contact direct avec des surfaces contaminées. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et, dans les cas graves, une pneumonie sévère pouvant entraîner la mort.

Tous les passagers et membres d'équipage ayant été en contact avec les personnes infectées ont été placés en quarantaine ou suivis médicalement. Les zones du navire ayant accueilli les personnes malades ont été désinfectées. Les autorités sanitaires recommandent désormais un dépistage systématique pour les voyageurs revenant de zones à risque.