Selon Franceinfo - Culture, le marais de Brière, situé en Loire-Atlantique entre le fleuve et l’océan, s’impose comme un joyau naturel et culturel du Grand Ouest. Avec ses 7 000 hectares, il constitue le deuxième plus grand marais de France après la Camargue, mais son histoire remonte bien plus loin.
Ce qu'il faut retenir
- Un écosystème de 7 000 hectares, hérité d’une forêt vieille de 5 000 ans.
- Des traditions culinaires ancrées, comme l’anguille en persillade, emblème local.
- Des artisans exploitent des chênes fossilisés pour créer des couteaux uniques.
- Un parc naturel accessible à pied, à vélo ou en barque, typique de la Presqu’île de Guérande.
- Une guide locale, Sylvie Moreno, partage sa passion pour ce territoire depuis 10 ans.
Un paysage façonné par le temps et les hommes
Comme l’explique Sylvie Moreno, guide de « L’Arche Briéronne » et ancienne employée des chantiers navals de Saint-Nazaire, le marais tel qu’on le connaît aujourd’hui résulte d’une lente transformation. « Il y a 5 000 ans, ce n’était pas un marais, mais une forêt », souligne-t-elle. Aujourd’hui, ses canaux aux eaux noires, bordés de végétation verdoyante, dessinent un paysage unique où le calme et les chants d’oiseaux dominent. « Le marais, c’est plus qu’une passion, c’est une piqûre », confie-t-elle. « Je ne peux pas me passer de Brière. C’est impossible. »
Le parc naturel de Brière, niché au cœur de la Presqu’île de Guérande, attire chaque année des visiteurs en quête d’authenticité. On peut l’explorer à pied, à vélo ou en barque, comme l’a fait l’équipe du « 13 Heures en week-end » de France 2. « On y découvre une nature préservée, où le temps semble s’être arrêté », observe un touriste interrogé par les journalistes. « Je ne m’attendais pas à trouver un endroit aussi vert et végétalisé », ajoute un autre.
L’anguille, un emblème culinaire entre tradition et modernité
Côté assiette, le marais de Brière célèbre une tradition gastronomique bien vivante. À Kerhinet, dans l’auberge « L’Auberge de Kerhinet », le chef Ludovic Favrel travaille des poissons frais issus du bassin de la Loire et du lac de Grand-Lieu. « Ce sont des anguilles jaunes, un poisson d’eau douce emblématique de la région », précise-t-il. Malgré la réputation tenace d’un « goût de vase » attribuée à ce mets, le chef balaye les préjugés : « Bien souvent, les gens pensent que l’anguille a un arrière-goût de terre. Mais en réalité, celles que nous préparons n’ont plus ce goût. Elles sont parfaites. »
Ludovic Favrel perpétue des recettes transmises de génération en génération. « Ce sont des plats que l’on apprend dès l’apprentissage en restauration », explique-t-il. La dégustation se fait souvent sans couverts, à la main, pour mieux apprécier l’anguille en persillade. « C’est bien meilleur comme ça », assure une cliente. « On n’en trouve pas beaucoup ailleurs, et ici, elles sont excellentes ! »
Des chênes fossilisés aux couteaux d’exception
Sous les eaux du marais reposent des trésors géologiques : des chênes fossilisés, âgés de 5 000 ans, témoins d’une époque où la forêt couvrait encore ces terres. Chaque année, avec l’accord du parc naturel, l’artisan Jean-Henri Pagnon prélève 25 troncs de ces arbres pétrifiés. « C’est un matériau unique, qui a traversé les siècles », souligne-t-il. Après un séchage de deux à trois ans, ces chênes sont débités, polis, puis transformés en couteaux par l’atelier coutelier « Le Morta ».
« On a l’immense privilège de travailler un matériau qui a connu la Renaissance, le Haut Moyen Âge, l’Antiquité », s’enthousiasme Jean-Henri Pagnon. Les couteaux ainsi créés, d’une beauté rare, séduisent une clientèle bretonne fidèle. « C’est de l’art, ces couteaux sont magnifiques », s’exclame un client. Ces pièces, chargées d’histoire, incarnent à elles seules la richesse patrimoniale de la Brière.
Entre légendes, gastronomie et géologie, le marais de Brière s’affirme comme un territoire où passé et présent se mêlent harmonieusement. Un voyage à travers le temps, où chaque visiteur repart avec le sentiment d’avoir découvert un morceau d’histoire.
Oui, le marais est accessible toute l’année, mais certaines activités, comme les balades en barque, sont plus agréables aux beaux jours. Le parc naturel propose des parcours adaptés aux différentes saisons, avec des paysages qui varient selon les périodes.
Plusieurs restaurants locaux, dont « L’Auberge de Kerhinet » à Kerhinet, proposent ce plat traditionnel. Il est conseillé de réserver à l’avance, surtout en haute saison, pour profiter de l’expérience culinaire dans les meilleures conditions.