82,2 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer au sein de leur propre pays en 2025, selon les dernières données compilées par le journal Le Monde. Parmi elles, 32,3 millions l’ont été en raison de violences ou de conflits armés, une première dans l’histoire récente. Les catastrophes naturelles, autrefois la première cause de déplacements internes, arrivent désormais en deuxième position.

Ce qu'il faut retenir

  • 82,2 millions de déplacés internes dans le monde en 2025, un record depuis des décennies.
  • 32,3 millions de déplacements directement liés aux conflits, dépassant pour la première fois les déplacements dus aux catastrophes naturelles.
  • L’Iran et la République démocratique du Congo (RDC) concentrent à elles seules les deux tiers des nouveaux déplacements internes enregistrés l’an dernier.
  • Les violences ont entraîné une hausse de 60 % des déplacements forcés par rapport aux années précédentes.
  • Pour la première fois, les conflits deviennent la cause principale de déplacements au sein des frontières nationales.

Un basculement historique dans les causes de déplacement

Les données publiées par Le Monde révèlent un renversement des tendances observées jusqu’ici. Traditionnellement, les catastrophes naturelles — ouragans, inondations, séismes — dominaient les statistiques des déplacements internes. En 2025, la donne a changé : les conflits armés, qu’il s’agisse de guerres civiles, de tensions intercommunautaires ou d’interventions militaires, ont pris le pas sur les aléas climatiques. « Cette inversion s’explique par l’intensification des violences dans plusieurs régions du monde », précise un expert cité par le quotidien.

Les 32,3 millions de déplacés pour raisons sécuritaires représentent près de 40 % du total des mouvements forcés. Un chiffre qui reflète l’escalade des tensions dans des pays comme la Syrie, le Soudan ou encore l’Éthiopie, où les combats persistent malgré les appels à la paix. « Les populations n’ont plus d’autre choix que de fuir, même si cela signifie abandonner leurs biens et leurs moyens de subsistance », ajoute la même source.

L’Iran et la RDC, épicentres d’une crise en expansion

Parmi les 82,2 millions de personnes déplacées, une grande partie se concentre dans deux pays : l’Iran et la République démocratique du Congo (RDC). Ensemble, ces deux nations ont enregistré les deux tiers des nouveaux déplacements internes en 2025. En Iran, les tensions internes et les conflits frontaliers ont poussé des millions de personnes à quitter leurs régions d’origine. En RDC, la résurgence des violences dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, a provoqué des vagues de déplacements massifs.

Les chiffres sont édifiants : plus de 20 millions de nouveaux déplacés en Iran et en RDC combinés, selon les estimations du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). « Ces pays paient un lourd tribut à l’instabilité chronique », souligne un analyste spécialisé dans les questions humanitaires. « Leur situation illustre l’ampleur d’une crise qui dépasse désormais les frontières nationales ».

Les conséquences humanitaires et politiques d’une année record

La multiplication des déplacements internes a des répercussions majeures sur les systèmes de santé, l’éducation et la sécurité alimentaire dans les pays concernés. Les camps de déplacés, souvent surpeuplés et mal équipés, peinent à absorber l’afflux de populations vulnérables. Les organisations humanitaires, déjà sous-financées, se retrouvent submergées par l’ampleur des besoins. « Les ressources manquent cruellement pour fournir une assistance digne à ces populations », a déclaré un responsable de l’ONG Médecins Sans Frontières au Monde.

Sur le plan politique, cette crise met à rude épreuve les gouvernements locaux et les acteurs internationaux. Les appels à la protection des civils se multiplient, mais les solutions durables peinent à émerger. Les négociations de paix, quand elles existent, se heurtent souvent à des intérêts géopolitiques divergents. « Sans une volonté politique forte et coordonnée, la situation ne pourra que s’aggraver », avertit un diplomate sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les projections pour 2026 laissent entrevoir une persistance, voire une aggravation, de la crise des déplacés internes. Les conflits en cours au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, ainsi que les tensions récurrentes en Asie du Sud, laissent peu d’espoir à un reflux des déplacements. Les agences humanitaires appellent à un renforcement des financements et à une meilleure coordination entre États pour éviter une catastrophe humanitaire de plus grande envergure. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue pour la mi-juin 2026 afin d’examiner les mesures à prendre.

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de cette crise sur les populations concernées et pour mesurer l’efficacité des réponses apportées par la communauté internationale. En attendant, des millions de personnes continuent de vivre dans l’incertitude, sans perspective claire de retour dans leurs foyers.

Selon les données compilées par Le Monde, l’intensification des violences dans plusieurs régions du monde — notamment en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient — a dépassé en ampleur les catastrophes naturelles. Les guerres civiles, les tensions intercommunautaires et les interventions militaires ont poussé des millions de personnes à fuir, souvent sans possibilité de retour.