Depuis 2019, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) forme des « personnes de confiance » chargées de veiller à la sécurité des participants lors des événements étudiants. Ce dispositif, qui se généralise dans les établissements, intervient dans un contexte où les moyens alloués restent insuffisants malgré le plan gouvernemental lancé en 2021 pour endiguer ces violences, comme le rapporte Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Le dispositif des « personnes de confiance » a été lancé par la Fage en 2019.
  • Ces référents sont formés pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles lors des soirées étudiantes.
  • Le plan gouvernemental de 2021 visait à renforcer la prévention et la protection, mais les moyens restent insuffisants.
  • Le dispositif se répand progressivement dans les établissements d'enseignement supérieur.

Un engagement contre les violences sexistes et sexuelles dans un milieu étudiant vulnérable

Les soirées étudiantes, souvent associées à la consommation d'alcool et à des dynamiques de groupe, constituent un terrain propice aux violences sexistes et sexuelles. Pour y répondre, la Fage a mis en place un réseau de « personnes de confiance », des étudiants bénévoles formés pour identifier les situations à risque et intervenir si nécessaire. Ces référents agissent comme des médiateurs, sensibilisés aux bonnes pratiques et aux ressources disponibles pour les victimes, selon les informations relayées par Libération.

Leur mission ne se limite pas à la surveillance passive : ils sont également chargés de diffuser des messages de prévention et d'orienter les victimes vers des structures d'aide adaptées. Pourtant, malgré l'expansion de ce dispositif, les acteurs du terrain soulignent un manque criant de moyens humains et financiers pour garantir son efficacité à grande échelle.

Un plan gouvernemental en demi-teinte face à l'ampleur du problème

En 2021, le gouvernement a lancé un plan national pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les établissements d'enseignement supérieur. Ce plan prévoyait notamment le renforcement des cellules de veille et d'écoute, ainsi que la formation des personnels et des étudiants. Cependant, selon plusieurs observateurs cités par Libération, ces mesures peinent à se concrétiser pleinement, notamment en raison de budgets insuffisants et d'un manque de coordination entre les acteurs locaux.

Dans certaines universités, les « personnes de confiance » ne disposent ni du temps ni des outils nécessaires pour mener à bien leur mission. « On nous demande d'être présents, mais sans réel soutien logistique », a expliqué à Libération une référente en formation à l'université de Lille. Le constat est similaire dans d'autres villes, où les associations étudiantes dénoncent une volonté politique insuffisante pour traduire les annonces en actions concrètes.

Un dispositif en expansion, mais encore inégalement réparti

Malgré ces limites, le modèle des « personnes de confiance » séduit de plus en plus d'établissements. À l'université de Strasbourg, par exemple, une dizaine de référents ont été formés en 2024 et interviennent désormais lors des principaux événements étudiants. « L'impact est réel, même s'il reste difficile à quantifier », a précisé le président de l'association étudiante locale. D'autres villes, comme Rennes ou Toulouse, suivent la même voie, portées par l'engagement d'associations locales et d'élus étudiants.

Pour autant, la couverture reste inégale. Dans certaines facultés, notamment celles des filières les moins mobilisées, le dispositif peine à s'implanter. Les disparités reflètent en partie les différences de moyens entre les établissements, mais aussi des résistances culturelles à aborder ces questions de manière systématique.

Et maintenant ?

À l'approche de la rentrée universitaire 2026-2027, la Fage et ses partenaires appellent à un renforcement des moyens alloués aux « personnes de confiance ». Une pétition nationale, lancée en début d'année, réclame notamment un financement pérenne pour ces dispositifs, ainsi qu'une meilleure reconnaissance de leur rôle par les établissements. Les associations étudiantes devraient également demander une évaluation indépendante de l'efficacité du plan gouvernemental de 2021, dont les résultats partiels pourraient être publiés d'ici la fin de l'année.

Reste à voir si les pouvoirs publics répondront à ces demandes, dans un contexte où les priorités budgétaires restent tendues. Une chose est sûre : le besoin de solutions pérennes pour sécuriser les soirées étudiantes n'a jamais été aussi pressant, face à une actualité qui rappelle régulièrement l'urgence d'agir.

Les étudiants intéressés par ce rôle doivent suivre une formation spécifique, organisée par la Fage en collaboration avec des associations spécialisées dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cette formation aborde des thèmes comme la prévention, l'écoute active, l'orientation des victimes et les techniques d'intervention en cas de situation à risque. Une fois formés, les référents sont intégrés à un réseau national et peuvent être sollicités lors d'événements étudiants.