Une enquête conjointe entre la France et le Portugal a été ouverte après la découverte de deux enfants français, âgés de quatre et cinq ans, laissés seuls sur une route nationale dans la municipalité d’Alcácer do Sal, au Portugal. Selon Euronews FR, leur mère, Marine Rousseau, 41 ans, a été arrêtée par la Garde nationale républicaine (GNR) à Fátima, en compagnie de son compagnon, Marc Ballabrigade, 55 ans. Les deux adultes sont soupçonnés d’avoir commis des délits de violence domestique ainsi que d’exposition et d’abandon d’enfants.
Ce qu'il faut retenir
- Deux enfants français, âgés de 4 et 5 ans, ont été retrouvés seuls sur une route nationale à Alcácer do Sal, au Portugal, le 20 mai 2026.
- Leur mère, Marine Rousseau, 41 ans, et son compagnon, Marc Ballabrigade, 55 ans, ont été interpellés à Fátima par la GNR.
- Les deux adultes sont soupçonnés de violences domestiques et d’abandon d’enfants.
- Marine Rousseau avait disparu de son domicile de Colmar depuis le 11 mai 2026, déclenchant une enquête policière en France.
- Le beau-père, Marc Ballabrigade, avait déjà été condamné en 2010 pour harcèlement et violences conjugales.
Une disparition inquiétante et une traque transfrontalière
La disparition de Marine Rousseau a été signalée aux autorités françaises le 11 mai 2026 par sa famille maternelle, inquiète de ne plus avoir de nouvelles. Le parquet de Colmar a indiqué dans un communiqué que la femme avait quitté son domicile sans explication, laissant derrière elle un autre enfant, âgé de 16 ans, issu d’une précédente relation. Selon TF1, cité par Euronews FR, le père des deux enfants abandonnés s’est également manifesté pour déposer une plainte pour enlèvement. La presse française précise que la mère bénéficiait de la garde légale des enfants concernés par l’affaire.
Les investigations menées par la police française ont permis de localiser Marine Rousseau « successivement dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal », sans toutefois parvenir à la contacter. La nouvelle de la découverte des enfants a déclenché une enquête parallèle sur place, tandis que le parquet de Colmar a ouvert une information judiciaire pour « délaissement d’enfant ».
Un profil professionnel et des zones d’ombre
Sur les réseaux sociaux, Marine Rousseau se présente comme une « sexologue » spécialisée dans l’accompagnement des traumatismes, affirmant aider « toutes les personnes ayant subi un traumatisme à retrouver sérénité et satisfaction sexuelle ». D’après son profil LinkedIn, elle se décrit comme experte en « pratiques corporelles, dynamique du développement et prise en charge spécifique des traumatismes », et déclare travailler avec des jeunes. Elle a étudié la psychomotricité à l’université Pierre et Marie Curie à Paris et collaboré avec l’EFT, une technique de libération émotionnelle.
Sur ses réseaux, elle partage également des vidéos de formations destinées aux parents sur la façon d’aborder la sexualité avec leurs enfants. Autant dire que son parcours professionnel contraste avec les circonstances actuelles de l’affaire, où elle est soupçonnée d’avoir abandonné ses enfants dans des conditions non élucidées.
Un compagnon au passé judiciaire trouble
Le profil de Marc Ballabrigade, 55 ans, compagnon de Marine Rousseau et père de sa fille aînée, est marqué par un passé judiciaire problématique. Selon Le Parisien, il a été condamné en 2010 pour harcèlement et violences conjugales envers la mère de sa fille. Il avait écopé de neuf mois de prison ferme et de deux ans de sursis. Malgré cette condamnation, une évaluation psychologique de l’époque l’avait décrit comme une « personne normale et sans pathologie », tout en soulignant qu’il avait traversé une « longue période de dépression » ayant conduit à sa démission de la police.
Sur les réseaux sociaux, l’ancien policier affirmait avoir travaillé comme « esclave du ministère de la Défense » entre 1994 et 2010. Il y relayait également des théories du complot, dont la dernière datait de mars 2026. Le couple doit être présenté aujourd’hui devant un juge pour déterminer les mesures coercitives à leur encontre.
Des enfants retrouvés désorientés et confiés à une famille d’accueil
L’affaire a pris une tournure publique mercredi 20 mai 2026, lorsqu’un couple circulant sur une route nationale à Alcácer do Sal a remarqué deux enfants seuls, en pleurs, près d’une zone de maquis. Les enfants, désorientés, auraient indiqué aux passants avoir été emmenés dans la forêt pour jouer avant d’être abandonnés. Immédiatement alertée, la GNR a dépêché des soldats sur place. Selon le communiqué de la police, les militaires ont « localisé les mineurs, assuré leur protection et leur sécurité », puis les ont conduits au poste territorial d’Alcácer do Sal.
Les enfants ont ensuite été transportés à l’hôpital pour un examen médical. Le bureau du procureur du district de Setúbal a confirmé qu’ils étaient « apparemment en bonne santé » et avaient reçu les soins nécessaires avant d’être autorisés à quitter l’établissement. Leur prise en charge psychologique a été jugée prioritaire compte tenu de leur jeune âge et de leur état émotionnel fragile.
Les deux frères et sœurs sont désormais placés en famille d’accueil temporaire après l’ouverture d’une procédure de protection urgente par le tribunal de la famille et des mineurs de Santiago do Cacém. Les autorités portugaises et françaises échangent actuellement pour déterminer l’avenir des enfants et les conditions éventuelles de leur retour en France.
Une procédure internationale en cours
Le père des enfants, actuellement en route pour le Portugal, subira une évaluation afin de déterminer s’il est en mesure d’en assurer la garde. Le tribunal de district de Setúbal a rappelé que les enfants ne pourraient être renvoyés en France qu’à la suite d’une demande formelle des autorités françaises. Dans un communiqué, il précise que « les juridictions françaises sont internationalement compétentes pour décider des mesures de protection définitives et des responsabilités parentales ».
« Il appartiendra aux autorités judiciaires françaises, par le biais des mécanismes de coopération judiciaire, d’engager la procédure de retour des enfants dans l’État de leur résidence habituelle. »
Cette affaire soulève des questions sur la protection de l’enfance et la coordination des systèmes judiciaires européens face à des situations transfrontalières complexes. Reste à voir comment les juridictions des deux pays parviendront à concilier les intérêts des enfants, les droits parentaux et les obligations légales.
Les autorités n’ont pas encore précisé les circonstances exactes ayant conduit les enfants à être laissés seuls à Alcácer do Sal, ni les raisons pour lesquelles Marine Rousseau a été retrouvée à Fátima. L’enquête devra déterminer si ces éléments sont liés ou relèvent de faits distincts.