Une centaine de soldats nord-coréens ont défilé samedi 9 mai 2026 sur la place Rouge à Moscou, aux côtés des forces russes, à l’occasion du 71e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie en 1945. Cette présence, confirmée par des images diffusées par les médias d’État russes et nord-coréens, marque une coopération militaire symbolique entre les deux pays alors que Moscou et Pyongyang entretiennent des liens de plus en plus étroits depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en 2022. Selon BMF - International, cette participation s’inscrit dans un contexte de renforcement des échanges diplomatiques et sécuritaires entre la Corée du Nord et la Russie, deux régimes isolés sur la scène internationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Une centaine de soldats nord-coréens ont défilé à Moscou le 9 mai 2026 aux côtés des forces russes lors du défilé de la Victoire.
  • Cette présence s’inscrit dans le cadre d’une coopération militaire et diplomatique accrue entre Pyongyang et Moscou depuis 2022.
  • Les images ont été diffusées par les médias d’État russe et nord-coréen, confirmant cette participation officielle.
  • La Corée du Nord et la Russie multiplient les échanges depuis le début de la guerre en Ukraine.

Un défilé symbolique sur fond de tensions géopolitiques

Le défilé du 9 mai, célébrant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, est un événement hautement symbolique pour Moscou, qui met traditionnellement en avant sa puissance militaire. La présence de soldats nord-coréens, reconnaissables à leurs uniformes verts et à leur pas de parade, a été saluée par les médias russes comme un signe de solidarité internationale. D’après BMF - International, cette participation n’a pas été annoncée officiellement par les autorités russes ou nord-coréennes avant l’événement, mais elle a été confirmée a posteriori par des sources diplomatiques citées par l’agence.

Pour Pyongyang, cette présence à Moscou envoie un message clair à la communauté internationale : la Corée du Nord, malgré son isolement, entretient des relations privilégiées avec des puissances comme la Russie. Pour le Kremlin, cela renforce l’idée d’un axe anti-occidental, regroupant des pays marginalisés par les sanctions et les pressions diplomatiques. « Ce défilé est un signal fort de la part de Moscou pour montrer qu’il n’est pas isolé », analyse un analyste cité par BMF - International.

Une coopération militaire en hausse depuis l’invasion de l’Ukraine

La participation des soldats nord-coréens s’ajoute à une série d’échanges militaires entre la Corée du Nord et la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Selon plusieurs rapports, Moscou aurait reçu des munitions et des armes nord-coréennes en échange de transferts de technologie militaire et de soutien économique. « Les deux pays partagent une vision commune : la lutte contre l’hégémonie occidentale », explique un expert en relations internationales interrogé par BMF - International.

En mars 2026, Kim Jong-un, dirigeant suprême de la Corée du Nord, s’est rendu à Moscou pour des discussions avec le président russe Vladimir Poutine. Lors de cette visite, les deux dirigeants ont évoqué un renforcement de leur coopération en matière de sécurité, sans préciser les modalités exactes. Des rumeurs persistantes suggèrent que Pyongyang pourrait fournir des armes à Moscou, bien que les deux pays n’aient jamais confirmé ces échanges de manière officielle.

Un geste politique à portée internationale

La présence des soldats nord-coréens à Moscou intervient alors que la Corée du Nord fait face à une série de sanctions internationales pour ses programmes nucléaire et balistique. En avril 2026, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a alerté sur l’augmentation des capacités nucléaires nord-coréennes, qualifiant la situation de « préoccupante ». Pour autant, cette participation au défilé russe envoie un message d’apaisement, voire de légitimation, à un régime souvent pointé du doigt pour ses violations des droits de l’homme et son opacité.

Du côté russe, cette coopération permet de contourner partiellement les sanctions occidentales. En effet, la Russie, elle-même sous embargo, trouve en la Corée du Nord un partenaire prêt à échanger des biens et des technologies sans se soucier des normes internationales. « Moscou et Pyongyang jouent tous deux la carte de l’affrontement avec l’Occident, ce qui explique leur rapprochement », souligne un diplomate européen contacté par BMF - International.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir se confirmer ou s’infirmer les rumeurs sur une aide militaire nord-coréenne à la Russie. Une rencontre entre les ministres de la Défense des deux pays est attendue d’ici la fin du mois de mai 2026, selon des sources diplomatiques citées par BMF - International. Par ailleurs, la Corée du Nord devrait poursuivre ses essais de missiles et de drones dans les mois à venir, une stratégie qui pourrait accentuer les tensions avec les États-Unis et leurs alliés en Asie-Pacifique. La communauté internationale, déjà divisée sur la question ukrainienne, devra également se positionner face à ce rapprochement Moscou-Pyongyang, dont les conséquences sur l’équilibre géopolitique restent à évaluer.

Cette présence nord-coréenne à Moscou rappelle que, près de trois quarts de siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les alliances de l’époque de la Guerre froide conservent une certaine actualité, même si leurs contours ont évolué. Alors que l’Europe célèbre la paix retrouvée en 1945, les tensions géopolitiques actuelles dessinent un paysage où les anciens ennemis peuvent devenir des partenaires, au mépris des règles internationales.

Plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et le Japon, ont condamné cette participation, la qualifiant d’« irresponsable » et de « violation des sanctions internationales ». L’Union européenne a évoqué une « escalade dangereuse » dans les relations entre la Corée du Nord et la Russie. La Chine, en revanche, a adopté une position plus nuancée, se contentant de rappeler l’importance du dialogue.