L’absence prolongée de Mojtaba Khamenei, fils du défunt Guide suprême iranien Ali Khamenei, alimente les spéculations sur la réalité du pouvoir en Iran, selon France 24. Plus de deux mois après l’attentat du 28 février 2026, qui a coûté la vie à son père ainsi qu’à plusieurs hauts responsables militaires, le nouveau Guide suprême n’a toujours pas réapparu en public, malgré les rumeurs persistantes sur son rôle effectif.
Ce qu'il faut retenir
- L’attentat du 28 février 2026 a tué Ali Khamenei, Guide suprême iranien, et plusieurs responsables militaires iraniens.
- Son fils, Mojtaba Khamenei, n’a pas été vu en public depuis plus de deux mois, alimentant les doutes sur sa succession.
- Les Gardiens de la révolution occupent une place dominante dans l’appareil d’État iranien, réduisant la visibilité des autres figures du pouvoir.
- L’absence de Mojtaba Khamenei contraste avec la surreprésentation des militaires dans les instances dirigeantes.
Un silence qui interroge
L’attentat du 28 février 2026, revendiqué par un groupe dissident, a profondément ébranlé la direction iranienne. Parmi les victimes figuraient des figures clés du régime, dont Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989. Son successeur désigné, Mojtaba Khamenei, n’a plus été aperçu en public depuis cet événement, malgré les spéculations sur son accession à la fonction de Guide suprême. Cette disparition médiatique soulève des questions sur la transparence du processus de succession et la réalité du pouvoir en Iran.
Selon des observateurs, cette absence prolongée pourrait refléter des tensions internes au sein de l’appareil sécuritaire. Les Gardiens de la révolution, déjà omniprésents dans l’économie et la politique, renforcent leur emprise depuis l’attentat, ce qui limite les marges de manœuvre des autres factions. Cette situation nourrit les rumeurs selon lesquelles Mojtaba Khamenei, s’il existe toujours, n’exercerait qu’un pouvoir symbolique.
Les Gardiens de la révolution, acteurs centraux du régime
Depuis des décennies, les Gardiens de la révolution occupent une place centrale dans l’appareil d’État iranien. Cette force paramilitaire, créée en 1979, contrôle non seulement les forces armées, mais aussi des pans entiers de l’économie, des médias et des institutions judiciaires. Leur influence s’est encore accrue après la mort d’Ali Khamenei, alors que les spéculations sur une transition chaotique se multiplient.
« Les Gardiens de la révolution sont aujourd’hui les véritables décideurs en Iran, bien au-delà de la figure du Guide suprême », explique un analyste spécialiste du Moyen-Orient. Leur mainmise sur les leviers du pouvoir rend d’autant plus opaque la gestion des affaires du pays. Dans ce contexte, l’absence de Mojtaba Khamenei devient un symbole des luttes d’influence qui traversent le régime.
Quels scénarios pour l’avenir ?
Plusieurs hypothèses circulent concernant le rôle futur de Mojtaba Khamenei. Certains estiment qu’il pourrait être maintenu en coulisses pour légitimer une transition contrôlée par les Gardiens de la révolution. D’autres suggèrent qu’il a été écarté au profit d’un autre dirigeant, voire qu’il n’a jamais été destiné à succéder à son père. La prochaine étape sera déterminante : une apparition publique de Mojtaba Khamenei, ou au contraire, son effacement définitif.
Cette incertitude intervient alors que l’Iran traverse une période de tensions régionales, notamment avec ses voisins arabes et les États-Unis. La stabilité du régime dépendra en grande partie de la capacité des Gardiens de la révolution à imposer une ligne directrice claire, sans laisser de place aux divisions internes.
Cette affaire illustre une fois de plus les défis auxquels est confronté l’Iran : concilier les ambitions d’une élite sécuritaire toute-puissante avec les attentes d’une société civile de plus en plus critique. Dans l’ombre de Mojtaba Khamenei, c’est la question même du fonctionnement du pouvoir iranien qui se pose.
Son absence prolongée alimente plusieurs hypothèses : il pourrait être maintenu en retrait pour des raisons de sécurité, ou son rôle réel dans la succession de son père est remis en question par les Gardiens de la révolution. Aucune explication officielle n’a été fournie à ce jour.