L’ex-footballeur international iranien Ali Karimi, aujourd’hui exilé et connu pour ses prises de position contre le régime de Téhéran, voit ses avoirs confisqués par les autorités judiciaires iraniennes. Selon RMC Sport, six biens immobiliers – quatre résidences et deux locaux commerciaux – lui appartenant ont été saisis dans le cadre d’une décision de justice motivée par son soutien affiché aux mouvements de contestation et à l’ex-chah Mohammad Reza Pahlavi. « Ali Karimi est un traître à la nation, qui a activement soutenu l’ennemi ces dernières années », peut-on lire sur Mizan, l’organe de presse du pouvoir judiciaire iranien, cité par la même source.
Cette mesure s’inscrit dans une série de sanctions ciblant les opposants au régime depuis le début de la guerre entre Israël et les États-Unis, déclenchée le 28 février 2026. Les autorités judiciaires iraniennes ont ainsi bloqué les avoirs d’une liste de personnes qualifiées de « traîtres », parmi lesquelles figurent également des sportifs. L’ex-international de 47 ans, passé par des clubs comme le Bayern Munich et surnommé le « Maradona asiatique » pour son talent balle au pied, n’a pas réagi publiquement à cette annonce.
Ce qu'il faut retenir
- Les autorités iraniennes ont saisi six biens immobiliers (quatre résidences et deux locaux commerciaux) appartenant à l’ex-footballeur Ali Karimi, selon RMC Sport.
- Karimi est accusé d’être un « traître à la nation » pour son soutien aux mouvements de contestation et à l’ex-chah, Mohammad Reza Pahlavi.
- Cette confiscation intervient dans le cadre d’une vague de sanctions contre les opposants au régime, lancée après le 28 février 2026 et le début de la guerre avec Israël et les États-Unis.
- Parmi les autres sportifs visés figurent la capitaine de l’équipe nationale féminine de football, Zahra Ghanbari, dont les avoirs avaient été saisis avant qu’elle ne retire sa demande d’asile en Australie.
Un engagement public contre le régime
Ali Karimi, qui a quitté l’Iran en 2022 pour s’installer aux Émirats arabes unis, s’est illustré ces dernières années par ses critiques répétées à l’encontre des autorités iraniennes. En septembre 2022, il avait déjà été poursuivi par la justice iranienne pour avoir « encouragé » les manifestations nées après la mort de Mahsa Amini, décédée en détention après son arrestation pour violation du code vestimentaire imposé aux femmes. Ses prises de position sur les réseaux sociaux, où il a apporté son soutien à plusieurs reprises aux mouvements de protestation, lui ont valu cette étiquette de « traître » aux yeux des autorités.
Ces accusations ne sont pas nouvelles dans le paysage politique iranien. Depuis des décennies, les opposants au régime sont souvent qualifiés de « traîtres » ou d’« ennemis de la nation » par les instances judiciaires et médiatiques. Le site Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire, a d’ailleurs justifié la saisie des biens de Karimi « dans l’intérêt du peuple iranien », sans autre précision sur les modalités de cette décision. « Les propriétés ont été identifiées et saisies sur décision de justice », précise la même source.
Un contexte régional marqué par la guerre et les tensions
La mesure prise à l’encontre de l’ex-footballeur s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. Depuis le 28 février 2026, l’Iran est engagé dans un conflit ouvert avec Israël et les États-Unis, déclenché par une escalade militaire sans précédent au Proche-Orient. Dans ce cadre, les autorités iraniennes ont durci leur position à l’encontre de toute forme de dissidence, qu’elle soit politique, sociale ou sportive.
Cette répression ne se limite pas aux figures médiatiques comme Karimi. Selon RMC Sport, les avoirs de Zahra Ghanbari, capitaine de l’équipe nationale féminine de football, avaient également été bloqués après qu’elle eut déposé une demande d’asile en Australie en 2025. Elle avait finalement retiré sa demande, ce qui lui a permis de récupérer ses biens. Cinq autres joueuses et un membre de l’encadrement de l’équipe féminine, présents lors de la Coupe d’Asie des nations en Australie, avaient également sollicité l’asile. Deux d’entre elles ont choisi de rester sur place, tandis que les autres sont revenues en Iran.
Un enjeu sportif sous haute tension
La question des sportifs iraniens exilés ou opposants au régime prend une dimension particulière à l’approche de grands événements internationaux. L’équipe masculine de football d’Iran doit ainsi participer à la Coupe du monde 2026, prévue aux États-Unis en juin. Ce déplacement, déjà sous haute surveillance en raison du contexte de guerre au Moyen-Orient, pourrait être marqué par des tensions supplémentaires, notamment si des joueurs ou des membres du staff affichent publiquement leur opposition au régime.
Pour l’instant, aucune réaction officielle de la Fédération iranienne de football n’a été communiquée concernant la saisie des biens d’Ali Karimi. Pourtant, la situation pourrait compliquer les préparatifs de l’équipe, alors que les autorités sportives iraniennes tentent de maintenir une image de stabilité malgré les crises politiques et sociales qui traversent le pays.
Pour l’heure, aucune suite n’a été donnée concernant d’éventuelles nouvelles sanctions contre d’autres sportifs ou personnalités. Les autorités judiciaires iraniennes devraient communiquer prochainement sur les modalités pratiques de cette confiscation, tandis que la communauté sportive internationale pourrait réagir dans les prochains jours, comme elle l’a fait par le passé pour d’autres cas similaires.
Cette mesure s’inscrit dans une campagne de répression lancée par les autorités iraniennes depuis le début de la guerre avec Israël et les États-Unis, le 28 février 2026. Les biens des opposants au régime, qualifiés de « traîtres à la nation », sont confisqués pour « servir l’intérêt du peuple iranien », selon les termes du pouvoir judiciaire.