La réunion prévue ce mardi 31 mars 2026 au siège de l’administration des douanes, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), pour finaliser la refonte du code des douanes a tourné court. Selon Le Monde – Politique, les six syndicats représentatifs ont annoncé, dès leur arrivée, qu’ils boycottaient la rencontre. Une décision qui s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les agents des douanes et le gouvernement, après la présentation, le 24 mars 2026, du projet de loi Ripost (« Réponses immédiates contre les phénomènes troublant l’ordre public et la tranquillité de nos concitoyens »).
Ce qu'il faut retenir
- Les six syndicats de douaniers ont boycotté une réunion au siège de leur administration à Montreuil le 31 mars 2026, bloquant la refonte du code des douanes.
- Cette décision fait suite à la présentation, le 24 mars 2026, du projet de loi Ripost par le gouvernement.
- Les syndicats considèrent ce texte comme une « attaque frontale » contre les douaniers, après des années de mécontentement.
- Le projet de loi Ripost vise principalement à renforcer les moyens des forces de l’ordre, mais les douaniers s’inquiètent de ses répercussions.
- Le ministre chargé de la douane, David Amiel, a promis de recevoir prochainement les syndicats pour discuter de leurs craintes.
Pour les syndicats, le projet de loi Ripost, porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, représente une remise en cause de leur rôle. « Ce texte est une attaque frontale contre les douaniers », a dénoncé l’un des porte-parole syndicaux, sans pour autant préciser si cette phrase était attribuée à un syndicat en particulier. Autant dire que le vase est déjà bien rempli : les agents des douanes expriment leur colère après des années de frustration face à leur situation administrative et opérationnelle.
Alors que la réunion devait permettre d’avancer sur la refonte du code des douanes, elle s’est achevée avant même d’avoir commencé. Les syndicats ont justifié leur boycott en invoquant le projet de loi Ripost, présenté comme une menace directe pour leurs prérogatives. Selon eux, ce texte, bien que ne concernant les douaniers qu’à la marge sur le papier, pourrait, à terme, les placer en concurrence directe avec les policiers dans la lutte contre la criminalité organisée.
À Bercy, le cabinet du ministre David Amiel a tenté de désamorcer la crise. « Le ministre est tout à fait conscient des inquiétudes suscitées par le projet de loi tel qu’il peut être perçu aujourd’hui », a indiqué son cabinet, précisant que David Amiel recevra prochainement les organisations syndicales pour échanger sur leurs craintes. Une démarche qui, pour l’instant, ne suffit pas à calmer les esprits.
Le projet de loi Ripost, porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, vise avant tout à instaurer un « choc d’autorité » dans le pays. Il prévoit notamment l’octroi de nouveaux moyens aux forces de l’ordre pour lutter contre la criminalité organisée. Pourtant, les douaniers estiment que ce texte pourrait fragiliser leur position, alors même qu’ils jouent un rôle clé dans la lutte contre les trafics et les fraudes.
La question de la concurrence entre douaniers et policiers n’est pas nouvelle, mais elle prend une nouvelle dimension avec ce projet de loi. Les douaniers, dont les missions incluent la surveillance des frontières, le contrôle des marchandises et la lutte contre les trafics, craignent de voir leurs compétences réduites ou concurrencées par celles des policiers. Une crainte d’autant plus forte que leur administration, la douane, n’a pas le même ministre de tutelle que les forces de l’ordre.
Pour comprendre l’ampleur de la crise actuelle, il faut revenir sur le contexte social et professionnel des douaniers. Depuis plusieurs années, les agents dénoncent des conditions de travail difficiles, un manque de moyens et une reconnaissance insuffisante de leurs missions. La présentation du projet de loi Ripost a servi de détonateur, cristallisant des années de mécontentement.
Le gouvernement, de son côté, tente de minimiser les tensions. David Amiel, qui supervise la douane, a reconnu les inquiétudes suscitées par le projet de loi Ripost. Son cabinet a annoncé qu’il organiserait des rencontres avec les syndicats pour discuter de leurs craintes. Une démarche qui, si elle est saluée, reste insuffisante aux yeux des agents, qui réclament des garanties concrètes sur l’avenir de leurs missions.
Reste à savoir si ces discussions permettront de débloquer la situation. Pour l’instant, les syndicats maintiennent leur position, refusant toute négociation tant que leurs craintes ne seront pas prises en compte. Quant au gouvernement, il devra trouver un équilibre entre la volonté de renforcer les moyens des forces de l’ordre et la nécessité de rassurer les douaniers sur l’avenir de leurs missions.
Pour l’instant, la balle est dans le camp du gouvernement. La balle est aussi dans celui des syndicats, qui devront évaluer si leur boycott porte ses fruits ou si, au contraire, il risque d’aggraver la situation. Une chose est sûre : la crise actuelle révèle les tensions profondes qui traversent les administrations chargées de la sécurité et de la lutte contre la criminalité.
Les syndicats de douaniers ont boycotté la réunion du 31 mars 2026 pour protester contre le projet de loi Ripost, présenté le 24 mars 2026 par le gouvernement. Ils considèrent que ce texte est une « attaque frontale » contre leurs missions et craignent une concurrence accrue avec les policiers.
Le projet de loi Ripost, porté par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, vise à instaurer un « choc d’autorité » dans le pays. Il prévoit notamment l’octroi de nouveaux moyens aux forces de l’ordre pour lutter contre la criminalité organisée.
