Alors que les prochaines élections législatives israéliennes sont prévues pour octobre 2026, l’annonce récente de la fusion des partis de deux anciens Premiers ministres, Naftali Bennett et Yair Lapid, ne semble pas, à ce stade, avoir modifié la donne politique. Selon France 24, cette alliance entre un faucon de la droite nationaliste et un centriste affiche pourtant l’ambition claire de détrôner Benjamin Netanyahu, figure dominante de la vie politique israélienne depuis plus de quinze ans.

Pourtant, malgré leur engagement commun en faveur d’une politique sécuritaire et nationaliste sans compromis, les deux leaders de l’opposition peinent à séduire les électeurs traditionnels du Premier ministre sortant. Leur projet politique, baptisé « Ensemble », mise sur une ligne dure face aux défis régionaux, mais se heurte à une base électorale qui reste largement fidèle à Netanyahu, malgré les multiples affaires judiciaires le concernant.

Ce qu'il faut retenir

  • La fusion des partis de Naftali Bennett (droite nationaliste) et Yair Lapid (centre) a été officialisée en vue des législatives d’octobre 2026, selon France 24.
  • Le nouveau parti, « Ensemble », se revendique d’une ligne sécuritaire et nationaliste ferme, une posture destinée à concurrencer Netanyahu sur son terrain.
  • Malgré cette alliance, les sondages actuels ne montrent pas de progression significative de leur score, indiquant une difficulté à rallier l’électorat traditionnel de la droite.
  • Benjamin Netanyahu, en poste depuis 2009 (avec une interruption entre 2021 et 2022), reste le favori des enquêtes d’opinion malgré les procédures judiciaires en cours contre lui.
  • Les élections de 2026 s’annoncent comme un scrutin clé pour déterminer l’avenir politique d’Israël, marqué par des tensions régionales persistantes et une polarisation accrue.

Une alliance née d’un constat d’échec face à Netanyahu

Naftali Bennett, ancien Premier ministre en 2021-2022 et figure du parti Yamina, et Yair Lapid, qui a dirigé le gouvernement de coalition de 2022 à 2024 sous l’étiquette Yesh Atid, ont scellé leur rapprochement après avoir constaté l’impossibilité de gouverner sans Netanyahu. Selon France 24, leur fusion répond à une logique de concentration des forces pour contrer la popularité persistante du Premier ministre, malgré les scandales judiciaires et les critiques sur sa gestion des crises sécuritaires.

Leur programme commun met l’accent sur la fermeté face à l’Iran, le maintien de la colonisation en Cisjordanie et une ligne intransigeante vis-à-vis du Hamas. Pourtant, cette stratégie ne parvient pas à séduire une partie de l’électorat de droite, qui reste attachée à Netanyahu, perçu comme le garant de la stabilité, malgré les controverses.

Une droite divisée et une gauche en quête de renaissance

L’échec de la fusion Bennett-Lapid à faire bouger les lignes s’inscrit dans un paysage politique israélien profondément fragmenté. D’un côté, Netanyahu conserve le soutien d’une partie importante de la population, notamment parmi les électeurs des colonies et les religieux, pour qui sa personne incarne la résistance aux pressions internationales. De l’autre, l’opposition, bien que unie sous la bannière « Ensemble », peine à proposer une alternative crédible face à un Premier ministre expérimenté et redoutable tacticien politique.

Les sondages publiés en avril et mai 2026 placent toujours le Likoud, le parti de Netanyahu, en tête des intentions de vote, devant une coalition de centre-droit à centre-gauche où « Ensemble » figurerait en deuxième position. Les analystes soulignent que le principal défi de Bennett et Lapid réside dans leur capacité à convaincre les électeurs modérés que leur alliance peut apporter une alternative viable, sans sacrifier les valeurs sécuritaires chères à une partie de l’électorat.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour cette alliance fragile. Bennett et Lapid devront clarifier leur programme économique et social, deux sujets jusqu’ici relégués au second plan au profit des questions de sécurité. Une éventuelle percée dans les sondages pourrait aussi dépendre de l’évolution de la situation régionale, notamment après les dernières tensions avec l’Iran ou les tensions persistantes avec les Palestiniens.

Les élections d’octobre 2026 pourraient, en cas d’échec de « Ensemble », ouvrir la voie à une nouvelle coalition dirigée par Netanyahu, ou, à l’inverse, à une recomposition de l’échiquier politique si un troisième acteur émerge. Pour l’heure, rien n’est joué, mais une chose est certaine : la droite israélienne reste profondément divisée.

Les observateurs politiques israéliens et internationaux attendent désormais de voir si cette union, qui sonne comme un aveu d’impuissance face à Netanyahu, parviendra à inverser la tendance. La campagne électorale s’annonce donc serrée, et chaque déclaration, chaque sondage, pourrait faire basculer l’équilibre des forces.