Les États-Unis ont annoncé, jeudi 21 mai 2026, l’imposition de sanctions contre Faustine Jackson Mafwele, un haut responsable policier tanzanien, pour son implication présumée dans des actes de torture et de violences sexuelles contre deux militants est-africains arrêtés en mai 2025 à Dar es Salaam, selon RFI.
Selon les informations rapportées par la radio française, ces deux militants, dont l’identité n’a pas été révélée, auraient été victimes de graves exactions commises par des agents sous l’autorité de Mafwele. Les faits se seraient produits dans le cadre d’une répression visant des opposants politiques ou des défenseurs des droits humains en Tanzanie, un pays d’Afrique de l’Est régulièrement pointé du doigt pour ses pratiques autoritaires par les organisations internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Le 21 mai 2026, les États-Unis ont sanctionné Faustine Jackson Mafwele, haut responsable policier tanzanien.
- Il est accusé d’être impliqué dans des violences sexuelles et des actes de torture contre deux militants arrêtés en mai 2025 à Dar es Salaam.
- Ces sanctions s’inscrivent dans le cadre de mesures américaines contre des responsables étrangers pour violations graves des droits humains.
Un responsable sous le feu des critiques internationales
Faustine Jackson Mafwele, qui occupait un poste de haut rang au sein de la police tanzanienne, aurait joué un rôle central dans la répression visant ces deux militants. Les accusations portées à son encontre incluent non seulement des actes de torture, mais également des violences sexuelles, des pratiques qui constituent des crimes imprescriptibles selon le droit international.
Ces événements remontent à mai 2025, lorsque les deux militants avaient été arrêtés à Dar es Salaam, la plus grande ville de Tanzanie. Leur détention avait suscité l’inquiétude de plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, qui avaient dénoncé des conditions de détention inhumaines et des méthodes d’interrogatoire coercitives.
Des sanctions alignées sur la politique américaine
L’administration américaine a justifié ces sanctions en invoquant la loi Magnitsky, un dispositif législatif permettant de cibler des individus impliqués dans des violations graves des droits humains où qu’ils se trouvent dans le monde. Ces mesures, qui incluent un gel des avoirs et une interdiction de visa, visent à sanctionner les responsables de tels actes tout en signalant une condamnation ferme de Washington.
Selon un communiqué du département d’État américain, Mafwele aurait directement supervisé les opérations ayant conduit à ces exactions. « Les États-Unis ne resteront pas silencieux face aux violations des droits humains », a déclaré un porte-parole du département d’État, ajoutant que ces sanctions reflétaient « l’engagement inébranlable des États-Unis à protéger les défenseurs des droits humains dans le monde ».
Dar es Salaam, épicentre des tensions politiques
La capitale économique tanzanienne, Dar es Salaam, est souvent le théâtre de tensions entre les autorités et les militants politiques ou sociaux. Depuis plusieurs années, le gouvernement tanzanien est critiqué pour sa gestion autoritaire du pouvoir, avec des restrictions croissantes sur la liberté de la presse et les libertés civiques. Les arrestations arbitraires et les violences policières y sont régulièrement documentées par les ONG.
En 2024, la Tanzanie avait déjà fait l’objet de rapports accablants de l’ONU concernant l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre. Ces sanctions américaines pourraient donc être perçues comme un signal fort envoyé à Dar es Salaam, alors que le pays s’apprête à organiser des élections générales en octobre 2026, scrutées de près par la communauté internationale.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été rendue publique par les autorités tanzaniennes. Ces sanctions pourraient, en revanche, encourager d’autres pays à adopter des mesures similaires, dans un contexte où la question des droits humains en Tanzanie devient un sujet de préoccupation croissante sur la scène internationale.