Une série d’alertes récentes attire l’attention des consommateurs sur les dangers liés à la consommation de thon en boîte, pourtant associé à un label perçu comme rassurant. Selon Top Santé, une erreur récurrente au moment de l’achat pourrait exposer les Français à un taux excessif de mercure, un métal lourd aux effets neurotoxiques avérés.
Chaque année, les Français consomment en moyenne près de 4 kg de thon en conserve par personne, selon les dernières estimations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES). Pourtant, cette popularité contraste avec les mises en garde répétées des autorités sanitaires concernant les teneurs en mercure de certains produits. Top Santé révèle que des tests indépendants ont mis en lumière des écarts préoccupants entre les labels affichés et la réalité des teneurs en mercure, notamment dans les boîtes de thon albacore ou thon rouge, deux espèces particulièrement concernées par la bioaccumulation de ce métal.
Ce qu'il faut retenir
- 4 kg de thon en boîte par an : la consommation moyenne des Français, selon l’ANSES.
- Les espèces thon albacore et thon rouge présentent les taux de mercure les plus élevés.
- Des labels rassurants ne garantissent pas toujours un taux de mercure conforme aux recommandations sanitaires.
- Le mercure est un métal neurotoxique dont l’accumulation peut entraîner des troubles neurologiques à long terme.
- Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont particulièrement exposés et doivent limiter leur consommation.
Des labels parfois trompeurs sur les teneurs en mercure
L’un des principaux enseignements de l’enquête menée par Top Santé réside dans la méconnaissance des consommateurs face aux labels apposés sur les boîtes de thon. Si des mentions comme « riche en oméga-3 » ou « source de protéines » sont fréquentes, elles ne renseignent pas sur la teneur en mercure. Pire, certaines marques misent sur des certifications « durables » ou « éco-responsables » pour rassurer, sans pour autant garantir l’absence de ce métal lourd.
Comme le précise un expert en nutrition interrogé par Top Santé, «
Les labels environnementaux ne couvrent pas les critères sanitaires. Un thon peut être pêché de manière durable tout en contenant des taux de mercure préoccupants pour la santé.» Cette distinction entre durabilité et sécurité sanitaire est rarement comprise par les consommateurs, souvent trompés par des messages marketing simplifiés.
Pourquoi le mercure s’accumule-t-il dans le thon ?
Le mercure, présent naturellement dans les océans, se transforme en méthylmercure sous l’effet des bactéries, une forme encore plus toxique et facilement absorbable par les poissons. Les grands prédateurs comme le thon, situés en haut de la chaîne alimentaire, accumulent ce métal au fil des années. Les espèces comme l’albacore ou le thon rouge, dont la durée de vie est plus longue, concentrent ainsi des taux de mercure bien supérieurs à ceux des espèces plus petites comme le thon listao.
Les autorités sanitaires, dont l’ANSES, recommandent de limiter la consommation de thon à une boîte par semaine pour les adultes et à une boîte toutes les deux semaines pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 30 mois. Pourtant, selon Top Santé, une part significative des consommateurs ignore ces recommandations et dépasse ces seuils sans même le savoir.
Quelles alternatives pour limiter son exposition ?
Plusieurs pistes permettent de réduire son exposition au mercure tout en continuant à consommer du poisson. Top Santé suggère d’opter pour des espèces moins contaminées, comme le maquereau, les sardines ou le hareng, dont les teneurs en mercure sont généralement bien inférieures à celles du thon. Une autre solution consiste à diversifier les sources de protéines en alternant poisson, viande et légumineuses.
Pour les amateurs de thon en boîte, il est conseillé de limiter la consommation à une boîte par semaine et de privilégier les marques affichant des analyses régulières de leurs produits. Enfin, les femmes enceintes et les jeunes enfants devraient systématiquement consulter leur médecin ou un professionnel de santé pour adapter leur alimentation.
Si cette prise de conscience collective commence à émerger, elle reste inégale selon les régions et les profils de consommateurs. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si les acteurs de l’industrie agroalimentaire et les autorités sanitaires parviendront à instaurer des mesures plus protectrices pour les consommateurs.
Le mercure, sous forme de méthylmercure, est un neurotoxique qui peut entraîner des troubles de la mémoire, des difficultés de concentration, voire des retards de développement chez les enfants exposés in utero ou en bas âge. À long terme, une exposition chronique peut également affecter le système cardiovasculaire.