Rustam Nabiev, ancien parachutiste russe devenu double amputé des jambes, a atteint le sommet de l’Everest, à 8 848,86 mètres d’altitude, uniquement à la force de ses bras, selon RMC Sport. Ce vendredi 20 mai 2026 à 8 h 16, heure du Népal, il est devenu le premier humain à réaliser cet exploit sans prothèses, cinq ans après être devenu le premier double amputé à dépasser les 8 000 mètres.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier double amputé à gravir l’Everest (8 848,86 m) sans prothèses, uniquement avec les bras et des piolets.
  • L’exploit a été réalisé le 20 mai 2026 à 8 h 16, heure du Népal, selon RMC Sport.
  • Nabiev avait déjà gravi le Manaslu (8 163 m) en 2021, devenant le premier double amputé à dépasser les 8 000 mètres.
  • Il a perdu l’usage de ses jambes en juillet 2025 lors de l’effondrement d’une caserne en Sibérie, où il est resté bloqué douze heures sous les décombres.
  • L’ancien militaire a partagé son exploit sur Instagram, déclarant : « Pour la première fois dans l’histoire de l’alpinisme et de l’humanité, j’ai atteint le sommet de l’Everest en m’aidant uniquement de mes mains ! »

Âgé de 23 ans au moment du drame, Rustam Nabiev se trouvait de service dans une caserne d’Omsk, en Sibérie, lorsque le bâtiment s’est effondré pendant son sommeil. L’accident a fait 23 morts, et le jeune soldat a subi deux arrêts cardiaques avant d’être secouru. Les médecins n’ont pu sauver ses jambes, le laissant définitivement amputé des deux membres inférieurs.

Malgré ce handicap, Rustam Nabiev a choisi de poursuivre une carrière d’alpiniste, convaincu que la détermination pouvait surmonter les limites physiques. « À ceux qui pensaient que la vie s’arrêtait après une chute... », a-t-il déclaré après son ascension. Il a gravi le Manaslu en 2021, puis s’est attaqué à l’Everest, le plus haut sommet du monde, pour prouver que l’impossible n’était qu’une question de volonté. « Battez-vous jusqu’au bout, s’il vous plaît ! Ça en vaut la peine ! », a-t-il lancé dans un message adressé à ceux qui traversent des épreuves similaires.

« Le 20 mai, à 8 h 16 du matin, heure du Népal, pour la première fois dans l’histoire de l’alpinisme, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, moi, Rustam Nabiev, j’ai atteint le sommet de l’Everest en m’aidant uniquement de mes mains ! »
— Rustam Nabiev, sur Instagram

Pour réaliser cet exploit, Rustam Nabiev a dû s’appuyer exclusivement sur ses bras et ses piolets, une méthode rare en alpinisme, même pour les grimpeurs valides. La plupart des ascensions de l’Everest impliquent une utilisation intensive des jambes, que ce soit pour la marche ou pour se propulser dans les passages techniques. L’ex-militaire a donc dû adapter sa technique, s’aidant de ses membres supérieurs pour tracter son corps sur les sections les plus raides de la montagne, notamment dans la zone de la mort, où l’oxygène est rare et les températures extrêmes.

Son ascension s’inscrit dans une tendance croissante de l’alpinisme extrême, où des athlètes en situation de handicap repoussent les limites du possible. Des grimpeurs comme Mark Inglis, double amputé néo-zélandais, avaient déjà atteint le sommet de l’Everest, mais toujours avec des prothèses. Nabiev, lui, a choisi de se passer de tout équipement de substitution, soulignant ainsi que la force mentale et la persévérance comptent autant que les capacités physiques.

À 34 ans, Rustam Nabiev a non seulement marqué l’histoire de l’alpinisme, mais il a aussi inspiré de nombreuses personnes confrontées à des handicaps ou à des épreuves personnelles. Son parcours rappelle que la résilience peut transformer une tragédie en une source de motivation. « Par cet acte, je veux simplement dire une chose : tant qu’il y a une lueur de vie en vous, battez-vous ! », a-t-il conclu dans ses déclarations post-ascension.

Et maintenant ?

Rustam Nabiev n’a pas indiqué s’il comptait poursuivre sa carrière en alpinisme ou se tourner vers d’autres défis. Pour l’instant, il devrait se concentrer sur la promotion de son exploit et sur des projets liés à la résilience, selon ses proches. Les associations spécialisées dans le handicap pourraient également s’emparer de son histoire pour sensibiliser le public aux capacités des athlètes en situation de handicap.

Son ascension pourrait aussi relancer le débat sur l’accessibilité en montagne et l’adaptation des infrastructures pour les grimpeurs à mobilité réduite. Pour l’heure, aucune fédération d’alpinisme n’a officiellement réagi, mais son exploit devrait faire date dans les annales de la discipline.

Reste à savoir si d’autres athlètes tenteront de reproduire cet exploit sans prothèses. L’Everest reste un terrain de défis permanents, où chaque saison apporte son lot de records et d’histoires exceptionnelles.

Nabiev a utilisé exclusively ses bras et des piolets pour tracter son corps sur les passages techniques. Il s’est appuyé sur des techniques d’escalade adaptées, en s’aidant des reliefs de la montagne pour progresser. Cette méthode, bien que rare, est possible pour les grimpeurs expérimentés capables de compenser l’absence de jambes par une force musculaire supérieure.