Le Festival de Cannes 2026 a connu hier soir, jeudi 21 mai, une dixième journée marquée par des émotions fortes sur le tapis rouge, selon Le Figaro. Parmi les temps forts de la soirée : le retour tant attendu de Penélope Cruz, une performance bouleversante de la chanteuse November Ultra et la projection en compétition officielle du film « La Bola Negra », réalisé par Javier Calvó et Javier Ambrossi, surnommés « Los Javis ».

Ce qu'il faut retenir

  • Penélope Cruz est revenue sur les marches du Palais des festivals pour la première fois depuis 2019, seule, pour présenter « La Bola Negra » en compétition officielle.
  • November Ultra, vêtue de blanc, a laissé éclater ses larmes lors de son passage sur le tapis rouge, sous les yeux des photographes.
  • « La Bola Negra », adapté d’un roman inachevé de Federico Garcia Lorca, raconte trois histoires entrelacées à trois époques différentes en Espagne, explorant le désir, la douleur et l’héritage.
  • Le film est l’un des trois représentants espagnols en compétition, aux côtés de ceux de Rodrigo Sorogoyen et Pedro Almodóvar.
  • L’équipe du film a dansé sur « Hello » de Martin Solveig avant la projection, offrant un moment festif et spontané.

Le grand retour de Penélope Cruz sur les marches de Cannes

Penélope Cruz a foulé à nouveau le tapis rouge cannois hier soir, une première depuis 2019. L’actrice espagnole, récompensée à Cannes en 2006 pour son rôle dans « Volver », est arrivée seule, sans son conjoint Javier Bardem, présent la veille pour présenter « El Ser Querido » de Rodrigo Sorogoyen. Ce retour solitaire a marqué les esprits, d’autant plus que la foule lui a réservé un accueil chaleureux, scandant des « I love you » à son passage.

Vêtue d’une tenue élégante, elle a profité d’un moment en solo face aux photographes, alternant entre les allées et venues sous les flashs et les interactions avec ses fans. L’actrice, entourée des réalisateurs « Los Javis », a ensuite rejoint l’amphithéâtre Louis Lumière pour la projection de « La Bola Negra », son premier long-métrage en compétition officielle au Festival.

November Ultra submergée par l’émotion lors de son passage

Côté musique, la chanteuse November Ultra a marqué les esprits en laissant libre cours à ses larmes sur le tapis rouge. Son titre « Clouds Away », intégré à la bande originale du film d’animation « Arco » — lauréat du César de la meilleure musique originale en mars 2026 —, a résonné alors qu’elle tentait de poser devant les objectifs. Vêtue de blanc, elle a dû s’interrompre à plusieurs reprises pour sécher ses yeux, sous le regard des photographes et des spectateurs.

Son passage a été suivi de près par celui de deux figures emblématiques du festival : Demi Moore, membre du jury, arborant une robe bleu marine structurée de la marque Self-Portrait et une coupe de cheveux plus courte, ainsi que Tilda Swinton, reconnaissable à son teint pâle et à sa chevelure blonde presque blanche. La diversité des tenues et des émotions a illustré la richesse de cette dixième journée cannoise.

« La Bola Negra » : un film entre héritage littéraire et modernité queer

« La Bola Negra », premier long-métrage en compétition de Javier Calvó et Javier Ambrossi — le duo de réalisateurs espagnols surnommé « Los Javis » —, plonge le public dans une narration complexe. Le film, adapté du roman inachevé du poète et dramaturge Federico Garcia Lorca — assassiné par les nationalistes en 1936 pendant la guerre d’Espagne —, explore les vies de trois hommes à trois époques distinctes, reliés par un fil invisible de désir, de douleur et d’héritage.

Ce projet, soutenu par Pedro Almodóvar — qui a fait une apparition dans son dernier film « Autofiction » également en lice pour la Palme d’or —, s’inscrit dans une dynamique de renouveau du cinéma espagnol. Avec deux autres films ibériques en compétition (« The Delinquents » de Rodrigo Sorogoyen et « Autofiction » d’Almodóvar lui-même), l’Espagne se positionne comme l’un des pays les plus représentés cette année à Cannes.

Un moment festif avant la projection

Avant d’entamer les deux heures de projection, l’équipe de « La Bola Negra » a offert un spectacle inattendu. Alors que la chanson « Hello » de Martin Solveig résonnait sur le tapis rouge, les acteurs et réalisateurs se sont mis à danser spontanément, sous les yeux des spectateurs et des médias. Ce moment de joie collective a contrasté avec la solennité habituelle des montées des marches, ajoutant une touche de légèreté à cette soirée placée sous le signe de l’émotion.

La projection a ensuite réuni le public dans l’amphithéâtre Louis Lumière, où le film a été présenté dans son intégralité. Les réactions du public et des critiques resteront déterminantes pour les chances du long-métrage face à la compétition.

Et maintenant ?

La compétition continue aujourd’hui, vendredi 22 mai, avec de nouvelles projections et montées des marches. « La Bola Negra » pourrait bien devenir un outsider pour la Palme d’or, tandis que le retour de Penélope Cruz et l’émotion suscitée par November Ultra resteront dans les mémoires. Les prochains jours seront décisifs pour évaluer l’impact de cette dixième journée sur le palmarès final, qui sera dévoilé samedi 24 mai.

Le Festival de Cannes 2026 confirme ainsi son rôle de vitrine du cinéma mondial, mêlant émotion, hommage au passé et audace contemporaine. Entre larmes, danses et hommages littéraires, la 79e édition reste sous le signe de la diversité et de la passion.

Javier Calvó et Javier Ambrossi, surnommés « Los Javis », forment un duo de réalisateurs espagnols icônes de la scène queer ibérique. Ils sont notamment connus pour leurs travaux dans le théâtre et la télévision, et « La Bola Negra » marque leur première incursion au long-métrage en compétition officielle à Cannes. Leur style, à la fois politique et poétique, s’inspire de figures comme Federico Garcia Lorca, comme le rapporte Le Figaro.

Le couple mythique du cinéma espagnol, habitué à monter ensemble les marches de Cannes, s’est présenté séparément cette année. Penélope Cruz était présente hier soir pour « La Bola Negra », tandis que Javier Bardem était venu la veille pour présenter « El Ser Querido » de Rodrigo Sorogoyen. Leur absence commune sur le tapis rouge a surpris les observateurs, habitués à les voir côte à côte.