Alors que s’ouvre ce mardi 12 mai la 79e édition du Festival de Cannes, Reporterre révèle une affaire passée inaperçue en dehors des cercles militants : celle d’une salariée dont l’engagement en faveur de l’environnement lui a valu d’être privée d’accès au festival l’année dernière. Selon Reporterre, cette jeune femme, employée depuis 2012 au sein de la Semaine de la critique – une section parallèle du festival –, s’est vue interdire l’accès à la Croisette en 2025 pour avoir participé à plusieurs rassemblements écologistes.
Ce qu'il faut retenir
- Une employée de la Semaine de la critique (Festival de Cannes) a été interdite d’accès en 2025 pour son engagement militant écologique
- Son nom et son rôle exact n’ont pas été divulgués, mais elle travaille pour cette section depuis 2012
- L’affaire, révélée par Libération, pose la question des limites entre vie professionnelle et engagements personnels dans le milieu culturel
Une sanction liée à des actions militantes
D’après les informations recueillies par Reporterre, la jeune femme – dont le prénom a été modifié pour l’occasion – aurait été sanctionnée pour avoir pris part à des manifestations en faveur de la protection de l’environnement. Selon Libération, qui a révélé cette affaire, l’interdiction d’accès à la Croisette aurait été prononcée en 2025, lors de l’édition précédente du festival. Tania (nom fictif), qui officie depuis quatorze ans dans le secteur, n’a pas souhaité s’exprimer publiquement, mais a indiqué à Reporterre avoir été « surprise » par cette décision, qu’elle qualifie de « disproportionnée ».
Cette mesure exceptionnelle interroge sur les critères de sélection et d’exclusion appliqués aux salariés du festival, alors que la manifestation culturelle se veut un symbole d’ouverture et de diversité. Reporterre souligne que l’affaire n’a pas fait l’objet d’une communication officielle de la part des organisateurs, laissant planer le doute sur les motivations réelles de cette exclusion.
Un engagement militant dans un milieu culturel en tension
La Semaine de la critique, fondée en 1962, est l’une des sections parallèles les plus prestigieuses du Festival de Cannes. Elle met en avant des premiers et deuxièmes films de réalisateurs émergents. Pour une employée comme Tania, travailler au sein de cette structure représente une opportunité professionnelle majeure, surtout après plus d’une décennie de service. Selon Reporterre, son engagement écologiste s’inscrit dans une logique personnelle, loin de toute immixtion dans son travail.
Cependant, cette affaire rappelle les tensions croissantes entre le milieu culturel – souvent perçu comme progressiste – et les luttes sociales ou environnementales. En 2023 déjà, des acteurs du cinéma avaient été critiqués pour leur participation à des événements liés aux industries fossiles, suscitant des polémiques sur la crédibilité écologique du festival. Reporterre cite également d’autres cas similaires dans le secteur, où des salariés ou artistes ont été mis à l’écart pour leurs prises de position militantes.
Le festival face à ses contradictions
Le Festival de Cannes, qui se présente comme une vitrine du cinéma mondial, est régulièrement pointé du doigt pour son manque d’engagement écologique concret. En 2022, une étude de l’ONG Les Amis de la Terre avait épinglé l’événement pour son bilan carbone désastreux, lié notamment aux déplacements en avion des stars et des professionnels. Depuis, des mesures ont été annoncées pour réduire l’empreinte environnementale de la manifestation, sans que des résultats tangibles ne soient encore visibles.
L’affaire de cette employée écartée pour son militantisme interroge donc : jusqu’où le festival est-il prêt à aller dans l’alignement de ses discours et de ses pratiques ? Reporterre note que la direction n’a pas répondu aux sollicitations sur ce sujet, préférant garder le silence sur une décision qui pourrait ternir son image.
En attendant, la question des sanctions liées à l’engagement écologique des employés du cinéma reste entière. Reporterre précise que d’autres cas pourraient émerger dans les semaines à venir, à mesure que les enjeux environnementaux prennent une place centrale dans le débat public.
Oui, la Semaine de la critique est une section parallèle indépendante mais associée au Festival de Cannes. Elle a été créée en 1962 et a pour vocation de soutenir les premiers et deuxièmes films de jeunes réalisateurs. Bien qu’elle bénéficie de la visibilité du festival, elle dispose de sa propre direction et de ses propres critères de sélection.