Le 36e sommet du G7, qui s’est tenu à Évian-les-Bains du 10 au 12 juin 2026, s’est achevé sur une note d’optimisme mesuré pour les Européens. Selon Euronews FR, la rencontre a permis d’adopter une déclaration commune unanime, y compris sous la présidence américaine de Donald Trump, un scénario que beaucoup jugeaient improbable quelques semaines plus tôt. Ce résultat a été salué par Emmanuel Macron comme un « changement réel par rapport aux derniers mois », marquant selon lui un tournant dans la coopération transatlantique.
Ce qu'il faut retenir
- Une déclaration commune unanime a été adoptée, incluant le soutien indéfectible à l’Ukraine et un renforcement des sanctions contre le secteur énergétique russe.
- Les Européens ont obtenu un rapprochement stratégique avec les États-Unis, après des mois de tensions liées aux droits de douane et aux approches divergentes sur la Russie.
- Donald Trump a quitté le sommet sans précipitation, contrairement à ses précédentes participations au G7, où il avait quitté prématurément les réunions en 2025.
- L’accord sur le dossier iranien, négocié par Trump, a été salué par l’UE malgré les réserves persistantes sur le programme nucléaire de Téhéran.
- Volodymyr Zelensky n’a pas obtenu d’entretien bilatéral avec Trump, mais a participé à des échanges en format élargi.
Un sommet sous haute tension évitée de justesse
Les semaines précédant la réunion avaient été marquées par une incertitude majeure quant à la participation de Donald Trump. Selon Euronews FR, les diplomates français craignaient un boycott pur et simple du sommet ou un départ précipité, comme cela s’était produit en 2025 lors du G7 canadien. À l’époque, Trump avait quitté la réunion alors qu’une guerre éclatait entre Israël et l’Iran, plongeant le G7 dans une paralysie totale. Cette fois, le président américain a maintenu sa présence jusqu’à la fin des travaux, une première depuis son retour à la Maison-Blanche.
Emmanuel Macron, visibly soulagé, a salué lors de sa conférence de presse un sommet « objectivement réussi ». Il a insisté sur le fait que l’unanimité autour de la déclaration finale, notamment sur l’Ukraine, constituait un « véritable moment de convergence » entre Washington et les capitales européennes. « Ce sommet d’Évian traduit un changement d’approche très profond, une volonté des États-Unis de travailler avec les Européens au soutien de l’Ukraine », a-t-il déclaré. Les diplomates français ont également mis en avant l’absence de faux pas ou d’affrontements publics, un risque qui planait avant l’ouverture des travaux.
L’Ukraine au cœur des négociations, malgré les divergences persistantes
La question ukrainienne a dominé les débats, avec une promesse claire : le G7 s’engage à « rester unis dans leur soutien indéfectible à l’Ukraine pour défendre sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Selon Euronews FR, les dirigeants ont également validé un renforcement des sanctions contre le secteur énergétique russe, une demande centrale de Kiev et des capitales européennes. Des sources proches des négociations ont précisé que cette décision avait été perçue comme un signal fort de la part de l’administration Trump, habituellement réticente à des mesures aussi contraignantes.
Pourtant, les Européens restent prudents. Malgré ce rapprochement apparent, Volodymyr Zelensky n’a pas obtenu l’entretien bilatéral qu’il espérait avec Trump. Il s’est contenté d’un échange bref en marge d’une discussion élargie. Un diplomate européen a confié à Euronews FR que « la dynamique est encourageante, mais les promesses devront se concrétiser rapidement ». Les Européens, qui redoutaient d’être marginalisés dans les discussions sur l’avenir de l’Ukraine, semblent désormais avoir gagné une place centrale à la table des négociations.
Une stratégie européenne à double vitesse pour contrer Moscou
Les Européens ont adopté une approche pragmatique pour contourner les initiatives unilatérales de Trump. Selon Euronews FR, cette stratégie repose sur deux piliers : d’abord, maintenir un dialogue constant avec Washington pour éviter une marginalisation ; ensuite, renforcer leur propre soutien à Kiev, tant sur le plan diplomatique que militaire et financier. Macron a expliqué que cette réorganisation était une réponse aux tentatives américaines de dialogue direct avec Vladimir Poutine, jugées infructueuses par les Européens.
« Les Européens s’étaient réorganisés après que les États-Unis ont engagé des négociations avec Poutine, tendant la main à Moscou, pour aboutir finalement au même constat : la Russie ne manifeste pas une volonté sérieuse de rechercher la paix », a rappelé le président français. Des sources européennes ont indiqué à Euronews FR que ce message avait trouvé un écho auprès de Trump, qui aurait laissé entendre une possible réimposition de sanctions sur l’énergie russe, sans pour autant avancer de calendrier précis. Autant dire que l’incertitude persiste.
L’Iran et les minerais critiques : d’autres dossiers qui divisent
Le sommet a également permis d’aborder d’autres sujets sensibles. L’accord négocié par Trump avec l’Iran pour mettre fin à la guerre dans la région a été salué par les Européens, malgré les sérieuses réserves sur le programme nucléaire iranien. Les responsables européens reconnaissent que cet accord n’est « pas exempt de risques », mais voient en lui une possibilité de désamorcer une crise majeure. « Leurs positions sur ce dossier se sont rapprochées », a commenté un diplomate sous couvert d’anonymat.
Côté économique, les dirigeants du G7 ont aussi acté une coordination renforcée sur les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique et aux industries de défense. Un sujet qui avait été au cœur des discussions préparatoires, alors que l’UE et les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance à la Chine sur ces ressources stratégiques. Aucun détail chiffré n’a été communiqué, mais les participants ont insisté sur l’importance d’une « alliance transatlantique sur les chaînes d’approvisionnement ».
Un équilibre fragile entre intérêts et diplomatie
Si le sommet d’Évian a permis de dégager des avancées concrètes, il a aussi révélé les limites d’une alliance transatlantique encore fragile. Les Européens, soulagés de voir Trump participer jusqu’au bout, restent prudents face à ses revirements possibles. Les droits de douane américains, les divergences sur l’Iran ou encore la gestion des minerais critiques rappellent que les tensions structurelles n’ont pas disparu. Comme l’a souligné un diplomate européen, « l’unité affichée à Évian est un progrès, mais elle reste à consolider ».
Les prochaines semaines seront décisives. Les sanctions contre la Russie devront être appliquées rapidement pour éviter un effet d’annonce sans lendemain. À Bruxelles, la question d’une éventuelle implication dans les pourparlers de paix sera au menu, même si l’UE exclut pour l’instant tout rôle de médiation. Enfin, l’accord iranien devra faire ses preuves, sous peine de voir les divisions transatlantiques resurgir. Autant dire que le soulagement des Européens à l’issue du G7 pourrait n’être que de courte durée.
Le sommet a permis d’adopter une déclaration commune unanime, y compris avec Donald Trump, qui avait quitté prématurément le G7 canadien en 2025. La présence de Trump jusqu’à la fin et l’adoption de mesures concrètes sur l’Ukraine et les minerais critiques ont rassuré les Européens, malgré la persistance de divergences sur d’autres dossiers comme l’Iran ou les droits de douane.