Alors que la 79e édition du Festival de Cannes bat son plein, le premier film de Jeanne Herry en compétition, Garance, a été présenté dimanche 17 mai au Grand Théâtre Lumière. Ce drame, où Adèle Exarchopoulos endosse le rôle-titre, explore avec une grande franchise les thèmes de l'alcoolisme, de la précarité artistique et de la quête de stabilité affective. Selon Franceinfo - Culture, l'œuvre s'impose comme un portrait brut et sans concession d'une jeune femme en train de s'autodétruire, tout en abordant, à travers une narration à tiroirs, d'autres enjeux sociétaux comme la condition des intermittents du spectacle ou l'émergence d'une nouvelle sexualité.
Ce qu'il faut retenir
- Le film Garance, réalisé par Jeanne Herry, est en compétition officielle à Cannes depuis dimanche 17 mai 2026.
- Adèle Exarchopoulos y joue le rôle d'une jeune actrice alcoolique en proie à une descente aux enfers physique et psychologique.
- Le personnage principal consomme jusqu'à dix-neuf verres de vin blanc par jour, avant de reconnaître son alcoolisme.
- Jeanne Herry aborde dans cette œuvre plusieurs thèmes sociétaux : précarité des intermittents, santé mentale, ou encore accompagnement de maladies incurables.
- La sortie en salles est prévue pour le 23 septembre 2026.
- Le film est co-produit par Trésor Films, Chi-Fou-Mi Productions, Studiocanal, France 3 Cinéma et Artémis Productions.
Un portrait sans fard de l'alcoolisme et de la précarité
Garance, interprétée par Adèle Exarchopoulos, est une jeune actrice parisienne désargentée, contrainte de multiplier les petits boulots pour survivre. Entre deux castings ratés, elle s'accroche à l'espoir d'une vie meilleure, mais son existence bascule dans le chaos. « Garance n'a plus le temps de rêver. Alors, elle boit », résume sobrement la présentation du film. Le personnage enchaîne les soirées arrosées et les rencontres éphémères, dans une fuite en avant permanente.
Malgré les signes évidents de sa dépendance — maux de crâne, trous de mémoire, problèmes professionnels —, Garance refuse d'abord d'admettre son problème. « C'est comme les courbatures après le sport, on ne va pas arrêter le sport pour ça », déclare-t-elle avec une forme de déni. Ce n'est que progressivement qu'elle reconnaît son alcoolisme, sans pour autant envisager d'arrêter. Une lucidité qui contraste avec l'image d'une jeune femme en apparence indestructible, mais dont la santé se dégrade au fil du récit.
Jeanne Herry explore plusieurs thèmes dans une narration complexe
Jeanne Herry, déjà remarquée pour Je verrai toujours vos visages, signe ici un film à tiroirs où se mêlent plusieurs intrigues. Le personnage de Garance sert de fil conducteur à une réflexion plus large sur les difficultés de la jeunesse contemporaine. La réalisatrice y aborde notamment la situation des intermittents du spectacle, souvent précaires et contraints à une survie professionnelle instable. L'œuvre évoque aussi, avec une grande finesse, l'éclosion d'une nouvelle sexualité et le parcours d'une personne accompagnant un proche atteint d'une maladie incurable.
Pourtant, ce foisonnement thématique peut donner l'impression d'un film surchargé. « Garance est comme ce boxeur groggy mais encore debout qui continue d'être travaillé au corps par de nombreux coups », analyse la critique. La vie du personnage est rythmée par des « tsunamis successifs », où chaque espoir s'effondre aussi vite qu'il était né. Le titre original en anglais, Another day, résume à lui seul cette impression d'une lutte quotidienne sans issue apparente.
Une rencontre salvatrice au cœur d'une descente aux enfers
Le destin de Garance bascule lorsqu'elle croise la route de Pauline, jouée par Sara Giraudeau. L'actrice incarne avec une justesse remarquable cette femme fragile, qui apporte une lueur d'humanité dans la vie chaotique du personnage principal. Leur relation, à la fois tendre et complexe, illustre les thèmes de la reconstruction et de la résilience. « Pauline, incarnée avec beaucoup de fragilité et de finesse, représente un espoir dans le chaos », souligne la réalisatrice.
Pourtant, cette rencontre ne suffit pas à sauver Garance. Malgré les moments de grâce et de connexion humaine, le film reste profondément ancré dans une réalité sombre. La jeune femme, bien que lucide sur sa situation, semble incapable de sortir de sa spirale autodestructrice. « Pourquoi se battre quand l'apathie ou la passivité anesthésie la douleur ? », interroge le récit, sans pour autant apporter de réponse tranchée.
Avec Garance, Jeanne Herry signe un film ambitieux, parfois déroutant, mais toujours captivant. En mêlant portrait intimiste et fresque sociale, elle offre une réflexion sans concession sur les espoirs et les désillusions de la jeunesse d'aujourd'hui. Une œuvre qui, malgré ses zones d'ombre, confirme le talent d'une réalisatrice déterminée à bousculer les codes.
Garance suit le parcours de Garance, une jeune actrice parisienne alcoolique, sur une période de huit ans. Entre déménagements constants, petits boulots précaires, rencontres amoureuses chaotiques et soirées arrosées, elle tente de concilier ses rêves de réussite professionnelle et une vie affective instable. Le film retrace sa descente aux enfers physique et mentale, tout en explorant sa rencontre avec Pauline et les bouleversements intimes, amicaux et sexuels qui en découlent. Une plongée dans le chaos d'une existence où l'amour et la destruction se mêlent inextricablement.