Les cas d’infections sexuellement transmissibles (IST) ont atteint des niveaux inédits en Europe l’année dernière. La gonorrhée et la syphilis, en particulier, ont connu une progression alarmante, selon les données publiées jeudi 21 mai 2026 par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Ce qu'il faut retenir

  • Hausse record des cas de gonorrhée et de syphilis en Europe en 2024, selon l’ECDC.
  • La gonorrhée a enregistré une augmentation de plus de 50 % par rapport à 2023.
  • Les cas de syphilis ont progressé de près de 40 % sur la même période.
  • L’ECDC attribue cette explosion à des lacunes dans le dépistage et la prévention.
  • Les pays les plus touchés incluent l’Allemagne, la France et l’Espagne.
  • Les autorités sanitaires appellent à renforcer les campagnes de sensibilisation et l’accès aux traitements.

Une progression préoccupante des IST en Europe

Les chiffres publiés par l’ECDC révèlent une augmentation sans précédent des infections sexuellement transmissibles en 2024. La gonorrhée, par exemple, a vu son nombre de cas bondir de 53 % par rapport à 2023, tandis que la syphilis a progressé de 39 %. Ces deux infections, parmi les plus courantes, illustrent une tendance inquiétante : la résurgence des IST en Europe, après des années de stabilité relative.

Selon l’ECDC, cette flambée s’explique en grande partie par un manque de dépistage systématique et une baisse de la vigilance préventive dans plusieurs pays. « Les campagnes de sensibilisation ont perdu en intensité ces dernières années, et l’accès aux traitements préventifs comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) reste inégal », a expliqué un porte-parole de l’agence.

Des disparités marquées entre les pays européens

Si la hausse des cas de gonorrhée et de syphilis concerne l’ensemble du continent, certains pays sont plus touchés que d’autres. L’Allemagne, la France et l’Espagne figurent parmi les nations enregistrant les plus fortes augmentations. En Allemagne, par exemple, les cas de syphilis ont presque doublé en deux ans, passant de 7 000 en 2022 à plus de 13 000 en 2024.

En France, où les données de l’ECDC confirment une progression de 45 % pour la gonorrhée, les autorités sanitaires pointent du doigt une sous-estimation du risque dans certaines populations. « Nous observons une baisse de l’utilisation du préservatif chez les jeunes adultes, couplée à une méconnaissance des symptômes », a précisé un épidémiologiste de Santé publique France.

Un appel à l’action des autorités sanitaires

Face à cette situation, l’ECDC et plusieurs agences nationales de santé ont lancé des appels à la mobilisation. Parmi les mesures préconisées : le renforcement des campagnes de dépistage gratuit, l’élargissement de l’accès aux traitements préventifs et la formation des professionnels de santé à la détection précoce des IST.

« Il est urgent de restaurer une culture de la prévention », a souligné le directeur de l’ECDC. « Les IST ne sont pas une fatalité, mais leur contrôle exige une action coordonnée entre les États membres. » Les autorités insistent également sur l’importance de la transparence des données pour mieux cibler les populations à risque.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact des mesures mises en place. L’ECDC prévoit de publier un premier bilan à l’automne 2026, après six mois de déploiement des nouvelles campagnes de sensibilisation. D’ici là, les experts s’attendent à une stabilisation des cas, à condition que les efforts de prévention soient maintenus. Une réunion des ministres européens de la Santé est également prévue en septembre pour discuter d’une stratégie commune.

Cette flambée des IST rappelle que les maladies infectieuses ne connaissent pas de frontières. Reste à savoir si l’Europe saura tirer les leçons de cette alerte sanitaire pour éviter de nouveaux records.

D'après les données de l'ECDC, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) restent les plus concernés, suivis des jeunes adultes de 20 à 35 ans. Les disparités géographiques suggèrent également une surreprésentation dans les grandes villes.