Le géant technologique Alphabet, maison mère de Google, a déposé une demande officielle auprès des autorités américaines pour libérer jusqu’à 32 millions de moustiques mâles stériles en Californie et en Floride. Selon Le Figaro, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à réduire les populations de moustiques vecteurs de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika. La requête, examinée par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), pourrait aboutir à une libération annuelle de 16 millions d’insectes pendant deux ans, sous réserve d’une consultation publique close ce 5 juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Google (Alphabet) demande l’autorisation de lâcher 32 millions de moustiques mâles stériles en Californie et Floride sur deux ans.
  • L’objectif est de réduire les populations d’Aedes aegypti, espèce responsable de maladies comme la dengue ou le chikungunya.
  • La technique repose sur la bactérie Wolbachia, qui stérilise les mâles sans qu’ils ne piquent, car seuls les femelles transmettent des maladies.
  • L’EPA examine la demande après une consultation publique s’achevant le 5 juin 2026.
  • Des essais menés à Singapour ont montré une réduction de 80 à 90 % des populations d’Aedes aegypti en six à douze mois.

Une méthode éprouvée, mais controversée

L’approche proposée par Google n’a rien d’inédite. Elle repose sur la technique de l’insecte stérile, utilisée depuis des décennies contre divers nuisibles. Comme le rapporte Le Figaro, l’utilisation de la bactérie Wolbachia à des fins de stérilisation est même pratiquée depuis une quinzaine d’années. Eric Caragata, professeur adjoint à l’Université de Floride et spécialiste des interactions moustiques-microbes, a confirmé cette pratique au média USA Today. « Cette bactérie bloque la reproduction des moustiques en empêchant les œufs de mûrir après l’accouplement », explique-t-il.

Contrairement aux femelles, les mâles ne piquent pas et ne transmettent donc pas de maladies. Leur libération ciblée vise à réduire progressivement la population d’Aedes aegypti, l’espèce la plus dangereuse en termes de transmission de pathogènes. Pour autant, cette méthode soulève des questions éthiques et environnementales, notamment sur ses effets à long terme sur les écosystèmes locaux.

Un projet déjà testé avec succès à l’étranger

Google mène ce programme sous le nom de « Debug », qui élève des millions de moustiques mâles porteurs de Wolbachia. Selon les explications de l’entreprise, rapportées par Le Figaro, l’accouplement entre ces mâles stériles et les femelles sauvages ne donne naissance à aucune descendance viable. « La population diminue à chaque génération », précise Google dans un billet de blog relayé par le quotidien britannique. « C’est une solution naturelle, sans pesticide, qui cible uniquement les espèces vectrices de maladies », ajoute l’entreprise.

Les premiers essais, menés à Singapour, ont montré des résultats prometteurs. D’après Google, les lâchers ont permis de réduire de 80 à 90 % la population d’Aedes aegypti en six à douze mois, tout en faisant reculer de plus de 70 % les cas de dengue dans les zones concernées. Ces données pourraient renforcer la crédibilité du projet auprès des autorités américaines, alors que l’EPA finalise son évaluation.

Un enjeu sanitaire majeur aux États-Unis

Les moustiques figurent parmi les animaux les plus meurtriers au monde, responsables de centaines de milliers de décès chaque année. Comme le rappelle Le Figaro, ils transmettent des maladies comme le paludisme, la dengue, le chikungunya, le virus Zika ou encore le virus du Nil occidental. Aux États-Unis, les cas de dengue ont connu une hausse significative ces dernières années, notamment en Floride et au Texas, où le climat chaud favorise la prolifération des moustiques. En 2024, plus de 1 500 cas de dengue ont été recensés dans le pays, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Face à cette menace, les autorités sanitaires cherchent des solutions alternatives aux insecticides, dont l’efficacité diminue en raison de la résistance développée par les insectes. La méthode proposée par Google s’inscrit dans cette logique, en ciblant spécifiquement les espèces les plus dangereuses. « Nous devons agir vite, car les épidémies de maladies vectorielles risquent de s’aggraver avec le réchauffement climatique », souligne un expert en santé publique cité par Le Figaro.

Et maintenant ?

L’EPA dispose d’un délai de réflexion jusqu’à la fin de la consultation publique, prévue le 5 juin 2026. Si la demande est approuvée, les premiers lâchers pourraient commencer d’ici quelques mois, sous réserve d’un suivi rigoureux des populations de moustiques et des éventuels effets secondaires. Les associations environnementales, quant à elles, pourraient contester cette décision, arguant du manque de données sur les conséquences à long terme de cette intervention. Quoi qu’il en soit, cette initiative marque une nouvelle étape dans la lutte contre les maladies vectorielles, avec un potentiel de réplication dans d’autres régions du monde.

Pour les habitants de Californie et de Floride, cette solution pourrait, à terme, limiter les risques de transmission de maladies. Mais comme le souligne Le Figaro, le succès de l’opération dépendra de plusieurs facteurs : l’acceptation des populations locales, l’efficacité réelle du programme à grande échelle, et la capacité des autorités à évaluer son impact environnemental. Une chose est sûre : dans un contexte de changement climatique et de recrudescence des épidémies, les innovations en matière de lutte anti-vectorielle n’ont jamais été aussi cruciales.

Les moustiques mâles ne piquent pas et ne transmettent donc pas de maladies. Leur stérilisation via la bactérie Wolbachia permet de réduire progressivement la population d’Aedes aegypti sans recourir à des insecticides, qui peuvent avoir des effets néfastes sur l’environnement et la santé humaine.

Les opposants au projet craignent que la libération massive de moustiques ne perturbe les écosystèmes locaux. Cependant, Google affirme que la bactérie Wolbachia est naturelle et que les mâles stériles ne survivent pas longtemps une fois relâchés. Des études complémentaires seront nécessaires pour évaluer d’éventuels effets secondaires.