La France s’apprête à jouer un rôle clé dans l’exploration spatiale avec le lancement prévu en 2027 de Haven-1, une station orbitale privée développée par l’entreprise californienne Vast. Comme le rapporte Futura Sciences, cette initiative marque une étape majeure dans la transition entre les stations spatiales publiques et les infrastructures commerciales autonomes, destinées à remplacer progressivement l’ISS.

Le projet a pris une nouvelle dimension avec la nomination récente de l’astronaute français Arnaud Prost comme premier occupant de Haven-1. Ce dernier, âgé de 30 ans, s’envolera en 2027 aux côtés de trois autres membres d’équipage, dont les noms n’ont pas encore été dévoilés. Une annonce qui intervient moins d’une semaine après celle de Thomas Pesquet, également sélectionné pour une mission à bord de l’ISS dans le cadre d’un partenariat entre la France et Vast.

Ce qu'il faut retenir

  • Haven-1 est une station spatiale privée développée par Vast, prévue pour un lancement en 2027.
  • Elle sera lancée par une Fusée Falcon 9 de SpaceX et pèsera environ 14 000 kg.
  • Le premier équipage sera composé de quatre astronautes, dont le Français Arnaud Prost.
  • La station, d’un volume de 45 m³, est conçue pour des séjours de jusqu’à un mois.
  • Vast prépare déjà une version plus grande, Haven-2, pour les années suivantes.

Une station conçue pour succéder à l’ISS

Contrairement à l’ISS, composée de modules assemblés en orbite, Haven-1 sera un vaisseau unique lancé en une seule pièce par une fusée Falcon 9. Avec une masse de 14 tonnes et une altitude d’orbite d’environ 400 km, elle se situera dans la même gamme que la Station spatiale internationale, mais avec des dimensions bien plus modestes. Selon Futura Sciences, la station mesurera une dizaine de mètres de long pour un diamètre de 4,4 mètres, offrant un volume pressurisé de 45 mètres cubes, soit l’équivalent d’un appartement T4.

Contrairement à l’ISS, dont le volume total atteint plus de 900 mètres cubes, Haven-1 est conçue pour des missions de courte durée, pouvant aller jusqu’à un mois. Son exploitation est prévue pour une durée initiale de trois ans, sans compter d’éventuelles extensions. L’objectif affiché par Vast est de préparer le terrain pour l’après-ISS, dont la désorbitation est prévue au début des années 2030, comme l’a confirmé la NASA. La station spatiale américaine, en service depuis plus de vingt ans, sera progressivement remplacée par des infrastructures privées, dans lesquelles l’agence spatiale investit techniquement et financièrement.

Un design épuré et futuriste

L’un des aspects les plus marquants de Haven-1 réside dans son esthétique, confiée à Peter Russell-Clarke, un ancien designer chez Apple. Les visuels publiés par Vast mettent en avant un intérieur épuré, avec des murs lisses, de larges fenêtres et des espaces aérés, une rupture avec l’aspect parfois chaotique de l’ISS, souvent critiquée pour son encombrement de câbles et de boutons. « Le design s’inspire des codes des habitats spatiaux de science-fiction, mais reste avant tout fonctionnel pour des missions scientifiques », précise Futura Sciences.

Bien que les images de synthèse puissent donner une impression d’hôtel spatial, Vast insiste sur le fait que Haven-1 restera avant tout un laboratoire. Les expériences en microgravité, similaires à celles menées actuellement dans l’ISS, figureront au cœur des activités prévues à bord. L’entreprise californienne mise également sur l’attractivité de son projet pour séduire des clients privés et institutionnels, tout en préparant la suite avec Haven-2, une station plus grande et plus complexe dont le développement s’étendra sur plusieurs années.

Un coup d’éclat diplomatique et médiatique

Le projet Haven-1 a pris une dimension inattendue avec l’annonce officielle, le 1er juin 2026, lors du sommet Choose France, d’un accord entre la France et Vast. Emmanuel Macron a révélé que deux astronautes français seraient envoyés dans l’espace dans le cadre de missions privées : Thomas Pesquet, qui s’apprête à vivre un troisième vol, et Arnaud Prost, novice en orbite. Une première pour un Français à bord d’une station spatiale privée.

Ce partenariat place Vast en concurrence directe avec d’autres acteurs majeurs du secteur, comme Axiom Space, qui a déjà réalisé plusieurs missions vers l’ISS. Selon Futura Sciences, Vast a également remporté la prochaine mission privée à bord de l’ISS, avec Thomas Pesquet comme commandant. Jusqu’à présent, les cinq missions similaires avaient toutes été conduites par Axiom Space. Cette avancée confère à Vast une visibilité stratégique dans le paysage des stations spatiales commerciales.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Vast, qui devra finaliser la conception technique de Haven-1 et obtenir les autorisations nécessaires pour son lancement. Si tout se déroule comme prévu, la station pourrait entrer en service dès 2027, offrant une alternative aux chercheurs et aux entreprises souhaitant accéder à l’orbite terrestre sans dépendre de l’ISS. À plus long terme, le succès de Haven-1 pourrait accélérer le développement de Haven-2, dont les contours restent encore à définir, mais qui s’annonce comme un projet bien plus ambitieux.

Dans un contexte où la NASA mise sur les stations commerciales pour assurer la continuité de la recherche en orbite basse, la réussite de Haven-1 pourrait redéfinir les règles du jeu. Elle confirmerait également le rôle croissant des entreprises privées dans l’exploration spatiale, un virage déjà engagé avec les missions habitées vers la Lune et, à terme, vers Mars.

Contrairement à l’ISS, composée de modules assemblés en orbite, Haven-1 sera un vaisseau unique lancé en une seule pièce. De plus, son volume pressurisé est bien inférieur (45 m³ contre plus de 900 m³ pour l’ISS), et elle est conçue pour des missions de courte durée, pouvant aller jusqu’à un mois.

La France, via un accord annoncé lors du sommet Choose France en juin 2026, soutient le projet Haven-1 en y envoyant deux astronautes français : Thomas Pesquet et Arnaud Prost. Cet engagement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence française dans l’espace et à préparer l’après-ISS.