Selon Reporterre, les hantavirus, responsables de zoonoses comme les coronavirus, voient leur risque de transmission s’accroître avec l’intensification des activités humaines en contact avec la faune sauvage. L’épisode récent survenu à bord du MV Hondius, un bateau de croisière, où trois passagers ont perdu la vie après avoir contracté l’hantavirus Andes, illustre cette tendance. Cette tragédie rappelle que les perturbations des écosystèmes, notamment la déforestation, jouent un rôle central dans l’émergence de ces maladies.

Ce qu’il faut retenir

  • Les hantavirus, comme l’Andes, sont transmis à l’homme par des rongeurs, souvent via l’inhalation de leurs excréments.
  • Trois décès ont été recensés en 2026 parmi les passagers du MV Hondius, un bateau de croisière opérant dans des zones à risque.
  • La déforestation et les activités humaines en contact avec la faune sauvage augmentent significativement le risque de transmission.
  • Les zoonoses, dont font partie les hantavirus, sont des maladies initialement portées par les animaux avant de se transmettre à l’homme.

Des zoonoses en hausse, un lien avec les activités humaines

Comme le rapporte Reporterre, les hantavirus ne sont pas une exception parmi les zoonoses. Leur transmission à l’homme est favorisée par des activités qui perturbent les habitats naturels des rongeurs, principaux vecteurs de ces virus. La déforestation, en particulier, réduit les espaces sauvages et pousse les animaux porteurs à se rapprocher des zones habitées ou touristiques. « Les contacts répétés entre l’homme et la faune sauvage, surtout dans des environnements dégradés, créent des conditions idéales pour l’émergence de nouvelles maladies », explique un expert cité par le média.

L’hantavirus Andes, un exemple parmi d’autres

L’hantavirus Andes, responsable des décès à bord du MV Hondius, est l’un des plus redoutés. Transmis par les rongeurs, il peut provoquer des symptômes graves, allant jusqu’à une insuffisance rénale ou pulmonaire. « Ce cas rappelle celui des coronavirus, où des animaux sauvages ont servi de réservoir à des virus capables de franchir la barrière d’espèce », souligne un virologue interrogé par Reporterre. L’épisode du bateau de croisière, survenu en 2026, s’inscrit dans une série d’alerte sanitaire qui touche désormais des régions autrefois considérées comme préservées.

Les zones concernées incluent notamment l’Amérique du Sud, où la déforestation de l’Amazonie et les pratiques touristiques en milieu sauvage se sont multipliées ces dernières années. Les passagers du MV Hondius, qui naviguaient dans des eaux proches de ces régions, ont été exposés à un risque accru en raison de la présence accrue de rongeurs porteurs du virus dans les ports et les zones côtières.

Des solutions existent, mais leur mise en œuvre reste limitée

Face à ce constat, les scientifiques appellent à une meilleure gestion des écosystèmes et à des mesures de prévention renforcées. « La surveillance des populations de rongeurs, la limitation des contacts avec la faune sauvage et la réduction de la déforestation sont des leviers essentiels pour limiter les risques », indique un rapport de l’Organisation mondiale de la santé consulté par Reporterre. Pourtant, ces solutions peinent à être appliquées à grande échelle, en raison de contraintes économiques et politiques.

Bref, si les hantavirus ne sont pas une menace nouvelle, leur fréquence et leur gravité semblent s’aggraver. Les activités humaines, en modifiant les habitats naturels, jouent un rôle clé dans cette dynamique. « Tant que la pression sur les écosystèmes restera forte, le risque de nouvelles zoonoses émergentes persistera », avertit un chercheur en épidémiologie.

Et maintenant ?

Pour les prochains mois, les autorités sanitaires et les compagnies touristiques devraient renforcer leurs protocoles de surveillance, notamment dans les zones à risque identifiées en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Une réunion prévue en juin 2026 au sein de l’Organisation mondiale de la santé pourrait aboutir à de nouvelles recommandations pour limiter la propagation des hantavirus. Reste à voir si ces mesures seront appliquées à temps pour éviter d’autres épisodes similaires.

En attendant, la vigilance reste de mise. Les voyageurs fréquentant des régions où la déforestation et le tourisme sauvage sont répandus sont invités à suivre les consignes sanitaires locales et à éviter tout contact avec des rongeurs ou leurs déjections.

L’hantavirus Andes se transmet principalement par l’inhalation de particules infectieuses présentes dans les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs porteurs. Les contacts directs avec ces animaux ou leur environnement contaminé constituent également un risque.