Une frappe aérienne israélienne a détruit un immeuble de quatre étages dans le camp de réfugiés de Maghazi, situé au centre de la bande de Gaza, dans la nuit du 20 au 21 mai 2026. Selon Euronews FR, l’armée israélienne avait préalablement ordonné l’évacuation du bâtiment avant de procéder à l’opération militaire.
Ce qu'il faut retenir
- Un immeuble de quatre étages entièrement détruit dans le camp de Maghazi, malgré un appel d’évacuation lancé avant la frappe.
- Plusieurs civils blessés, dont une personne dans un état critique, transférés à l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa à Deir al-Balah.
- Aucune victime n’a été confirmée sur le moment, mais des décombres jonchent les ruelles avoisinantes, mêlés à des effets personnels.
- Cette frappe intervient malgré un accord de cessez-le-feu régional, censé réduire les violences après des mois de conflit.
- Selon le ministère de la Santé de Gaza, des centaines de Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le début de la trêve, sans distinction entre civils et combattants.
- Quatre soldats israéliens auraient également péri durant la même période, selon des sources militaires.
Sur place, des habitants se sont rassemblés autour des décombres, tandis que des familles fouillaient les blocs de béton et les meubles endommagés. « Il n’y a pas de cessez-le-feu », a déclaré le propriétaire du bâtiment, Ibrahim Ismail, après l’attaque. Les images disponibles montrent des vêtements, des jouets d’enfants et divers effets personnels épars parmi les gravats, témoins de la vie interrompue par cette frappe.
Une frappe en pleine zone résidentielle malgré la trêve
L’immeuble visé, situé dans le camp de Maghazi, est une zone urbaine densément peuplée du centre de Gaza. Ce secteur a déjà été touché à plusieurs reprises par les combats et les frappes depuis l’escalade du conflit en 2023. Les autorités israéliennes justifient leurs opérations par la nécessité de répondre à des attaques lancées depuis des zones placées sous contrôle militaire, ainsi qu’à des violations du cessez-le-feu par des groupes armés. « Nos opérations sont ciblées et répondent à des menaces immédiates », a indiqué un porte-parole de l’armée israélienne sous couvert d’anonymat.
Pourtant, malgré l’entrée en vigueur de la trêve, les violences persistent. Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé de Gaza, plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le début de l’accord, sans que ces bilans ne distinguent clairement entre civils et combattants. Israël, de son côté, confirme la mort de quatre de ses soldats dans des incidents similaires depuis le début de la trêve.
« Les opérations militaires se poursuivent pour neutraliser les menaces terroristes, même en période de trêve. Chaque frappe est précédée d’un avertissement pour limiter les risques pour les civils. »
— Porte-parole de l’armée israélienne
Un camp de Gaza déjà meurtri par des années de conflit
Le camp de Maghazi, créé en 1949 pour accueillir des réfugiés palestiniens, est l’un des plus densément peuplés de la bande de Gaza. Depuis l’escalade du conflit en 2023, cette zone a été le théâtre de multiples affrontements et frappes, laissant des milliers de familles sans abri. Les infrastructures civiles, dont des écoles et des centres médicaux, ont été endommagées à plusieurs reprises, aggravant les conditions de vie déjà précaires de ses habitants.
Les images diffusées par les médias locaux montrent des scènes de désolation : des pans de murs effondrés, des débris de béton et des objets du quotidien dispersés parmi les ruines. Les équipes de secours, souvent sous-équipées, peinent à déblayer les gravats et à porter assistance aux éventuels survivants. « On ne sait même pas s’il y a des gens encore sous les décombres », a témoigné un habitant, sous couvert d’anonymat.
L’impact humanitaire d’une trêve fragile
L’accord de cessez-le-feu, négocié sous l’égide de médiateurs internationaux, devait permettre une baisse durable des violences et l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Pourtant, les frappes ciblées, comme celle de Maghazi, continuent de semer la peur et de fragiliser la situation sur le terrain. Les organisations humanitaires alertent sur l’urgence de protéger les civils et de garantir un accès sans entrave aux soins et aux secours.
« Chaque jour sans cessez-le-feu effectif aggrave la crise humanitaire », a souligné un responsable de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Depuis le début de l’année, près de 2 000 morts ont été recensés à Gaza, selon les dernières estimations, tandis que plus de 70 % de la population dépend de l’aide internationale pour survivre.
Les prochaines réunions entre les parties prenantes, prévues dans les prochains jours, pourraient apporter des éléments de réponse sur l’évolution de la situation. En attendant, les civils de Maghazi et des autres zones touchées par le conflit continuent de payer le prix d’une guerre qui n’en finit pas.