Les œuvres des peintres américains Jackson Pollock et Mark Rothko ont atteint des sommets inédits lors d’une vente aux enchères organisée par Christie’s à New York, lundi 18 mai 2026. Selon Franceinfo - Culture, le tableau Number 7A, 1948 de Pollock a été adjugé pour 181,2 millions de dollars, frais inclus, devenant ainsi la quatrième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères dans le monde. Cette vente confirme l’engouement persistant pour les chefs-d’œuvre de l’expressionnisme abstrait, un mouvement artistique majeur du XXe siècle.

Ce qu'il faut retenir

  • Number 7A, 1948 de Jackson Pollock vendu 181,2 millions de dollars — nouveau record pour l’artiste et quatrième vente la plus chère de l’histoire.
  • Plusieurs œuvres de Pollock ont été cédées de gré à gré, dont une pour 200 millions de dollars.
  • Danaïde de Constantin Brancusi atteint 107,6 millions de dollars, pulvérisant son précédent record de 71,2 millions.
  • (Two Greens and Red Stripe) de Mark Rothko adjugé 98,4 millions de dollars, et Portrait de Madame K. de Joan Miró pour 53,5 millions.
  • En novembre 2025, Portrait d’Elisabeth Lederer de Gustav Klimt avait déjà battu un record à 236,4 millions.

Un record historique pour Jackson Pollock

La maison Christie’s a réalisé une performance exceptionnelle avec la vente de Number 7A, 1948, une toile emblématique de l’expressionnisme abstrait. Ce tableau, mesurant plus de trois mètres de large, se distingue par ses gouttes, coulures et courbes noires rehaussées de touches de rouge sur une toile brute. Selon Christie’s, cette œuvre marque un tournant dans la carrière de Pollock, symbolisant sa libération des contraintes de la peinture traditionnelle. « C’est avec cette œuvre que Pollock se libère enfin des entraves de la peinture de chevalet traditionnelle et produit l’un des tout premiers tableaux véritablement abstraits de l’histoire de l’art », a souligné la maison d’enchères.

Les résultats ne se limitent pas à cette vente publique. Plusieurs autres œuvres de Pollock ont été cédées de gré à gré, dont une pour la somme record de 200 millions de dollars. Ces transactions confirment l’attrait des collectionneurs pour les pièces maîtresses de l’art moderne, malgré un contexte économique parfois incertain.

Les autres records de la soirée : Brancusi, Rothko et Miró

La vente a également vu s’envoler les enchères pour d’autres figures majeures de l’art du XXe siècle. La sculpture Danaïde de Constantin Brancusi, réalisée vers 1913, a été adjugée pour 107,6 millions de dollars, pulvérisant son précédent record de 71,2 millions établi en 2018. Une performance qui place Brancusi parmi les sculpteurs les plus cotés au monde.

Côté peinture, (Two Greens and Red Stripe) de Mark Rothko, daté de 1964, a trouvé preneur pour 98,4 millions de dollars, tandis que Portrait de Madame K. de Joan Miró a été cédé pour 53,5 millions. Ces résultats dépassent largement les précédents records pour ces artistes : 86,9 millions pour Pollock et 37 millions pour Miró, tous deux établis en 2012. Rothko, quant à lui, n’avait pas connu de vente aussi élevée depuis plusieurs années.

Un marché de l’art en pleine effervescence

Cette série de records s’inscrit dans une dynamique plus large du marché de l’art, marqué par des ventes exceptionnelles ces derniers mois. En novembre 2025, le Portrait d’Elisabeth Lederer du peintre autrichien Gustav Klimt avait déjà atteint 236,4 millions de dollars lors d’une vente organisée par Sotheby’s, devenant ainsi la deuxième œuvre la plus chère jamais adjugée aux enchères. Ce tableau avait dépassé le précédent record de 450,3 millions de dollars établi en 2017 pour le Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci et acquis par un prince saoudien.

Le marché de l’art féminin a également brillé avec la vente de Le Rêve (La Chambre), autoportrait de Frida Kahlo daté de 1940, adjugé pour 54,7 millions de dollars. Ce montant fait de cette œuvre la plus chère jamais réalisée par une femme artiste. Ces performances illustrent une tendance forte : les collectionneurs se tournent vers des pièces historiques et symboliques, capables de fédérer autour de leur valeur patrimoniale et culturelle.

Et maintenant ?

Ces résultats pourraient inciter d’autres propriétaires de chefs-d’œuvre à mettre en vente leurs œuvres lors des prochaines grandes sessions de Christie’s ou Sotheby’s. Les experts s’attendent à ce que le marché continue de battre des records, notamment pour les artistes modernes et contemporains dont les œuvres se raréfient. Une prochaine vente majeure est déjà prévue en juin 2026 chez Christie’s à Londres, où une toile de Francis Bacon pourrait atteindre des sommets. Reste à voir si l’engouement persistera face à un contexte géopolitique et économique toujours volatile.

Cette dynamique soulève également des questions sur la soutenabilité du marché. Certains analystes s’interrogent sur l’impact à long terme de ces prix record, notamment sur la liquidité des œuvres et la capacité des collectionneurs à absorber de telles sommes. Pour l’instant, les enchères continuent de battre des records, confirmant la place prépondérante de l’art comme valeur refuge.

Une vente aux enchères est une transaction publique où les acheteurs soumissionnent pour acquérir une œuvre, le prix étant déterminé par la plus haute offre. Une vente de gré à gré, en revanche, est une négociation privée entre un vendeur et un acheteur, sans transparence sur le prix final. Dans le cas de Pollock, certaines œuvres ont été cédées directement à des collectionneurs, ce qui explique les montants élevés sans que les détails ne soient rendus publics.