Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a pris la parole samedi 18 avril 2026 lors d’un meeting européen de l’extrême droite à Milan, en Italie, où il a réaffirmé sa conviction d’une victoire prochaine du RN à l’élection présidentielle française. Selon Franceinfo - Politique, cette intervention s’inscrit dans un contexte de mobilisation des forces souverainistes européennes, réunies moins d’une semaine après la défaite électorale de Viktor Orbán en Hongrie.
Ce qu’il faut retenir
- Rencontre européenne : Jordan Bardella s’est exprimé lors d’un rassemblement du groupe « Patriotes pour l’Europe », à Milan, organisé par Matteo Salvini, vice-Premier ministre italien.
- Projections politiques : Le leader du RN a déclaré que la victoire du parti aux prochaines présidentielles françaises était « proche », évoquant une « bataille existentielle pour le renouveau de la France ».
- Vision européenne : Bardella a souligné qu’une victoire du RN en 2027 constituerait « une victoire pour toutes les nations d’Europe », appelant à une alliance des pays refusant l’immigration massive.
- Alliances et divisions : Le meeting a révélé des divergences au sein de l’extrême droite européenne, entre modération affichée par Bardella et radicalité d’autres figures comme Geert Wilders.
- Contexte italien : Matteo Salvini, hôte de l’événement, a été salué par Bardella pour sa politique migratoire restrictive dans les années 2010.
Un meeting européen sous haute tension
Samedi 18 avril en début d’après-midi, plusieurs milliers de militants et sympathisants de l’extrême droite européenne se sont rassemblés place du Duomo à Milan, un lieu symbolique marqué par la présence du Dôme, « emblème de la chrétienté ». Selon Franceinfo - Politique, cet événement, organisé par le groupe « Patriotes pour l’Europe » au Parlement européen, visait à fédérer les forces souverainistes du continent. Pourtant, la rencontre s’est tenue dans une atmosphère particulière : à peine une semaine plus tôt, Viktor Orbán, allié historique de cette mouvance, avait été battu lors des élections hongroises après seize ans au pouvoir. Le Premier ministre hongrois, absent de l’événement, avait choisi de ne pas se déplacer, une absence remarquée.
Parmi les participants figuraient des figures radicales, comme Geert Wilders, leader néerlandais du PVV, dont les propos islamophobes ont marqué les esprits. « Si nous ne nous défendons pas, le djihad va gagner et détruira le monde que nos parents et nous-mêmes avons construit », a-t-il lancé à la tribune, illustrant les divisions idéologiques au sein même de cette famille politique.
Bardella entre modération et ambition présidentielle
Sur scène, Jordan Bardella a adopté un ton plus mesuré, mettant en avant ses racines italiennes et louant le bilan de Matteo Salvini. « Matteo a pris des décisions très importantes alors que d’autres se contentaient de discours, en protégeant les frontières de l’Italie », a-t-il déclaré en italien, langue de son grand-père paternel. Il a salué les mesures restrictives sur l’immigration mises en place par Salvini dans les années 2010, les présentant comme un modèle pour l’Europe. « Il a empêché courageusement le débarquement des migrants illégaux. J’aimerais lui dire que son combat n’est pas seulement le sien, c’est celui de tous les pays d’Europe qui refusent l’immigration massive, c’est le nôtre », a-t-il affirmé.
Face aux drapeaux italiens flottant sur la place, Bardella a ensuite évoqué l’échéance présidentielle française. Sans désigner explicitement son nom, il a évoqué une victoire de Marine Le Pen à l’Élysée en 2027, ou la sienne si le parti lui préférait un autre candidat. « Je suis venu pour rassurer : notre victoire à la prochaine élection présidentielle est proche et nous sommes en train de nous préparer à dire adieu à Macron », a-t-il lancé. Il a présenté ce scrutin comme une « bataille existentielle pour bâtir le renouveau de la France, une grande puissance, et permettre à notre peuple de retrouver la fierté d’être Français ».
« Une victoire du Rassemblement national en France ne sera pas seulement une victoire française, mais pour toutes les nations d’Europe. »
— Jordan Bardella, président du RN, à Milan le 18 avril 2026
Confiance affichée et préparatifs électoraux
Quelques heures avant son discours, Bardella s’est montré particulièrement optimiste face à la presse française. « Tout le monde en Europe attend le basculement de la France », a-t-il affirmé, suggérant une dynamique favorable au RN. Il a également insisté sur la capacité de son parti à obtenir une « majorité absolue » lors des prochaines législatives, garantissant ainsi stabilité et alternance. « Je pense qu’on est les seuls à pouvoir avoir une majorité absolue l’an prochain. Donc, dans la tête des Français, on représentera à la fois l’alternance et la stabilité », a-t-il précisé à Franceinfo - Politique.
Cette assurance contraste avec les incertitudes persistantes quant au choix du candidat RN pour 2027. En effet, comme l’a révélé Franceinfo - Politique dans un précédent article, le parti n’a pas encore tranché entre Marine Le Pen et Jordan Bardella pour porter les couleurs du RN. « Notre candidat n’aura plus qu’à appuyer sur un bouton », résume un cadre du parti, sans pour autant écarter une primaire interne.
L’écho des militants : « remigration » et rejet de l’islam politique
Dans le public, l’enthousiasme des militants s’est cristallisé autour de deux mots d’ordre : « remigration » et rejet de l’islam politique. « Nous voulons surtout que les clandestins acceptent nos règles, nos règles de vie », a lancé Gabriella, une Italienne originaire de Vérone. Elle a ajouté : « Qu’ils n’essayent pas d’appliquer la Charia ou de légaliser les mariages avec des enfants. » Une autre participante a résumé son soutien à Bardella en une phrase : « Il est vraiment bien ce Bardella, vivement qu’il vous sauve en France ! »
Ces propos reflètent une radicalité plus marquée que celle affichée par Bardella, soulignant les tensions internes au mouvement. Si le leader du RN mise sur une stratégie électorale modérée pour séduire les électeurs, ses alliés européens, eux, n’hésitent pas à afficher des positions plus extrêmes, comme Geert Wilders ou certains membres du gouvernement italien.
Reste à voir si cette dynamique se concrétisera par des succès électoraux concrets, ou si elle restera cantonnée aux meetings symboliques. Une certitude, en revanche : l’extrême droite européenne compte bien faire de la France un nouveau terrain de conquête politique.
Les « Patriotes pour l’Europe » sont un groupe parlementaire européen créé en 2024, regroupant des partis souverainistes et d’extrême droite. Parmi ses membres figurent notamment le RN français, la Lega italienne de Matteo Salvini, le PVV néerlandais de Geert Wilders et le FPÖ autrichien. À ce jour, ce groupe compte une trentaine d’eurodéputés, ce qui en fait la troisième force au Parlement européen, derrière le PPE (droite) et les sociaux-démocrates.
