Dix ans après son lancement en direction de la planète rouge, la NASA a officiellement déclaré la fin de la mission de la sonde Maven, après six mois sans aucun contact avec l’engin spatial. Maven – pour Mars Atmosphere and Volatile Evolution –, avait pour objectif principal d’étudier l’atmosphère de Mars afin de comprendre les mécanismes de sa dissipation dans l’espace au fil du temps. Selon Libération, cette mission a permis de lever une partie du voile sur les causes de l’évolution climatique de la planète, offrant des données précieuses pour les futures explorations martiennes.

Ce qu'il faut retenir

  • Lancement en 2013 : la sonde Maven a quitté la Terre le 18 novembre 2013 depuis la base de Cap Canaveral, en Floride, avant de rejoindre l’orbite martienne dix mois plus tard, en septembre 2014.
  • Mission scientifique : l’engin a passé plus d’une décennie à analyser la composition, la structure et les interactions de l’atmosphère martienne, ainsi que les interactions entre le vent solaire et la planète.
  • Fin des communications : après une perte de contact de six mois, la NASA a confirmé l’arrêt définitif des opérations le 5 juin 2026, mettant un terme à une mission jugée « extrêmement fructueuse ».

Une sonde conçue pour percer les mystères de l’atmosphère martienne

Lancée dans le cadre du programme Mars Scout, Maven a été la première sonde dédiée exclusivement à l’étude de la haute atmosphère de Mars. Son équipement scientifique comprenait notamment un magnétomètre, un spectromètre de masse et un analyseur de particules énergétiques, tous conçus pour mesurer les flux de gaz et d’ions s’échappant de la planète. Bruce Jakosky, chercheur principal de la mission à l’Université du Colorado, avait alors souligné l’importance de ces données : « Maven nous a aidés à comprendre comment une planète autrefois humide et potentiellement habitable est devenue le monde aride que nous observons aujourd’hui. »

Des découvertes majeures sur l’évolution climatique de Mars

Les observations réalisées par Maven ont révélé que l’atmosphère martienne s’échappait progressivement dans l’espace, principalement sous l’effet du vent solaire. Les scientifiques estiment que Mars a perdu entre 65 % et 95 % de son atmosphère initiale, un phénomène qui expliquerait en partie son assèchement actuel. Les données recueillies ont aussi permis d’établir un lien entre l’activité solaire et la vitesse à laquelle Mars perd ses gaz atmosphériques. « Sans Maven, nous n’aurions pas pu confirmer l’impact du Soleil sur la dissipation de l’atmosphère martienne », a déclaré Dave Brain, membre de l’équipe scientifique.

Parmi les résultats marquants, Maven a détecté des aurores diffuses sur Mars, un phénomène jusqu’alors inconnu, ainsi que des couches de métaux dans l’ionosphère, résultant de l’impact de micrométéorites et de poussières interplanétaires. Ces découvertes ont non seulement enrichi la connaissance de la planète rouge, mais aussi ouvert de nouvelles pistes pour comprendre l’évolution des atmosphères planétaires dans le système solaire.

Et maintenant ?

La fin de Maven ne signe pas l’arrêt des missions martiennes dédiées à l’atmosphère. La NASA prépare déjà le successeur de Maven, Escapade – pour Escape and Plasma Acceleration and Dynamics Explorers –, un projet en collaboration avec l’Université de Californie à Berkeley. Prévu pour un lancement en 2027, Escapade vise à étudier plus en détail les interactions entre le vent solaire et l’atmosphère martienne, avec une approche complémentaire à celle de Maven. En parallèle, les données accumulées par Maven resteront analysées pendant plusieurs années, offrant probablement encore des surprises aux scientifiques.

Cette mission illustre également l’importance des collaborations internationales dans l’exploration spatiale. L’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence japonaise JAXA ont toutes deux participé à l’analyse des données de Maven, contribuant à en maximiser la portée scientifique. « Maven restera un pilier de la science martienne pour les décennies à venir », a rappelé Jakosky lors de l’annonce de la fin de la mission.

La sonde Maven restera en orbite autour de Mars pendant encore plusieurs décennies, voire un siècle, avant que sa trajectoire ne se dégrade suffisamment pour qu’elle ne se désintègre dans l’atmosphère martienne. Aucune manœuvre de désorbitation n’est prévue, conformément aux protocoles de la NASA pour éviter toute contamination des sites potentiellement habitables.