D'après nos confrères de Le Figaro, le Club alpin français (CAF) est actuellement confronté à des défis importants liés à la fréquentation et à la gestion financière de ses refuges. Alors que les pratiques de montagne connaissent un engouement sans précédent, le CAF, institution centenaire basée sur le bénévolat, tente de s'adapter à cette nouvelle demande.
Le refuge du col de la Vanoise, situé au pied du sommet de la Grande Casse, point culminant de la Savoie avec ses 3855 mètres, a enregistré près de 16 000 nuitées en 2025, un record en termes de fréquentation. Cette tendance est confirmée par les chiffres globaux du CAF, qui ont enregistré près de 348 000 nuitées au sein de ses 120 refuges et chalets, soit une augmentation de 10% par rapport à l'année précédente.
Ce qu'il faut retenir
- Le Club alpin français a enregistré un record de fréquentation dans ses refuges en 2025, avec près de 348 000 nuitées.
- La fréquentation a augmenté de 10% par rapport à l'année précédente.
- Le CAF gère 120 refuges et chalets, qui représentent environ 40% du parc des refuges français.
Le contexte historique
Le Club alpin français a été créé en 1874 par un petit groupe de passionnés, dont l'architecte Eugène Viollet le Duc et la romancière George Sand. Dans les années 1990, le CAF s'est transformé en fédération pour rassembler l'ensemble des clubs qui existent partout en France, avant de prendre le nom de Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) en 2004.
Aujourd'hui, la FFCAM compte 444 clubs, qui ont pour mission d'accompagner et de former les pratiquants dans diverses disciplines, telles que l'alpinisme, la randonnée, l'escalade, la via ferrata et la spéléologie. Le CAF joue un rôle essentiel dans l'accès à la montagne et la structuration des pratiques, mais il est confronté à des défis importants liés à la fréquentation et à la gestion financière de ses refuges.
Les défis de la fréquentation
« On observe un besoin grandissant de nature depuis la fin du confinement, qui est accentué par les belles images qui circulent sur les réseaux sociaux », analyse Charles Van der Elst, qui préside la FFCAM depuis mars 2025. Cependant, cette augmentation de la fréquentation pose des problèmes de surfréquentation et de manque de préparation, qui peuvent conduire à des accidents.
Les clubs tentent de faire face en augmentant le nombre de bénévoles formés à l'accompagnement des pratiquants et les recrutements de professionnels qui encadrent certaines sorties. Cependant, les listes d'attente s'allongent parfois pour participer aux activités proposées, ce qui oblige le CAF à réfléchir à son modèle et à son fonctionnement.
La gestion financière
La gestion financière des refuges est un autre défi important pour le CAF. Les refuges représentent environ 40% du parc des refuges français et constituent des portes d'accès essentielles vers la découverte de l'environnement montagnard. Cependant, ils représentent aussi des coûts d'entretien et de rénovation très importants.
La FFCAM a lancé un programme de rénovation pour accueillir un public plus nombreux, pour lequel elle a mobilisé des subventions publiques allant jusqu'à 50 à 60% du montant de ces opérations, dont le coût tourne autour de 2 à 3 millions d'euros par refuge rénové. Cependant, la fédération craint d'être confrontée à des baisses de crédits et envisage la piste du mécénat pour faire face aux coûts importants des rénovations.
Les enjeux de gouvernance
Le CAF est également confronté à des enjeux de gouvernance, notamment après avoir été victime d'une fraude au président en novembre 2025, qui a conduit à la validation de deux virements pour un montant de 383 510 €. La fédération a mis en place des procédures pour éviter que cela se reproduise et a élé un nouveau comité directeur pour structurer son fonctionnement et professionnaliser ses équipes.
Cependant, le CAF doit trouver un équilibre entre la structuration de son fonctionnement et la conservation de son ADN de bénévolat, qui assure un maillage sur l'ensemble du territoire. Le nouveau comité directeur est attendu pour apporter des réponses à ces questions et pour accompagner la fédération dans sa transition.
En conclusion, le Club alpin français est actuellement confronté à des défis importants liés à la fréquentation et à la gestion financière de ses refuges. La fédération doit trouver des solutions pour structurer son fonctionnement, professionnaliser ses équipes et conserver son ADN de bénévolat, tout en continuant à jouer un rôle essentiel dans l'accès à la montagne et la structuration des pratiques.
