Alors que le géant BlackRock a limité les retraits sur l'un de ses fonds, le crédit privé est en train de devenir l'un des sujets les plus explosifs de la finance mondiale, selon nos confrères de Cryptoast. Le crédit privé, qui représente désormais un pilier à part entière du financement de l'économie, a connu une croissance exponentielle ces dernières années, avec des rendements annualisés de 9 % sur dix ans, contre environ 5 % pour le high yield et les leveraged loans.

Cette croissance a été renforcée par la promesse de rendement et la flexibilité offerte par les fonds de crédit privé, qui ont permis à beaucoup d'investisseurs de croire qu'ils obtenaient à la fois du rendement, de la stabilité et de la sophistication. Cependant, le crédit privé cache également des risques importants, notamment la qualité du crédit, l'opacité des marchés privés et les interconnexions avec les banques et les assureurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Le crédit privé représente désormais un pilier à part entière du financement de l'économie, avec des actifs de 1 100 milliards de dollars.
  • Les rendements annualisés du crédit privé sont de 9 % sur dix ans, contre 5 % pour le high yield et les leveraged loans.
  • Le crédit privé cache des risques importants, notamment la qualité du crédit, l'opacité des marchés privés et les interconnexions avec les banques et les assureurs.

Le succès du crédit privé

Le crédit privé a explosé parce qu'il répondait parfaitement aux contraintes du monde post-2008, selon Omar Dibo, co-fondateur de Finneko. Les banques ont été davantage régulées et ont réduit certaines activités de prêt risqué, tandis que les fonds de crédit privé ont proposé aux emprunteurs de la vitesse, de la flexibilité, moins de disclosure publique et la possibilité de négocier directement avec un petit groupe de prêteurs.

Les fonds de crédit privé en Amérique du Nord représentaient environ 1 100 milliards de dollars d'actifs fin 2024, contre environ 565 milliards fin 2019, selon le Financial Stability Oversight Council (FSOC). Le dry powder du secteur atteignait 305 milliards de dollars, et les BDCs, un type de véhicule d'investissement coté aux États-Unis, sont passées de 123 milliards de dollars d'actifs en 2019 à 438 milliards en 2024.

Les fissures du crédit privé

Le premier problème est la qualité du crédit au moment où le cycle économique devient plus difficile, selon le FSOC. Le taux de défaut du crédit privé américain avait atteint 9,2 % en 2025, un record, et la plupart des défauts concernaient de petites entreprises, souvent avec moins de 25 millions de dollars d'EBITDA.

Le deuxième problème est que la structure même des prêts peut retarder la reconnaissance du stress, selon le FSOC. L'usage des clauses PIK, qui permettent de ne pas payer les intérêts en cash et de les capitaliser dans le principal, a fortement augmenté et a approché des plus hauts sur quatre ans au deuxième trimestre 2025.

Les interconnexions et le risque systémique

Le FSOC indique que les engagements bancaires envers les fonds de crédit privé atteignent environ 445 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025, et que le crédit privé est de plus en plus connecté aux banques et aux assureurs. Le FMI insiste de son côté sur le fait que la croissance des non-banks et leurs liens avec les banques nécessitent une supervision renforcée.

Ce n'est pas encore la même densité de connexions qu'en 2008, mais c'est largement suffisant pour créer des effets de contagion localisés si les pertes s'accumulent, selon Omar Dibo. Le crédit privé n'est probablement pas aujourd'hui le déclencheur du début d'une crise pire que les subprimes, mais il est clairement l'un des endroits où peut naître la prochaine grosse déception de marché.

Et maintenant ?

La situation du crédit privé devrait continuer à être surveillée de près, car les défauts sont en hausse, les structures se complexifient et le retail commence à entrer davantage dans le jeu. Les prochaines échéances importantes seront probablement la publication des résultats financiers des fonds de crédit privé et les décisions des banques et des assureurs concernant leurs engagements dans le secteur.

En conclusion, le crédit privé représente un risque croissant pour la finance mondiale, avec des conséquences potentielles importantes pour les investisseurs et les institutions financières. Il est essentiel de surveiller cette situation de près et de prendre des mesures pour prévenir les risques systémiques.