Ce qu'il faut retenir
- L'Iran envisage de taxer les câbles internet qui traversent le détroit d'Ormuz, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes pour le commerce mondial et la connectivité en Europe.
- Les entreprises européennes qui exploitent ces câbles pourraient être contraintes de payer des frais d'accès à l'Iran.
- Le projet a été détaillé par l'agence de presse iranienne Tasnim, proche du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).
- L'Iran pourrait rapporter jusqu'à 13 milliards d'euros de recettes avec cette mesure.
- Les experts sont divisés sur les conséquences de cette mesure, certaines personnes affirment que cela pourrait avoir des conséquences importantes pour le commerce mondial, tandis que d'autres estiment que l'impact serait limité.
Le détroit d'Ormuz : un point de passage stratégique
Le détroit d'Ormuz est un point de passage stratégique pour les câbles internet qui relient l'Asie à l'Europe. Selon le Submarine Telecoms Forum, des entreprises européennes originaires de pays comme l'Italie, la Grèce et le Royaume-Uni font partie du consortium de gestion d'au moins quatre câbles passant sous Ormuz. Deux de ces câbles sont particulièrement importants, car ils relient l'Asie à l'Europe. Le premier est l'Asia Africa Europe-1 (AAE1), dont les propriétaires incluent l'italien Retelit et le grec OTEGLOBE. Il aboutit à des points d'atterrissement en Crète, à Bari et à Marseille. Le second, PEARLS/2Africa, qui fait partie du plus vaste système de câbles sous-marins au monde, passe sous la Sicile avant de terminer sa course à Gênes, Marseille et Barcelone.Les conséquences de la taxe sur les câbles internet
Les experts sont divisés sur les conséquences de la taxe sur les câbles internet. Certains affirment que si le pays mettait effectivement en place ces frais, les conséquences dépasseraient largement le seul secteur des télécoms pour toucher le commerce mondial, le droit maritime, la stratégie militaire, la gouvernance de l'Internet et les rapports de force entre grandes puissances. « Les institutions financières européennes, les fournisseurs de services cloud, les entreprises de télécommunications et les multinationales dépendent fortement de réseaux de câbles sous-marins à faible latence pour les transactions bancaires, les services numériques, le négoce d'énergie et les opérations industrielles », explique Meredith Primrose Jones, responsable géopolitique et sécurité au sein du cabinet de conseil en risques et conformité Leidra, interrogée par Europe in Motion. À l'inverse, d'autres experts relativisent largement les menaces de perturbation tarifaire, voire de sabotage physique des câbles. « La bande passante qui traverse le détroit d'Ormuz représente moins de 1 % de la capacité internationale à l'échelle mondiale », indique l'International Cable Protection Committee (IPCC), interrogé par Europe in Motion.Le projet iranien n'est pas sans précédent
Le projet iranien n'est pas sans précédent : l'Égypte facture déjà l'accès aux câbles sous-marins, ce qui génère des recettes importantes pour le modèle économique télécoms du pays. Une étude menée par submarinenetworks.com sur la période 2000-2019 a estimé le coût pour chaque opérateur de câble sous-marin à environ 1,5 million d'euros pour les droits d'atterrissement, la maintenance et le soutien opérationnel. L'Égypte est décrite comme un véritable goulet d'étranglement mondial des télécoms, en raison du nombre énorme de câbles qui la traversent. La différence majeure avec Ormuz, c'est que les câbles qui traversent l'Égypte passent physiquement par son territoire et s'appuient sur son infrastructure terrestre.Et maintenant ?
Le projet iranien laisse plusieurs questions en suspens. Quels seront les impacts réels de la taxe sur les câbles internet ? Les entreprises européennes seront-elles affectées ? Les conséquences pour le commerce mondial seront-elles importantes ? La réponse à ces questions reste à voir.Il est difficile de prédire avec certitude les conséquences de la taxe sur les câbles internet. Les experts sont divisés sur les impacts réels de cette mesure.
Oui, les entreprises européennes qui exploitent les câbles internet qui traversent le détroit d'Ormuz pourraient être contraintes de payer des frais d'accès à l'Iran.
Conclusion
Le projet iranien de taxer les câbles internet à Hormuz est un développement important qui laisse plusieurs questions en suspens. Les conséquences de cette mesure restent à voir, mais il est certain que cela aura des impacts importants pour le commerce mondial et la connectivité en Europe.Tags
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