Alors que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur — dont le Brésil — est entré en vigueur le 1er mai 2026, Bruxelles a pris une décision ferme : les importations de viande brésilienne seront interdites à partir du 3 septembre 2026, comme le rapporte Euronews FR. Cette mesure s’explique par l’utilisation d’antimicrobiens pour stimuler la croissance des animaux, une pratique non conforme aux normes sanitaires européennes.

Un comité d’experts des États membres de l’UE a acté cette interdiction à l’unanimité, une première pour un pays tiers. Le Brésil est ainsi le premier État retiré de la liste des pays autorisés à exporter vers l’UE des produits d’origine animale. Selon Eva Hrnčířová, porte-parole de la Commission européenne, « les accords commerciaux ne changent pas nos règles. La Commission établit les normes sanitaires et phytosanitaires obligatoires de l’Union, et tant nos agriculteurs que les exportateurs des pays tiers doivent s’y conformer ».

Ce qu’il faut retenir

  • L’UE interdira les importations de viande brésilienne à compter du 3 septembre 2026, en raison de l’usage d’antimicrobiens interdits dans l’UE.
  • Le Brésil est le premier pays retiré de la liste des États tiers autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE.
  • L’accord UE-Mercosur, entré en vigueur le 1er mai 2026, suscite une forte opposition des agriculteurs européens, inquiets de la concurrence déloyale.
  • Bruxelles a mis en place des mesures de sauvegarde, dont des quotas pour les produits sensibles comme la volaille et la viande.
  • Le rétablissement des importations dépendra de la capacité du Brésil à respecter les normes sanitaires de l’UE.

Un accord controversé et des craintes pour les agriculteurs européens

L’interdiction des importations de viande brésilienne intervient dans un contexte de tensions autour de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. Signé en juin 2019 après plus de vingt ans de négociations, cet accord vise à réduire les droits de douane sur une large gamme de produits agricoles, une libéralisation que les agriculteurs européens jugent déséquilibrée. « Des normes de production différentes de part et d’autre de l’Atlantique pourraient entraîner une concurrence déloyale », avait prévenu Emmanuel Macron dès 2020, qualifiant la mise en œuvre provisoire de l’accord de « mauvaise surprise ».

Côté brésilien, les exportateurs craignent que cette décision ne fragilise leurs parts de marché en Europe, alors que le pays est l’un des premiers fournisseurs mondiaux de viande bovine. Selon la Commission européenne, les mesures de sauvegarde négociées dans le cadre de l’accord doivent permettre de protéger les producteurs européens en limitant les perturbations du marché. Des quotas ont notamment été instaurés pour la volaille et la viande, deux secteurs particulièrement sensibles.

Des normes sanitaires non négociables pour Bruxelles

La décision de l’UE s’appuie sur un vote unanime des experts des États membres, réunis en comité. « Le fait que l’Union soit capable de faire respecter ses règles est essentiel pour la confiance, des conditions de concurrence équitables et de bonnes relations avec nos partenaires commerciaux », a déclaré un diplomate de l’UE à Euronews FR. Cette fermeté illustre la priorité donnée par Bruxelles à la sécurité alimentaire et à la santé publique, malgré les enjeux commerciaux.

La liste officielle des pays tiers autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE doit être adoptée dans les prochains jours. Outre le Brésil, d’autres pays d’Amérique latine, comme l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, bénéficient des avantages tarifaires prévus par l’accord. Cependant, ces États devront également se conformer aux exigences sanitaires de l’UE sous peine de voir leurs exportations suspendues. « La Commission établit les normes sanitaires et phytosanitaires obligatoires de l’Union », rappelle Eva Hrnčířová. « Ces règles s’appliquent à tous, sans exception. »

Quels produits sont concernés par l’interdiction ?

À partir du 3 septembre 2026, le Brésil ne pourra plus exporter vers l’UE des produits tels que les bovins, les équidés, la volaille, les œufs, l’aquaculture, le miel et les boyaux. Cette liste couvre l’essentiel des filières animales brésiliennes destinées au marché européen. Une suspension qui pourrait avoir un impact économique significatif, le Brésil étant le premier fournisseur de viande bovine de l’UE avant l’entrée en vigueur de l’accord.

Les négociations entre Bruxelles et Brasília pourraient permettre un rétablissement des importations si le Brésil modifie ses pratiques. « Une fois que le Brésil aura démontré qu’il respecte les règles de sécurité, l’UE pourra reprendre les importations », précise la Commission. Cette clause ouvre la voie à des discussions techniques, mais aussi politiques, alors que les relations commerciales entre les deux blocs restent tendues.

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait publier d’ici quelques jours la liste officielle des pays tiers autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE, une étape administrative qui actera définitivement l’exclusion du Brésil. D’ici là, les autorités brésiliennes pourraient tenter de négocier des dérogations ou des délais supplémentaires, tandis que les agriculteurs européens suivront de près l’évolution des quotas sur les produits sensibles. Une chose est sûre : cette décision rappelle que, même dans le cadre d’accords commerciaux ambitieux, les normes sanitaires de l’UE restent intangibles.

Si le Brésil parvient à aligner ses pratiques sur celles de l’UE, les importations pourraient reprendre dès 2027. Dans le cas contraire, les producteurs brésiliens devront se tourner vers d’autres marchés ou investir dans des infrastructures conformes aux exigences européennes. Autant dire que la balle est désormais dans le camp de Brasília.

Le Brésil est le premier pays à avoir été retiré de la liste des États tiers autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE, car il est le seul à utiliser massivement des antimicrobiens interdits dans l’Union pour stimuler la croissance des animaux. Selon un fonctionnaire ayant connaissance du dossier cité par Euronews FR, le vote des experts des États membres a été unanime sur ce point. Les autres pays du Mercosur pourraient, à terme, subir le même sort s’ils ne respectent pas les normes sanitaires européennes.