À moins d’un an du scrutin, l’actualité politique est marquée ce vendredi 22 mai 2026 par deux événements majeurs. D’un côté, Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, est l’invitée exceptionnelle du Face à Face sur BFMTV dès 8h25, selon BFM - Politique. De l’autre, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, désormais candidat désigné par Renaissance, pourrait officialiser sa candidature lors d’un déplacement en Aveyron aujourd’hui et demain.

Ce qu'il faut retenir

  • Marine Le Pen est interrogée ce matin sur BFMTV alors que sa candidature à la présidentielle reste conditionnée à l’issue d’un procès prévu le 7 juillet.
  • Gabriel Attal doit se déclarer candidat en Aveyron, après avoir été désigné par son parti Renaissance la semaine dernière.
  • Le gouvernement confirme le gel des allègements de charges patronales malgré la hausse du Smic, soit deux milliards d’euros de charges supplémentaires pour les entreprises.
  • Le projet de loi d’urgence agricole, déjà contesté, fait l’objet de plus de 2 200 amendements à l’Assemblée nationale.
  • Le ministre de l’Éducation nationale saisit le bâtonnier de Paris après des propos tenus par un avocat lors du procès de l’assassinat de Samuel Paty.

Marine Le Pen sous les projecteurs à l’approche d’une échéance judiciaire décisive

La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, est l’invitée principale de l’émission Face à Face ce matin sur BFMTV, alors qu’elle attend une décision judiciaire aux conséquences politiques majeures. Selon BFM - Politique, la présidente du RN a indiqué qu’elle maintiendrait sa candidature à l’élection présidentielle même en cas de condamnation à une peine avec sursis dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Cette procédure, dont l’audience en appel est prévue le 7 juillet, pourrait en effet entraîner une inéligibilité temporaire.

La décision de la cour d’appel interviendra donc à un moment clé de la préparation de la présidentielle, alors que Marine Le Pen reste une figure centrale de l’opposition. Son maintien dans la course dépendra de la réponse de la justice, mais aussi de sa stratégie politique pour rassembler au-delà de son électorat traditionnel. Une question qui pourrait influencer l’équilibre des forces à quelques mois du premier tour.

Gabriel Attal en campagne pour officialiser sa candidature en Aveyron

De son côté, Gabriel Attal, ancien Premier ministre et figure montante de Renaissance, devrait transformer son statut de candidat désigné en candidature officielle lors d’un déplacement en Aveyron ce vendredi 22 mai et demain samedi. Selon BFM - Politique, le conseil national de son parti l’a investi comme représentant pour 2027 la semaine dernière. Ce choix intervient dans un contexte où les formations politiques s’organisent pour les prochains scrutins, alors que l’actualité judiciaire et économique alimente les débats.

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a d’ailleurs réaffirmé ce matin son soutien à Gabriel Attal, le qualifiant de « candidat naturel » de Renaissance. Cependant, il a insisté sur la nécessité d’un « large rassemblement » pour contrer les partis perçus comme radicaux, notamment le RN et La France insoumise. « Ce qui compte aujourd’hui, c’est de mettre des idées sur la table, le vote barrage ne suffira pas », a-t-il souligné sur TF1.

Gel des allègements de charges : un milliard d’euros supplémentaires pour les entreprises

La hausse du Smic au 1er juin, fixée à 2,2 %, aura un impact direct sur les finances des entreprises. Le gouvernement a confirmé ce matin que les allègements généraux de cotisations sociales ne seront pas revalorisés, malgré cette augmentation. Selon les déclarations du ministre des Comptes publics David Amiel sur TF1, « l’enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n’augmentera pas. Elle ne baissera pas non plus ».

Cette mesure représente un coût estimé à deux milliards d’euros pour les entreprises, alors que le patronat et certains économistes alertent déjà sur les conséquences de cette stagnation budgétaire. Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, dans un contexte économique déjà tendu.

Projet de loi agricole : plus de 2 200 amendements et des débats houleux

À l’Assemblée nationale, les débats autour du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles s’annoncent tendus. Selon BFM - Politique, plus de 2 200 amendements ont été déposés sur ce texte, seul à l’ordre du jour de la Chambre basse ce vendredi. Plusieurs groupes, dont le RN, La France insoumise et les écologistes, ont déjà voté contre l’avis du gouvernement, notamment sur l’interdiction d’importer des denrées alimentaires produites avec des pesticides interdits en France.

Ce texte, inspiré de la loi Duplomb adoptée il y a un an, vise à renforcer la résilience du secteur agricole face aux crises récurrentes. Pourtant, les divergences persistent sur les méthodes, notamment sur la question des importations de produits phytosanitaires. Les discussions pourraient s’étendre sur plusieurs jours, alors que les agriculteurs restent en première ligne face aux défis climatiques et économiques.

Éducation nationale : le ministre saisit le bâtonnier après des propos controversés

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé ce matin avoir saisi le bâtonnier du barreau de Paris après des déclarations tenues par un avocat lors du procès lié à l’assassinat de Samuel Paty. Selon BFM - Politique, Maître Francis Vuillemin, avocat de l’un des accusés, Abdelhakim Sefrioui, a déclaré que « Samuel Paty procédait à la discrimination des élèves musulmans ». Une affirmation qualifiée de « diffamatoire » par le ministre, qui estime qu’elle « a clairement sali la mémoire de Samuel Paty ».

Édouard Geffray a rappelé que le code de déontologie des avocats impose un « devoir de délicatesse et de modération » en dehors des prétoires. « Vu l’ampleur du débat, ça valait la peine de poser la question », a-t-il expliqué sur RMC. Cette saisine intervient dans un contexte où la mémoire de Samuel Paty, assassiné en 2020, reste un sujet sensible, notamment dans les établissements scolaires.

Le film sur Samuel Paty bientôt accompagné d’un dossier pédagogique

Autre volet lié à la mémoire de Samuel Paty : la diffusion du film L’Abandon dans les établissements scolaires. Le ministre de l’Éducation nationale a confirmé ce matin que les professeurs pourraient projeter ce documentaire à leurs élèves, sous réserve de la création d’un dossier pédagogique pour faciliter son exploitation en classe. « Je pense qu’il peut être présenté aux élèves, il y aura d’ailleurs un dossier pédagogique qui va être fait pour aider les professeurs à entrer dans ce film avec leurs élèves », a déclaré Édouard Geffray sur RMC.

Le ministre a précisé que la diffusion ne serait pas obligatoire, estimant que « l’institution considère que c’est un film parfaitement montrable et que c’est même d’intérêt public de le montrer ». Une initiative qui pourrait relancer le débat sur la manière d’aborder en classe des sujets aussi délicats que la laïcité ou la liberté d’expression.

Aurore Bergé et Manon Aubry : deux réactions opposées sur des sujets sociétaux

Sur le front politique, deux réactions marquent l’actualité de ce matin. D’abord, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a réagi aux accusations de violences sexuelles visant l’artiste Patrick Bruel. Interrogée sur Ici Gascogne, elle a appelé à « écouter la parole des femmes » tout en insistant sur le respect de la présomption d’innocence. « Il faut respecter et écouter cette parole, et il faut respecter la présomption d’innocence. Je crois que c’est possible et surtout absolument souhaitable », a-t-elle déclaré.

Du côté de La France insoumise, Manon Aubry a réagi à la censure par le Conseil constitutionnel de la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE). « Je regrette que ça ait été supprimé », a-t-elle indiqué sur CNews/Europe 1, tout en précisant que le texte n’a pas été annulé « sur le fond ». « Je pense que c’est reculer pour mieux sauter, car ces ZFE ne sont pas bien pensées et sanctionnent les ménages les plus pauvres », a-t-elle critiqué, dénonçant une « écologie punitive ».

Et maintenant ?

Plusieurs échéances attendent les acteurs politiques dans les prochains jours. D’abord, la décision de la cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, prévue le 7 juillet, pourrait redessiner le paysage de la présidentielle. Ensuite, la confirmation officielle de la candidature de Gabriel Attal en Aveyron devrait donner un nouveau rythme à la campagne, alors que Renaissance cherche à fédérer au-delà de son socle traditionnel. Enfin, les débats parlementaires sur le projet de loi agricole pourraient aboutir à des compromis ou, au contraire, à des blocages, selon l’issue des négociations entre groupes politiques.

La journée du 22 mai 2026 s’inscrit donc dans une séquence politique intense, où chaque déclaration, chaque décision judiciaire ou administrative peut influencer les équilibres pour 2027. À moins d’un an du premier tour, les stratégies de communication, les alliances et les prises de position prendront une dimension encore plus stratégique.

Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, attend une décision judiciaire dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Une condamnation à une peine avec sursis pourrait entraîner une inéligibilité temporaire, remettant en cause sa participation au scrutin présidentiel.

La hausse du Smic de 2,2 % au 1er juin entraînera des charges supplémentaires estimées à deux milliards d’euros pour les entreprises, alors que le gouvernement a décidé de geler les allègements de cotisations sociales pour maîtriser les dépenses publiques.