Les Bourses européennes démarrent en ordre dispersé ce vendredi 5 juin 2026, après des séances volatiles en Asie et un repli marqué des valeurs liées à l’intelligence artificielle. Selon Euronews FR, les investisseurs affichent une prudence accrue à l’ouverture des marchés, dans un contexte où les indicateurs macroéconomiques et géopolitiques pèsent sur les anticipations.

Ce qu'il faut retenir

  • Le FTSE 100 (Londres) et le DAX (Francfort) plongent respectivement de 0,4 % et 0,3 % dès l’ouverture.
  • Le CAC 40 et l’IBEX 35 résistent avec une hausse de 0,3 %, tandis que l’EURO STOXX 50 reste stable.
  • En Asie, le Kospi (Corée du Sud) s’effondre de 5,1 %, avec des pertes de 8,6 % pour SK Hynix et 5,4 % pour Samsung Electronics.
  • À Wall Street, le S&P 500 et le Dow Jones terminent en hausse, mais le secteur de l’IA recule après les prévisions décevantes de Broadcom (-12,6 %).
  • Le rapport sur l’emploi américain non agricole, attendu cet après-midi, pourrait influencer la décision de la Réserve fédérale sur les taux.
  • Les cours du pétrole se stabilisent, mais restent sous tension en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz et des tensions au Moyen-Orient.

Des marchés européens divisés à l’ouverture

Les indices européens affichent des performances contrastées à l’ouverture ce vendredi. Si le FTSE 100 londonien et le DAX allemand reculent rapidement dans le rouge, avec des baisses respectives de 0,4 % et 0,3 %, d’autres places européennes résistent mieux. Le CAC 40 parisien et l’IBEX 35 madrilène enregistrent chacun une progression de 0,3 %, tandis que le principal indice milanais reste stable. L’EURO STOXX 50, qui regroupe les cinquante plus grandes capitalisations de la zone euro, évolue pour sa part en léger retrait, sans mouvement marqué.

Cette disparité reflète un climat d’incertitude, les investisseurs attendant avec attention la publication du rapport sur l’emploi non agricole aux États-Unis, prévue cet après-midi. Ce chiffre clé pourrait peser sur la prochaine décision de la Réserve fédérale concernant les taux d’intérêt. Selon Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, « il existe désormais près de 40 % de probabilités d’un relèvement des taux d’ici la fin de l’année ». Elle souligne que les marchés financiers pourraient réagir avec une sensibilité accrue à ces données, « le premier rapport de ce type depuis la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Fed ».

L’immobilier britannique en repli, un signal inattendu

Outre-Atlantique, le Royaume-Uni envoie un signal préoccupant sur le front immobilier. Les dernières données de Halifax révèlent un recul inattendu des prix de l’immobilier résidentiel en mai. Sur un mois, les prix des logements ont baissé de 0,1 %, alors que les analystes tablaient sur une progression de 1 %. Sur un an, la hausse reste positive (+0,5 %), mais ce ralentissement pourrait inquiéter les observateurs, dans un contexte où le marché immobilier britannique avait jusqu’ici résisté à la dégradation économique.

Le pétrole sous pression, malgré un accord de cessez-le-feu en discussion

Les cours du pétrole se stabilisent ce matin après leur repli de jeudi, mais restent sous haute tension. Le Brent, référence internationale, s’échange à 94,73 dollars le baril à 10 heures (heure de Paris), en léger retrait, tandis que le WTI américain, lui, affiche une stabilité à 92,51 dollars. Ces niveaux restent élevés, comparés aux 70 dollars observés avant l’escalade du conflit à la fin février 2025.

La situation géopolitique au Moyen-Orient continue de peser sur les marchés énergétiques. Les négociateurs américains et iraniens ont finalisé un accord de principe pour prolonger leur cessez-le-feu, mais le texte n’a pas encore été ratifié. Parallèlement, l’Hezbollah, mouvement chiite libanais soutenu par l’Iran, a rejeté le dernier accord de cessez-le-feu proposé entre Beyrouth et Tel-Aviv. « Même si peu de signes de progrès apparaissent dans les discussions entre les États-Unis et l’Iran, le marché pétrolier continue de se négocier sur la base d’anticipations d’un accord imminent qui permettrait la reprise des flux via le détroit d’Ormuz », expliquent Warren Patterson et Ewa Manthey, stratégistes matières premières chez ING.

Wall Street se reprend, mais l’IA montre des signes d’essoufflement

Aux États-Unis, les marchés ont rebondi jeudi, portés par les valeurs bancaires et les petites capitalisations, jusqu’ici éclipsées par l’engouement autour de l’intelligence artificielle. Les banques ont mené la hausse, avec des gains de 5 % pour Goldman Sachs, 4,7 % pour Fifth Third Bancorp et 4,4 % pour U.S. Bancorp. Ces performances ont plus que compensé les pertes enregistrées par certaines valeurs technologiques liées à l’IA, dont les cours avaient flambé ces derniers mois.

Pourtant, des doutes persistent sur la durabilité de cette euphorie. Des analystes estiment que certaines valeurs liées à l’IA « ont peut-être grimpé trop vite et sont devenues trop chères ». Cette correction intervient après une série ininterrompue de neuf semaines de hausse pour le S&P 500, la plus longue depuis 2023. Jeudi, Broadcom, fabricant de puces, a chuté de 12,6 % après avoir publié des prévisions inférieures aux attentes, alimentant les craintes d’un ralentissement du secteur. Micron Technology (-7,7 %) et CrowdStrike Holdings (-3,8 %) ont également reculé.

Malgré ces tensions, le S&P 500 a finalement clôturé en légère hausse de 0,4 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average a progressé de 1,7 %, atteignant un nouveau record. Seul l’indice technologique Nasdaq Composite a cédé 0,1 %.

L’Asie en net recul, la Corée du Sud en tête des baisses

En Asie, la tendance est clairement à la baisse. Les investisseurs ont massivement vendu les valeurs technologiques, notamment celles liées à l’IA. En Corée du Sud, le Kospi a chuté de 5,1 %, tombant à 8 199,44 points. Cette baisse intervient après une année de forte progression, durant laquelle l’indice avait presque doublé, porté par les gains des géants technologiques locaux. Parmi les valeurs les plus touchées, SK Hynix a plongé de 8,6 % et Samsung Electronics de 5,4 %.

Au Japon, le Nikkei 225 a reculé de 1,3 %, à 66 573,85 points, avec une baisse marquée des valeurs technologiques. Pourtant, les données officielles japonaises montrent une progression des salaires réels pour le quatrième mois consécutif. Tokyo Electron, fabricant d’équipements pour semi-conducteurs, a perdu 7 % de sa valeur. À Hong Kong, le Hang Seng a cédé 1,2 %, tandis que le Shanghai Composite chinois a reculé de 0,3 %. En Australie, le S&P/ASX 200 a baissé de 0,7 %, et à Taïwan, le Taiex a abandonné 1,3 %. Seul l’indice Sensex indien a résisté, avec une légère hausse de 0,1 %.

Le dollar et l’or sous pression

Sur le marché des changes, le dollar américain s’est légèrement affaibli face au yen, passant de 160,03 yens à 159,96 yens en début de matinée. L’euro, lui, s’échangeait à 1,1635 dollar, en hausse de 0,2 %. Les prix de l’or reculaient de 0,3 %, s’établissant autour de 4 490,70 dollars l’once.

Et maintenant ?

Les prochaines heures s’annoncent décisives, avec la publication du rapport sur l’emploi non agricole américain en fin de matinée. Ce chiffre pourrait influencer directement la politique monétaire de la Fed, alors que les marchés anticipent désormais près de 40 % de chances d’un relèvement des taux d’ici la fin 2026. Parallèlement, l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, notamment concernant le détroit d’Ormuz, reste un facteur clé pour les cours du pétrole et la stabilité des marchés. En Europe, la divergence des performances entre les indices pourrait s’accentuer si les incertitudes économiques persistent.

En Asie, la correction des valeurs technologiques pourrait s’étendre si les prévisions décevantes de Broadcom et d’autres acteurs du secteur se confirment. Pour les investisseurs, la prudence reste de mise, alors que les indicateurs macroéconomiques et géopolitiques continuent de peser sur les anticipations.

Les investisseurs asiatiques vendent massivement les valeurs technologiques, notamment celles liées à l’intelligence artificielle, après des mois de forte progression. Cette correction s’explique par des prises de bénéfices, mais aussi par des craintes de surévaluation du secteur, amplifiées par les prévisions décevantes de Broadcom et d’autres acteurs clés.

Le rapport sur l’emploi non agricole, publié cet après-midi, est un indicateur clé pour la Réserve fédérale. Si les chiffres sont solides, cela pourrait renforcer les anticipations d’un relèvement des taux d’ici la fin de l’année. À l’inverse, un ralentissement de l’emploi pourrait inciter la Fed à adopter une posture plus accommodante, ce qui soutiendrait les marchés actions.