La Mauritanie a formulé, jeudi 21 mai 2026, une « vive protestation » et un « refus catégorique » à l’encontre des incidents survenus aux abords de son ambassade à Bamako, au Mali. Cette réaction s’inscrit dans le cadre d’une convocation de l’ambassadeur malien en Mauritanie au ministère mauritanien des Affaires étrangères, en fin de soirée.

Selon RFI, ces événements sont liés à une manifestation organisée jeudi même devant l’ambassade de Mauritanie à Bamako. Au cours de celle-ci, une organisation soutenant les autorités de transition maliennes a, ouvertement, appelé à la violence contre les ressortissants mauritaniens installés au Mali.

Ce qu'il faut retenir

  • Manifestation organisée jeudi 21 mai 2026 devant l’ambassade de Mauritanie à Bamako.
  • Une organisation pro-autorités de transition maliennes a appelé publiquement à la violence contre les Mauritaniens au Mali.
  • La Mauritanie a convoqué l’ambassadeur du Mali en Mauritanie pour protester officiellement.
  • Le ministère mauritanien des Affaires étrangères a exprimé un « refus catégorique » de ces actes.
  • La tension entre les deux pays s’aggrave dans un contexte régional déjà tendu.

Une protestation officielle de la Mauritanie

La réaction mauritanienne a été immédiate et ferme. Jeudi soir, l’ambassadeur du Mali en Mauritanie a été convoqué au ministère des Affaires étrangères à Nouakchott. Lors de cet entretien, les autorités mauritaniennes ont exprimé leur « indignation » face aux événements survenus à Bamako, selon les termes rapportés par RFI.

Le ministère a souligné que ces actes étaient inacceptables et contraires aux relations diplomatiques entre les deux pays. Il a rappelé que toute incitation à la violence était de nature à compromettre la stabilité régionale, déjà fragile.

Des appels à la violence dénoncés

La manifestation devant l’ambassade de Mauritanie à Bamako a été organisée par une structure proche des autorités de transition maliennes. Les images et témoignages rapportés par RFI montrent que des slogans appelant à des représailles contre les Mauritaniens vivant au Mali ont été scandés.

Ces propos ont été qualifiés de « graves » par les autorités mauritaniennes, qui y voient une escalade dangereuse dans un contexte où les tensions intercommunautaires sont déjà sensibles.

Un contexte régional sous haute tension

Les relations entre le Mali et la Mauritanie sont tendues depuis plusieurs mois, notamment en raison de crises sécuritaires et politiques dans la région du Sahel. Les deux pays partagent une frontière longue de près de 2 200 kilomètres, régulièrement affectée par des mouvements de populations et des tensions communautaires.

Les autorités mauritaniennes ont rappelé l’importance du respect des conventions internationales et de la protection des ressortissants étrangers sur leur sol. « La sécurité de nos citoyens au Mali est une priorité », a affirmé un haut responsable mauritanien sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient voir une intensification des consultations diplomatiques entre Bamako et Nouakchott. Une réunion d’urgence du Comité de suivi de la stabilité au Sahel, prévue la semaine prochaine à Niamey, pourrait aborder cette crise. Les autorités mauritaniennes devraient également évaluer la protection de leurs ressortissants au Mali et renforcer les mesures de sécurité à leurs frontières.

Reste à savoir si cette crise trouvera une issue rapide ou si elle s’inscrira dans une logique d’escalade, alors que les tensions régionales persistent.

En attendant, la communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, craignant qu’un incident isolé ne dégénère en un conflit ouvert entre les deux États.

Pour l’heure, aucune mesure concrète n’a été annoncée. Cependant, les autorités mauritaniennes pourraient recourir à des sanctions diplomatiques ou économiques si la situation ne se calme pas rapidement. Une réduction des échanges commerciaux ou un rappel temporaire de son ambassadeur à Bamako sont des options évoquées en coulisses.