Un simple appel, quelques secondes de voix et l’IA fait le reste. Selon Journal du Geek, des escrocs usurpent désormais l’identité de leurs victimes en quelques secondes seulement, grâce à des outils d’intelligence artificielle capables de reproduire une voix à l’identique. La technique repose sur un appel non sollicité : la victime décroche, entend une respiration ou un silence, puis raccroche sans échanger un mot. Pourtant, ces quelques secondes suffisent pour que l’escroc enregistre la voix de la personne et l’utilise ensuite pour contacter ses proches en imitant parfaitement son timbre et ses intonations.
Ce qu'il faut retenir
- Un appel de quelques secondes, sans échange, permet à des escrocs d’enregistrer la voix d’une personne pour usurper son identité
- L’IA reproduit fidèlement le timbre et les intonations, rendant l’imitation difficile à détecter
- Les proches, croyant parler à la victime, peuvent être manipulés pour divulguer des informations sensibles ou effectuer des virements
- Les autorités appellent à la prudence et recommandent de ne pas décrocher des numéros inconnus ou de raccrocher immédiatement
- Cette technique s’ajoute aux arnaques classiques, mais exploite désormais des outils technologiques avancés
Une technique d’escroquerie en pleine expansion
Comme le rapporte Journal du Geek, cette méthode s’inscrit dans une tendance croissante des arnaques téléphoniques exploitant l’intelligence artificielle. Les escrocs ciblent d’abord des profils vulnérables, comme les personnes âgées ou celles dont les proches sont facilement joignables. Une fois la voix enregistrée, l’escroc contacte la famille ou les amis de la victime en prétendant être cette dernière. Le ton, les expressions et même les silences sont reproduits à l’identique, ce qui rend la supercherie difficile à déceler pour les interlocuteurs.
D’après les retours d’experts en cybersécurité, cette pratique a connu une hausse de **30 %** depuis le début de l’année 2026, notamment dans les pays francophones. Les signalements auprès des plateformes spécialisées comme Signal Spam ou Phishing-Initiative ont fortement augmenté, reflétant l’ampleur du phénomène. Les escrocs ne se contentent plus de simples appels automatisés : ils personnalisent chaque interaction en fonction des informations recueillies sur les réseaux sociaux ou via des fuites de données.
Comment fonctionne l’usurpation vocale par IA ?
La technique repose sur des logiciels capables d’analyser et de reproduire une voix à partir d’un enregistrement de quelques secondes. «
Il suffit que la victime prononce une phrase, même courte, pour que l’IA puisse générer un modèle vocal exploitable», explique un porte-parole de Cybermalveillance.gouv.fr. Les escrocs utilisent ensuite des outils comme ElevenLabs ou Resemble AI, des plateformes accessibles en ligne et parfois gratuites pour les versions basiques.
Une fois le modèle vocal créé, l’escroc peut générer des messages vocaux personnalisés. Par exemple, il peut appeler un proche de la victime en imitant sa voix pour lui demander de l’argent en urgence, prétextant une situation de détresse. «
Les familles sont souvent prises au dépourvu, car la voix est indiscernable de celle de leur proche», précise Journal du Geek. Les montants réclamés varient généralement entre **500 et 5 000 euros**, transférés via des moyens difficilement traçables comme les cryptomonnaies ou les cartes cadeaux.
Quelles sont les mesures de prévention recommandées ?
Face à cette menace, les autorités et les experts en cybersécurité multiplient les conseils pour sensibiliser le public. En premier lieu, il est recommandé de ne jamais décrocher des numéros inconnus ou suspects. Si l’appel provient d’un pays étranger ou d’un numéro masqué, le réflexe doit être de ne pas répondre. «
Le moindre échange vocal, même un simple « allô », peut suffire à alimenter une base de données pour l’IA», souligne un responsable de la Police nationale.
D’autres mesures incluent la vérification systématique de l’identité de l’appelant en contactant directement la personne concernée par un autre moyen (SMS, appel à un numéro connu). Les plateformes bancaires rappellent également aux clients de ne jamais communiquer leurs identifiants ou codes de sécurité par téléphone, même si l’appel semble provenir d’une institution légitime. Enfin, il est conseillé de signaler tout appel suspect via les plateformes dédiées comme 33700 pour les SMS et Signal Spam pour les appels.
Cette technique, bien que récente, s’inscrit dans une logique d’innovation malveillante où les outils technologiques servent de nouvelles armes aux escrocs. Pour l’heure, la prudence et l’information restent les meilleures défenses.
Les signes les plus courants incluent un appel provenant d’un numéro inconnu ou masqué, une voix semblant légèrement déformée ou avec des artefacts sonores, et une demande urgente d’argent ou d’informations sensibles. Il est conseillé de raccrocher immédiatement et de vérifier l’identité de l’appelant par un autre canal.