Le distributeur Casino perd un partenaire historique dans son réseau Franprix. Selon Le Figaro, Moez-Alexandre Zouari, associé majeur du groupe stéphanois, a cédé 90 magasins Franprix qu’il exploitait, ainsi que sa participation de 27 % dans leur coentreprise Pro Distribution. Cette décision marque une rupture partielle dans une collaboration de plus de vingt-cinq ans entre les deux parties.
Ce qu'il faut retenir
- Moez-Alexandre Zouari cède 90 magasins Franprix et 27 % de Pro Distribution, une coentreprise historique avec Casino.
- Une nouvelle structure est créée, détenue à 60 % par le family office Zouari et 40 % par Franprix.
- Cette opération intervient alors que Casino reste fragilisé par une dette jugée « insupportable ».
- Zouari, qui avait tenté en vain de prendre le contrôle de Casino, recentre désormais ses activités sur d’autres enseignes comme Picard et Stokomani.
Un partenariat qui arrive à échéance et se réorganise
Le contrat de partenariat entre les deux parties, initialement prévu jusqu’en 2027, a été révisé en profondeur. D’après Le Figaro, les négociations ont abouti à une restructuration majeure, avec la création d’une nouvelle entité juridique. Celle-ci, détenue majoritairement par le family office des Zouari, reste minoritairement associée à Franprix pour 40 % du capital. L’opération illustre une volonté de désengagement progressif de Moez-Alexandre Zouari, qui conserve toutefois une influence sur une partie du réseau.
Cette prise de distance intervient alors que Casino traverse une période critique. Le groupe, endetté à hauteur de plusieurs milliards d’euros, peine à stabiliser sa situation financière. La cession de ces actifs permet à Casino de réduire son exposition tout en obtenant une trésorerie immédiate, sans pour autant perdre l’intégralité de son réseau de proximité.
Un entrepreneur aux ambitions multiples
Moez-Alexandre Zouari, figure emblématique de la distribution française, a longtemps été perçu comme un prétendant sérieux pour reprendre Casino. Il avait tenté en 2023 de monter au capital du groupe, notamment pour s’emparer de Franprix, une enseigne qu’il exploitait déjà en grande partie. Cette stratégie a finalement échoué, le laissant en position de force pour négocier une sortie partielle.
Avec cette opération, l’entrepreneur recentre ses activités sur d’autres enseignes sous son contrôle, comme Picard (spécialisée dans les produits surgelés) et Stokomani (prêt-à-porter discount). Ces marques, qui bénéficient d’une croissance régulière, lui offrent une stabilité financière que Casino ne peut plus garantir aujourd’hui. Autant dire que cette cession s’inscrit dans une logique de recentrage stratégique.
Quelles conséquences pour le réseau Franprix ?
Pour Franprix, cette transaction modifie la gouvernance du réseau tout en maintenant une forme de continuité. Les 90 magasins concernés par la cession restent opérationnels, mais leur gestion est désormais partagée entre le family office Zouari et la direction de Franprix. La nouvelle structure, bien que réduite en taille, permettra une gestion plus flexible du parc de magasins.
Reste à savoir si cette réorganisation aura un impact sur les salariés ou les clients. Selon Le Figaro, aucune suppression d’emplois n’est envisagée à court terme, mais l’évolution du modèle économique pourrait entraîner des ajustements futurs. Le réseau Franprix, historiquement ancré dans les quartiers urbains, reste un pilier de la distribution alimentaire en France, avec plus de 1 200 points de vente dans l’Hexagone.
« Cette restructuration marque une étape importante dans notre relation avec Casino. Nous réorganisons notre engagement pour mieux nous concentrer sur nos activités phares », a déclaré un porte-parole du family office Zouari.
Cette affaire rappelle aussi les tensions récurrentes entre grands distributeurs et franchisés. Récemment, Carrefour a remporté une victoire judiciaire face à ses franchisés, illustrant les rapports de force parfois tendus dans le secteur. Dans ce contexte, la capacité de Casino à maintenir sa cohésion après ces restructurations restera un enjeu majeur.
L’entrepreneur a recentré ses activités sur ses enseignes phares (Picard, Stokomani) et jugé que Casino, fragilisé par sa dette, ne représentait plus une opportunité stratégique. La cession lui permet également de récupérer des liquidités sans perdre totalement son influence sur une partie du réseau Franprix.