Le climat des affaires en France reste « maussade » au mois de mai 2026, selon les dernières données publiées ce vendredi 22 mai par l’Insee. L’indicateur synthétique, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs marchands, affiche une stabilité à 94, toujours en dessous de sa moyenne de longue période fixée à 100. Dans le même temps, le climat de l’emploi enregistre un recul à 92, un niveau inédit depuis le pic de la crise sanitaire liée au Covid-19. Ces chiffres confirment une tendance inquiétante pour l’économie française, comme le rapporte Capital.
Ce qu'il faut retenir
- L’indicateur synthétique du climat des affaires reste stable à 94 en mai 2026, soit bien en deçà de la moyenne de 100.
- Le climat de l’emploi chute à 92, son niveau le plus bas depuis la crise du Covid-19.
- Le commerce de détail et l’automobile subissent un effondrement de cinq points, à 89.
- L’hébergement-restauration est le secteur le plus touché, avec un climat qui « s’effondre », selon l’Insee.
- L’industrie fait figure d’exception avec un indicateur à 102, dépassant même sa moyenne de longue période.
Ce tableau contrasté reflète des dynamiques sectorielles très disparates. D’un côté, l’industrie confirme sa résilience : son indicateur gagne deux points à 102, dépassant pour la première fois sa moyenne de longue période. Cette amélioration s’explique principalement par des avis positifs sur la production récente et les perspectives à court terme. Le bâtiment suit une tendance similaire, avec une hausse d’un point à 97, tandis que les entrepreneurs du secteur se montrent plus optimistes quant à leur activité passée et future.
De l’autre, les services continuent de se dégrader, avec un indicateur en recul d’un point à 93, un niveau inédit depuis mars 2015 hors période de crise sanitaire. Cette tendance est tirée vers le bas par une nouvelle dégradation des prévisions dans les services hors intérim. Les entreprises anticipent une hausse des prix dans tous les secteurs, à l’exception des services, tandis que les perspectives générales d’activité se détériorent dans la plupart des branches. Le commerce de détail et le commerce automobile enregistrent les plus fortes baisses : leur indicateur perd cinq points en un mois, s’établissant à 89, loin de la moyenne de 100.
Le secteur de l’hébergement et de la restauration est particulièrement touché. Son indicateur « s’effondre », selon les termes de l’Insee, sans que le détail des chiffres ne soit précisé. Cette situation s’inscrit dans un contexte déjà difficile pour ce secteur, marqué par des coûts élevés et une demande encore fragile. Le commerce de gros, publié tous les deux mois, affiche en revanche une légère amélioration, avec un indicateur en hausse d’un point à 96, portée par un rebond des avis sur les ventes récentes.
Ces résultats s’ajoutent à ceux publiés jeudi 21 mai par S&P Global. L’indice PMI Flash pour la France révèle un ralentissement marqué de l’activité en mai, le plus important depuis cinq ans et demi. Ce coup de frein confirme la tendance observée depuis le début de l’année, avec une économie française en perte de vitesse. Les entreprises restent prudentes dans leurs investissements et leurs embauches, malgré quelques signaux positifs dans l’industrie et le bâtiment.
Un moral des dirigeants toujours aussi fragile
Le moral des chefs d’entreprise reste donc sous pression, avec un indicateur global qui peine à décoller. Les intentions de commandes reculent à nouveau, ce qui pèse sur les perspectives à moyen terme. Seuls l’industrie et le bâtiment échappent à cette morosité, grâce à une demande soutenue et des carnets de commandes bien remplis. Pour les autres secteurs, la situation reste tendue, notamment dans les services et le commerce, où les marges sont sous tension et les perspectives d’embauche revues à la baisse.
Cette dégradation du climat des affaires intervient dans un contexte économique international incertain. Les tensions commerciales et les incertitudes géopolitiques pèsent sur les décisions des dirigeants. En France, la consommation reste atone, et les ménages adoptent une attitude prudente face à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt. L’emploi, déjà fragilisé, pourrait encore se dégrader dans les prochains mois, si la tendance actuelle se poursuit.
Quels secteurs tirent leur épingle du jeu ?
Malgré ce tableau globalement sombre, quelques secteurs résistent mieux que d’autres. L’industrie affiche une performance remarquable, avec un indicateur à 102, supérieur à sa moyenne de longue période. Cette dynamique s’explique par une production soutenue et des carnets de commandes bien remplis, notamment dans les branches liées à la transition énergétique et aux technologies vertes. Le bâtiment suit une courbe similaire, avec une amélioration de l’indicateur à 97, portée par une demande soutenue dans le résidentiel et les travaux publics.
À l’inverse, les services et le commerce de détail peinent à retrouver des couleurs. Les prévisions de ventes et d’activité restent en retrait, et les entreprises anticipent une hausse des coûts, notamment en matière de salaires et d’énergie. Le secteur de l’hébergement-restauration, déjà fragilisé par la crise sanitaire, est le plus exposé. Les professionnels du secteur pointent du doigt la hausse des coûts et la baisse du pouvoir d’achat des ménages, qui pèsent sur la fréquentation des établissements.
Dans ce contexte, les entreprises devront faire preuve d’une grande prudence dans leurs investissements et leurs embauches. Les pouvoirs publics, de leur côté, pourraient être amenés à renforcer les dispositifs de soutien aux secteurs les plus fragiles, notamment le commerce et la restauration. La période estivale sera un test clé pour l’hébergement-tourisme, qui mise sur une reprise de la fréquentation pour redresser son activité.
Reste à voir si ces signaux faibles annoncent un rebond ou, au contraire, une aggravation de la situation économique. Une chose est sûre : le moral des entreprises ne s’améliorera pas sans un retour de la confiance des ménages et des investisseurs.
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Plusieurs facteurs expliquent cette morosité persistante : la dégradation des prévisions dans les services et le commerce, la hausse des coûts, la prudence des ménages et des investisseurs, ainsi que le contexte international incertain. Les secteurs comme l’hébergement-restauration et le commerce de détail sont particulièrement touchés, tandis que l’industrie et le bâtiment font figure d’exception.