Le groupe automobile Stellantis a présenté, ce vendredi 22 mai 2026, un ambitieux plan de relance s’élevant à 60 milliards d’euros lors d’un entretien accordé à BFM Business. Carlos Tavares, président du directoire du constructeur, a détaillé les grandes lignes de cette stratégie devant les caméras de la chaîne d’information économique, comme le rapporte BFM Business.
Ce plan s’articule autour de plusieurs axes majeurs, visant à renforcer la compétitivité du groupe sur le marché mondial tout en accélérant sa transition vers une mobilité plus durable. Les investissements prévus couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, de la R&D à la production, en passant par le développement de nouvelles technologies automobiles. L’objectif affiché par Stellantis est clair : sécuriser son leadership en Europe et en Amérique du Nord, tout en consolidant sa présence sur le marché chinois, où le groupe mise sur des partenariats stratégiques renforcés.
Ce qu'il faut retenir
- Un plan d’investissement global de 60 milliards d’euros, annoncé par Carlos Tavares, président du directoire de Stellantis, ce 22 mai 2026.
- Une volonté de renforcer la compétitivité industrielle du groupe face à la concurrence asiatique et américaine.
- Un accent mis sur l’innovation et la transition énergétique, avec des investissements dédiés aux véhicules électriques et aux technologies de mobilité durable.
- Le maintien et le développement des partenariats en Chine, marché clé pour Stellantis.
- Une réduction des capacités de production en Europe, ajustée en fonction de la demande et des objectifs de rentabilité.
Un plan ambitieux pour répondre aux défis du secteur automobile
Le secteur automobile traverse une période de mutations profondes, marquée par la montée en puissance des véhicules électriques, la volatilité des coûts des matières premières et une concurrence accrue, notamment en provenance d’Asie. Stellantis, né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler en 2021, doit désormais faire face à ces enjeux tout en maintenant sa position de leader. Le plan de 60 milliards d’euros s’inscrit dans cette logique, avec une répartition des fonds sur plusieurs années.
Selon les informations révélées par Carlos Tavares, une partie significative de ces investissements sera consacrée à la modernisation des usines européennes, où le groupe prévoit de réduire ses capacités de production pour les adapter à la baisse de la demande en véhicules thermiques. «
Nous devons être réalistes : le marché européen évolue, et notre outil industriel doit suivre cette transformation,» a-t-il déclaré lors de l’entretien. Ces ajustements s’accompagneront d’un volet social important, avec des mesures d’accompagnement pour les salariés concernés par ces changements.
La Chine, un marché stratégique à renforcer
Stellantis mise également sur le marché chinois, où le groupe a annoncé son intention de renforcer ses alliances locales. Le constructeur, qui produit déjà plusieurs modèles en Chine via des coentreprises, entend étendre ces partenariats pour bénéficier de l’expertise locale et répondre aux attentes des consommateurs asiatiques. «
La Chine reste un marché incontournable, et nos alliances nous permettent d’y être compétitifs tout en maîtrisant nos coûts,» a précisé Carlos Tavares.
Ces partenariats ne se limitent pas à la production : Stellantis collabore aussi avec des acteurs chinois sur le développement de batteries et de technologies de conduite autonome. Une stratégie risquée, mais nécessaire pour ne pas perdre de parts de marché face à des concurrents comme BYD ou Tesla, qui dominent déjà le segment des véhicules électriques en Asie.
Vers une scission possible du groupe ?
Autre sujet abordé lors de l’entretien : la possibilité d’une scission du groupe Stellantis. Plusieurs rumeurs circulent depuis plusieurs mois sur une éventuelle séparation entre les activités européennes et américaines, afin de mieux cibler les marchés régionaux. Carlos Tavares a nuancé cette hypothèse, soulignant que «
toutes les options sont étudiées, mais aucune décision n’a encore été prise,» tout en reconnaissant que la structure actuelle du groupe pourrait évoluer pour gagner en agilité.
Cette question s’inscrit dans un contexte plus large de restructuration du secteur automobile, où les grands groupes cherchent à se recentrer sur leurs activités les plus rentables. Stellantis, qui emploie près de 300 000 personnes dans le monde, devra donc trouver un équilibre entre les impératifs industriels et les attentes des actionnaires.
Ce plan de 60 milliards d’euros s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation du secteur automobile, où la transition énergétique et la compétitivité industrielle sont devenues des priorités absolues. Pour Stellantis, l’enjeu sera de concilier innovation, rentabilité et adaptation aux nouvelles attentes des consommateurs, sous peine de voir sa position de leader s’éroder face à une concurrence toujours plus agressive.