Avec un encours dépassant les 150,4 milliards d’euros et 12,9 millions de titulaires fin 2025, le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’impose comme le produit d’épargne long terme le plus dynamique en France, selon les chiffres publiés par Bercy le 17 mai 2026. Sa popularité s’explique notamment par son avantage fiscal immédiat : chaque euro versé sur un PER peut être déduit du revenu imposable, dans la limite de 37 680 euros en 2026 pour les salariés, soit huit fois 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).

Ce qu'il faut retenir

  • 150,4 milliards d’euros d’encours et 12,9 millions de titulaires fin 2025, selon Bercy.
  • Chaque versement sur un PER est déductible des revenus imposables jusqu’à 37 680 euros en 2026.
  • L’avantage fiscal dépend de la tranche marginale d’imposition (TMI) : plus elle est élevée, plus le gain est important.
  • Le PER n’est pas une niche fiscale au sens strict, car l’imposition est simplement reportée à la sortie.
  • L’horizon de placement doit être long (15 à 30 ans), car les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite.

Un mécanisme fiscal avantageux, mais pas un cadeau

Contrairement à une idée reçue, le PER n’est pas une niche fiscale au sens strict du terme. Comme le rappelle Benjamin Pedrini, co-fondateur et directeur général d’Epsor, société spécialisée dans l’épargne salariale et retraite, « ce que Bercy vous laisse aujourd’hui sera repris demain, au moment de la sortie ». L’avantage réside donc dans un report d’imposition, et non dans une réduction définitive de l’impôt.

Ce report permet cependant de générer un gain fiscal réel, à condition que la tranche marginale d’imposition (TMI) soit plus élevée pendant la vie active qu’à la retraite. Par exemple, un contribuable à 41 % de TMI qui verse 10 000 euros sur son PER économise immédiatement 4 100 euros d’impôt. Si sa TMI tombe à 30 % à la retraite, il ne paiera que 3 000 euros d’impôt sur ce même versement, soit un gain net de 1 100 euros.

Un effet de levier à long terme

L’intérêt du PER ne se limite pas à l’économie d’impôt immédiate. Comme l’explique Benjamin Pedrini, « bien investis, ces 4 100 euros d’économie d’impôt peuvent fructifier de manière significative ». Prenons l’exemple d’un placement générant un rendement annuel moyen de 20 % : les 10 000 euros versés sur le PER pourraient atteindre 12 000 euros à la retraite, contre 5 900 euros si les impôts avaient été payés immédiatement. « On fait fructifier une somme qui aurait dû être donnée aux impôts », résume l’expert.

Cet effet de levier est d’autant plus marqué que l’horizon de placement est long. Les spécialistes estiment qu’un placement sur 20 ou 30 ans permet de maximiser les gains, à condition de choisir des supports adaptés à son profil de risque.

Pour qui le PER est-il vraiment intéressant ?

Le PER est particulièrement avantageux pour les contribuables dont la TMI est élevée pendant leur vie active. « Dès qu’on est dans la tranche à 30 %, cela commence à avoir du sens », souligne Benjamin Pedrini. En revanche, pour les ménages dont la TMI est faible (11 %), l’avantage fiscal se réduit considérablement : une économie de 110 euros par tranche de 1 000 euros versés, et un gain quasi nul si la TMI reste la même à la retraite.

Dans ce cas, d’autres solutions d’épargne, comme l’assurance-vie ou le Plan d’Épargne en Actions (PEA), peuvent s’avérer plus adaptées. Ces produits offrent une fiscalité avantageuse et une liquidité immédiate, contrairement au PER dont les fonds sont bloqués jusqu’à la liquidation des droits, sauf exceptions (achat de la résidence principale, accident de la vie, etc.).

Un outil de préparation à la retraite, pas seulement fiscal

Le PER doit avant tout être considéré comme un outil de préparation à la retraite, et non comme un simple dispositif de défiscalisation. Comme le rappelle Benjamin Pedrini, « le gain fiscal ne doit jamais être la seule motivation à un placement ». L’épargnant doit avoir une vision long terme et accepter de bloquer ses fonds pendant de nombreuses années.

Autre point important : le PER ne doit pas être utilisé comme un produit de placement unique. Il peut compléter une stratégie d’épargne diversifiée, incluant assurance-vie, immobilier ou autres supports, selon les objectifs et le profil de risque de chacun.

Et maintenant ?

Le succès du PER auprès des Français devrait se poursuivre en 2026, avec une progression attendue de l’encours et du nombre de titulaires. Les prochaines évolutions législatives pourraient encore renforcer son attractivité, notamment en assouplissant les conditions de déblocage anticipé ou en améliorant sa fiscalité de sortie. En attendant, les épargnants doivent étudier attentivement leur situation fiscale et patrimoniale avant de souscrire un PER, afin de maximiser les avantages tout en limitant les risques.

Les spécialistes s’attendent à ce que les pouvoirs publics maintiennent le PER comme un pilier de la préparation à la retraite, tout en surveillant son utilisation pour éviter les abus. Une réforme des règles de sortie, notamment pour les versements volontaires, pourrait également être envisagée dans les mois à venir.

Les alternatives au PER : assurance-vie et PEA en première ligne

Pour les contribuables dont la TMI est faible ou dont l’horizon de placement est inférieur à 15 ans, d’autres solutions d’épargne peuvent être plus adaptées que le PER. L’assurance-vie, par exemple, offre une fiscalité avantageuse après huit ans de détention et une liquidité immédiate, sans blocage des fonds. Le PEA, quant à lui, permet d’investir en actions avec une fiscalité allégée après cinq ans, tout en offrant une grande flexibilité.

Comme le souligne Benjamin Pedrini, « il est essentiel de comparer les différentes options en fonction de sa situation personnelle ». Un conseiller en gestion de patrimoine peut aider à arbitrer entre ces différents dispositifs, en fonction des objectifs d’épargne, du niveau de risque et des besoins en liquidité.

Le PER est ouvert à tous les contribuables, qu’ils soient salariés, indépendants ou retraités. Cependant, son avantage fiscal est plus marqué pour les ménages dont la tranche marginale d’imposition (TMI) est élevée pendant leur vie active. Pour les contribuables à faible TMI, d’autres solutions comme l’assurance-vie ou le PEA peuvent être plus adaptées.

Le PER est un produit d’épargne bloqué jusqu’à la liquidation des droits à la retraite, sauf exceptions. Les cas de déblocage anticipé incluent l’achat ou la construction de la résidence principale, l’invalidité, le surendettement, ou la cessation d’activité non salariée après une liquidation judiciaire. Ces déblocages sont encadrés par la loi et soumis à conditions.