Le réalisateur sud-coréen Na Hong-jin, figure incontournable du cinéma de genre, fait cette année une entrée remarquée en compétition officielle au Festival de Cannes avec *Hope*, un film qui mêle action frénétique, science-fiction et humour décalé. Selon Franceinfo - Culture, l'œuvre a été projetée dimanche 17 mai 2026 devant un public médusé par son audace visuelle et narrative.
Ce qu'il faut retenir
- Na Hong-jin, réalisateur sud-coréen de The Chaser, The Murderer et The Strangers, est en compétition officielle à Cannes pour la première fois.
- Le film Hope est un mélange de 2h40 de courses-poursuites en voiture, à pied ou à cheval, sur des routes de campagne, dans la forêt, et dans une ville sens dessus dessous.
- L’intrigue commence par la découverte d’un bœuf éventré sur une route, semblant avoir été attaqué par une créature mystérieuse.
- L’esthétique du film repose sur une débauche de mouvements de caméra et une lumière travaillées, mêlant horreur et spectacle.
- Avec des dialogues loufoques et des répliques absurdes, Na Hong-jin instaure une tonalité décalée qui joue avec les codes du thriller.
- Le casting est mené par Jung-Min Hwang, In-sung Zo et Jung Ho-Yeon.
Un réalisateur sud-coréen en quête de reconnaissance à Cannes
Na Hong-jin, cinéaste culte du thriller et de l’horreur, était attendu de longue date sur la Croisette. Depuis ses débuts, il a marqué le Festival de Cannes avec des œuvres systématiquement sélectionnées. Comme le rapporte Franceinfo - Culture, il y a présenté son premier long-métrage, The Chaser, en 2008 lors de la Séance de minuit, un thriller haletant qui a révélé son talent et placé le cinéma sud-coréen sous les projecteurs. Trois ans plus tard, The Murderer était retenu dans la sélection Un certain regard, avant que The Strangers, thriller horrifique, ne soit projeté hors compétition en 2016. Cette année, c’est donc en compétition officielle que le réalisateur sud-coréen revient, avec Hope, un film aux multiples genres qui confirme son statut de maître du suspense et de la mise en scène.
Une intrigue mystérieuse et sanglante aux abords d’un port
Dans une petite ville portuaire fictive, la découverte macabre d’un bœuf éventré sur une route de campagne déclenche une enquête. Les marques de griffes laissées sur la carcasse évoquent une attaque de prédateur, mais les chasseurs locaux suggèrent la présence d’un tigre venu du Nord, une hypothèse difficile à croire compte tenu des champs de mines et des barbelés. Rapidement, les habitants réalisent que la menace dépasse l’entendement. Ce qui commence comme une traque animale se transforme en une course effrénée contre une entité bien plus redoutable. Hope alterne ainsi entre suspense, horreur et action pure, dans une escalade de violence qui culmine avec un dénouement à la hauteur de l’ampleur du chaos.
Une mise en scène spectaculaire et une esthétique déroutante
Na Hong-jin pousse l’exercice à son paroxysme avec une réalisation virtuose, signant des 2h40 de séquences d’action ininterrompues. Courses-poursuites en voiture, à pied, à cheval, poursuites à travers la forêt ou dans les ruelles d’une ville sens dessus dessous : le film joue avec les échelles et les vitesses, alternant entre plans en survol et travellings rasants. Les décors sont jonchés de cadavres démembrés, baignant dans une lumière à la fois clinquante et crue, créant une ambiance à mi-chemin entre le réalisme brutal et le cauchemar surréaliste. Le résultat est aussi esthétique que spectaculaire, avec une bande-son qui renforce l’immersion dans cette atmosphère oppressante.
Pourtant, le film ne se contente pas de miser sur l’intensité visuelle. Avec des dialogues absurdes, presque enfantins, et des répliques qui frôlent l’absurde — « Tu es trop fort, tu es acteur ? » ou « C’est terrible, ça ne peut pas être vrai ! » — Na Hong-jin instaure une connivence avec le public. Ces touches d’humour noir et ces échanges décalés, qui semblent tout droit sortis d’un jeu d’enfants, créent une distanciation volontaire, transformant le film en une farce extraterrestre où l’horreur le dispute à la comédie involontaire.
Un casting à la hauteur d’un spectacle chaotique
Le film repose également sur une distribution solide, avec Jung-Min Hwang, In-sung Zo et Jung Ho-Yeon en tête d’affiche. Le premier incarne un policier déterminé, entouré d’une bande de chasseurs armés jusqu’aux dents et d’une adjointe aussi douée au volant qu’au maniement des armes lourdes. Autour d’eux, le chaos règne : explosions, démembrements, et poursuites effrénées s’enchaînent sans répit. Les acteurs, malgré le rythme effréné, parviennent à donner corps à des personnages malgré tout crédibles, même dans ce décor de folie. Les interactions entre eux, mêlant panique, humour et résilience, ajoutent une dimension humaine à cette apocalypse.
Une science-fiction qui questionne sans tout expliquer
Si *Hope* est avant tout un film d’action, il s’inscrit dans le genre de la science-fiction par sa créature mystérieuse, dont la nature exacte reste floue. Les extraterrestres, s’ils en sont, semblent incarner une menace venue du Nord, une allégorie possible des tensions géopolitiques. Pourtant, le réalisateur ne cherche pas à fournir de réponses claires. Bref, l’intrigue se concentre davantage sur le spectacle et l’émotion que sur la logique narrative. Le film assume pleinement son côté débridé, où la violence côtoie l’absurde, et où la réflexion cède souvent la place à l’adrénaline pure. Certains spectateurs pourraient trouver le propos confus, voire décousu, mais cette liberté artistique fait aussi la singularité de l’œuvre.
En attendant, le Festival de Cannes 2026 poursuit son parcours, et *Hope* pourrait bien rester dans les mémoires comme l’une des propositions les plus surprenantes de cette édition.
Na Hong-jin s’inscrit dans la lignée des réalisateurs sud-coréens qui ont marqué le genre, aux côtés de figures comme Park Chan-wook ou Bong Joon-ho. Comme ses prédécesseurs, il mêle violence stylisée, humour noir et critique sociale, tout en explorant des formats narratifs audacieux. Son approche, à la fois spectaculaire et décalée, en fait une voix originale du cinéma asiatique contemporain.