Selon BFM Bourse, l’analyste vedette de Wedbush Securities, Dan Ives, table sur une progression de 14 % de l’indice Nasdaq Composite d’ici la fin de l’année, portant l’indice à un niveau inédit de 30 000 points. Cette prévision s’appuie sur l’engouement persistant des investisseurs pour les valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA), malgré les mises en garde récentes sur une possible bulle spéculative.
Ce qu'il faut retenir
- Objectif de 30 000 points pour le Nasdaq Composite d’ici 2027, selon Dan Ives, analyste de Wedbush Securities.
- L’indice a déjà progressé de près de 13 % depuis le début de l’année, atteignant plus de 26 200 points le 8 mai 2026.
- 900 % de hausse pour les actions liées à l’IA entre 2021 et 2025, selon les données compilées par BFM Bourse.
- La demande en puces mémoire pour l’IA est qualifiée de super-cycle par Dan Ives, avec un ratio demande/offre de 10 pour 1.
- 59 % des investisseurs ne voient pas de bulle dans les actions IA, selon l’enquête mensuelle de Bank of America publiée en avril 2026.
Un Nasdaq en pleine effervescence porté par l’IA
Le Nasdaq Composite, indice phare des valeurs technologiques américaines, a battu des records ces derniers mois, dopé par l’essor de l’intelligence artificielle. Vendredi 8 mai 2026, il a franchi la barre des 26 200 points, marquant une progression de 13 % depuis janvier 2026. Cette dynamique s’explique par l’engouement des investisseurs pour des entreprises spécialisées dans la chaîne logistique de l’IA : éditeurs de logiciels, fabricants de semi-conducteurs ou encore producteurs de matériel informatique. Ces acteurs, souvent moins médiatisés que Nvidia, affichent des performances boursières stratosphériques.
Cette hausse s’inscrit dans un contexte où l’IA est devenue la thématique dominante des marchés financiers. Plusieurs actions liées à ce secteur ont enregistré des gains proches de 900 % entre 2021 et 2025, illustrant l’ampleur de la révolution technologique en cours. Pourtant, les craintes d’une bulle spéculative persistent, alimentées par les critiques de figures comme Michael Burry, rendu célèbre par son rôle dans la crise des *subprimes*.
Dan Ives balaye les craintes de bulle et mise sur un « super-cycle »
Dans une intervention à l’émission Squawk Box Europe sur CNBC, Dan Ives a réaffirmé sa confiance dans la pérennité de la croissance des valeurs technologiques liées à l’IA. Selon lui, « le Nasdaq atteindra les 30 000 points l’année prochaine », une prévision qui implique une progression supplémentaire de 14 % depuis les niveaux actuels. « Cette saison des résultats exceptionnels continue d’alimenter l’enthousiasme pour les valeurs liées à l’IA », a-t-il déclaré.
L’analyste de Wedbush a également qualifié la demande en puces mémoire de « super-cycle », un phénomène qui devrait se poursuivre pendant encore deux ans. « La demande et l’offre sont de 10 pour 1 pour les puces. Nous n’en sommes encore qu’aux prémices de la révolution de l’IA », a-t-il souligné. Il a pris pour exemple les résultats récents de SK Hynix, l’un des géants sud-coréens du secteur, dont les performances ont rassuré les investisseurs.
« Il s’agit de miser sur les hyperscalers — bien sûr les puces, mais il faut aussi miser sur les logiciels, la cybersécurité, les infrastructures [et] l’énergie. On ne peut pas se contenter de détenir un seul sous-secteur, il faut également détenir les titres dérivés. »
— Dan Ives, directeur général chez Wedbush Securities, interviewé par CNBC
Les détracteurs de l’IA persistent, mais l’optimisme domine
Les mises en garde contre une possible bulle ne manquent pas. Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise financière de 2008, a récemment comparé l’engouement actuel pour l’IA aux dernières phases de la bulle Internet des années 2000. Une comparaison que Dan Ives rejette catégoriquement, estimant que la vague de l’IA est bien plus profonde et durable.
Cette divergence d’opinions reflète les tensions qui traversent actuellement les marchés. Pourtant, les indicateurs semblent donner raison aux optimistes. Selon la dernière enquête mensuelle de Bank of America, publiée mi-avril 2026, 59 % des investisseurs institutionnels estiment que les actions liées à l’IA ne sont pas en territoire spéculatif. Un chiffre en nette progression par rapport aux mois précédents (50 % en mars et 45 % en février).
SK Hynix, l’un des acteurs clés de ce secteur, illustre cette dynamique. Le groupe, qui produit des puces de mémoire vive (DRAM) et des mémoires flash (NAND), détient une part de marché mondiale de 30 % dans la DRAM et de 20 % dans la NAND. Ses résultats récents ont été salués par les analystes, renforçant la confiance dans la viabilité économique des infrastructures d’IA.
Un marché globalisé, tiré par les hyperscalers
Dan Ives insiste sur la nécessité d’adopter une approche diversifiée pour profiter de la révolution de l’IA. Selon lui, les investisseurs ne peuvent se contenter de miser sur un seul sous-secteur, mais doivent couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur : puces, logiciels, cybersécurité, infrastructures énergétiques, et même les acteurs de l’énergie. « Les hyperscalers [ces géants du cloud comme Amazon, Microsoft ou Google] sont au cœur de cette transformation », a-t-il expliqué.
Cette vision globale explique en partie pourquoi les marchés asiatiques, notamment la Bourse de Séoul, ont également bénéficié de l’essor de l’IA. Samsung Electronics et SK Hynix, deux piliers de l’industrie sud-coréenne, figurent parmi les valeurs les plus dynamiques de la place. Leur performance reflète l’importance croissante de l’Asie dans la production de composants électroniques essentiels à l’IA.
Dans l’immédiat, la volatilité des marchés reste un risque à ne pas sous-estimer. Les analystes s’attendent à ce que les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques continuent de peser sur les valorisations, malgré l’optimisme affiché par certains acteurs du secteur. Reste à savoir si la croissance de l’IA parviendra à justifier, ou non, les valorisations actuelles.
L’intelligence artificielle est perçue comme une révolution technologique comparable à l’arrivée d’Internet dans les années 1990. Ses applications potentielles — de la santé à l’automobile, en passant par la finance — en font un secteur stratégique pour les années à venir. Les investisseurs anticipent une croissance exponentielle des revenus des entreprises liées à l’IA, ce qui justifie des valorisations élevées.
Les risques incluent une surévaluation des actions, une bulle des capex (dépenses d’investissement) non rentables, et une correction brutale si la croissance ne répond pas aux attentes. Les détracteurs comme Michael Burry soulignent que les valorisations actuelles rappellent celles de la bulle Internet, où de nombreuses entreprises n’ont jamais atteint la rentabilité.