Selon Libération, la gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale relance ce jeudi 11 juin 2026 une proposition de loi visant à nationaliser le sidérurgiste ArcelorMittal, un groupe en grandes difficultés financières. Portée initialement par La France Insoumise en novembre 2025, cette initiative marque une volonté politique de reprendre le contrôle d’un fleuron industriel français menacé par la crise.
Ce qu'il faut retenir
- Une proposition de loi déposée initialement par La France Insoumise en novembre 2025 pour nationaliser ArcelorMittal, déjà reprise par le groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée.
- Le texte intervient dans un contexte de difficultés financières majeures pour le sidérurgiste, justifiant selon ses défenseurs une intervention publique.
- L’entreprise, autrefois symbole de l’industrie française, traverse une période de restructurations et de pertes depuis plusieurs années.
Un texte porté par une alliance politique à l’Assemblée
La proposition de loi, initialement déposée par les députés de La France Insoumise (LFI) il y a sept mois, est désormais soutenue par le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale. Ce dernier, composé de plusieurs partis de gauche, dont le Parti communiste français et une partie des socialistes, y voit une opportunité de renforcer le contrôle public sur un secteur stratégique. Libération précise que le texte devrait être examiné en séance plénière dans les prochaines semaines, sous réserve de l’ordre du jour parlementaire.
Les signataires du texte estiment que la nationalisation d’ArcelorMittal permettrait de préserver les emplois industriels et de relancer une filière sidérurgique en déclin face à la concurrence internationale. « La survie d’ArcelorMittal en France dépend d’un engagement fort de l’État », a déclaré un député du groupe GDR, cité par Libération. « Sans nationalisation, des sites pourraient fermer, avec des conséquences dramatiques pour l’emploi et les territoires ».
ArcelorMittal : un géant industriel en crise
Le groupe sidérurgique, autrefois leader mondial de la production d’acier, traverse une période de turbulence financière. En 2025, ArcelorMittal a enregistré des pertes nettes de plusieurs centaines de millions d’euros, attribuées à la baisse des commandes dans le secteur automobile et du BTP, ainsi qu’à la hausse des coûts énergétiques. Selon les données disponibles, l’entreprise emploie encore environ 15 000 salariés en France, répartis sur plusieurs sites industriels, dont les usines de Florange (Moselle) et de Dunkerque (Nord).
Les difficultés d’ArcelorMittal ne sont pas nouvelles. Dès 2012, le groupe avait déjà bénéficié d’aides publiques pour éviter des fermetures de sites, avant d’être partiellement privatisé. Aujourd’hui, les élus de gauche jugent insuffisantes les mesures prises par l’État pour soutenir le secteur, estimant que seule une nationalisation permettrait une planification industrielle à long terme. « On ne peut pas laisser un acteur clé de notre souveraineté industrielle aux mains de marchés qui ne garantissent ni l’emploi ni l’innovation », a souligné un membre du groupe GDR.
Les enjeux d’une nationalisation : entre souveraineté et financement
La proposition de loi soulève plusieurs questions, notamment celle du coût pour l’État. Une nationalisation d’ArcelorMittal, dont la valorisation boursière s’élève à plusieurs milliards d’euros, nécessiterait des investissements publics importants. Les opposants au texte, majoritairement à droite et au centre, y voient une mesure coûteuse et peu efficace, préférant des solutions de partenariat public-privé ou des aides ciblées.
Par ailleurs, le gouvernement actuel n’a pas encore pris position sur le sujet. Interrogé en avril 2026, le ministre de l’Économie avait évoqué des « discussions en cours » avec ArcelorMittal, sans trancher sur la question d’une nationalisation. Libération indique que le débat pourrait s’intensifier avant l’examen du texte en commission, prévu pour la mi-juillet 2026. Certains observateurs soulignent que la réussite de ce projet dépendra largement du soutien d’autres groupes politiques, au-delà de la gauche démocrate et républicaine.
Quoi qu’il en soit, cette initiative relance le débat sur le rôle de l’État dans l’économie, alors que la France cherche à concilier transition écologique et compétitivité industrielle. Le sort d’ArcelorMittal pourrait ainsi devenir un symbole des choix économiques de demain.
La nationalisation est présentée comme une solution pour sauver des emplois et des sites industriels menacés par les difficultés financières d’ArcelorMittal. Ses défenseurs estiment que l’État doit reprendre le contrôle d’un secteur stratégique, notamment face à la concurrence internationale et à la baisse des commandes dans l’automobile et le BTP.
Une nationalisation coûterait plusieurs milliards d’euros à l’État, sans garantie de rentabilité future. Les opposants craignent également une gestion publique moins efficace que le privé, ainsi qu’un effet dissuasif sur les investisseurs étrangers dans d’autres secteurs industriels.