Le Conseil de Paris a tranché mercredi 20 mai : l'organisation des quatre prochains marathons et semi-marathons de la capitale sera confiée au groupe Cadence, une structure incluant notamment Havas, filiale du milliardaire Vincent Bolloré. Cette décision, adoptée à une courte majorité, relance les débats au sein de la gauche parisienne, certains élus dénonçant un conflit d'intérêts potentiel.
Ce qu'il faut retenir
- Groupe Cadence — qui regroupe Havas et d'autres entités — prendra en charge les éditions 2027 à 2030 des marathons et semi-marathons de Paris.
- L'ancien organisateur, le groupe Amaury, cède ainsi la place après plusieurs années de collaboration.
- La décision a été votée lors de la séance du Conseil de Paris, mercredi 20 mai 2026, selon Le Monde - Politique.
- Cette attribution suscite des tensions internes à gauche, certains y voyant une proximité problématique avec Vincent Bolloré.
- Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire d'Havas via son groupe Bolloré, est une figure controversée du paysage médiatique et économique français.
D'après Le Monde - Politique, le vote s'est joué à une courte majorité, reflétant les divisions persistantes au sein de la majorité municipale. Si certains élus de gauche, notamment écologistes et socialistes, saluent la qualité de l'offre technique de Cadence, d'autres n'hésitent pas à pointer du doigt les liens historiques entre Bolloré et les médias français. « La question n'est pas tant la qualité du projet que la transparence sur les conflits d'intérêts », a réagi une élue écologiste sous couvert d'anonymat.
Le groupe Cadence, bien que moins médiatisé que son prédécesseur, s'est imposé comme un acteur majeur dans l'événementiel sportif en France. Il gère déjà plusieurs compétitions d'envergure, dont certains trails et courses urbaines. Pour Paris, l'enjeu est de taille : les marathons et semi-marathons attirent chaque année des dizaines de milliers de participants et génèrent un impact économique estimé à plusieurs millions d'euros. « Organiser ces événements, c'est aussi valoriser l'image de la ville », a souligné un membre du cabinet municipal.
« On ne peut ignorer les questions éthiques soulevées par cette attribution. Vincent Bolloré contrôle indirectement une partie de la presse française, et confier un tel contrat à un groupe lié à son empire interroge. »
— Un élu socialiste du Conseil de Paris
Pour autant, les défenseurs de la décision rappellent que Cadence a présenté un dossier technique solide, avec des garanties financières et logistiques solides. « Le critère économique et opérationnel doit primer », a indiqué un membre de la majorité, précisant que le dossier avait été évalué selon des grilles d'analyse strictes. Reste que le débat dépasse le cadre technique : il touche à la gouvernance de la ville et à la gestion des partenariats public-privé.
Cette décision illustre une fois de plus les tensions entre pragmatisme économique et exigences éthiques dans la gestion des grandes villes. Entre ceux qui prônent une approche réaliste — « il faut bien choisir des partenaires solvables » — et ceux qui refusent toute compromission, la ligne de fracture reste vive. Pour l'instant, la majorité municipale semble déterminée à maintenir sa position. Reste à voir si les recours juridiques ou les pressions médiatiques parviendront à faire bouger les lignes.
Selon les informations communiquées par la Ville de Paris, le groupe Cadence a été sélectionné sur la base de critères techniques (logistique, sécurité, expérience), financiers (garanties économiques) et sociaux (emploi local, engagement environnemental). Les détails précis du dossier n'ont pas été rendus publics.