Depuis plusieurs années, les habitants du quartier des Messageries, à Courbevoie (Hauts-de-Seine), se trouvent confrontés à une situation aussi absurde que contraignante. Leur accès direct au centre-ville est coupé par la présence de la gare SNCF, les obligeant à emprunter un passage souterrain dont l’usage est désormais payant. Une mesure que dénoncent les riverains, qui jugent la situation incompréhensible, comme le rapporte Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- Les riverains du quartier des Messageries à Courbevoie doivent payer un ticket SNCF pour emprunter un passage souterrain les reliant au centre-ville.
- Ce passage est leur unique option piétonne depuis que la gare les isole du reste de la ville.
- Les habitants dénoncent une mesure qu’ils qualifient de « bêtise » et de discrimination à leur encontre.
- La SNCF justifie cette obligation par des règles commerciales liées à l’exploitation du passage.
Le quartier des Messageries, situé dans la partie ouest de Courbevoie, est physiquement séparé du centre-ville par les voies ferrées de la gare SNCF. Pour les résidents, ce découpage géographique ne posait pas de problème jusqu’à ce que la SNCF décide, il y a quelques mois, de rendre payant l’accès au passage souterrain qui relie les deux parties de la ville. Une décision qui a pris de court les riverains, habitués à utiliser ce trajet gratuitement depuis des années. « C’est une bêtise totale », a réagi un habitant sous couvert d’anonymat auprès d’Ouest France. « On nous demande de payer pour un trajet qui nous est imposé par la configuration des lieux. Autant dire que c’est une double peine. »
Concrètement, les habitants doivent désormais s’acquitter d’un ticket SNCF pour emprunter ce passage souterrain, même pour un trajet piéton de quelques minutes. Une obligation qui s’ajoute à la frustration de voir leur mobilité restreinte par l’infrastructure ferroviaire. « On n’a pas le choix, explique un riverain. Il n’y a pas d’autre passage piéton sécurisé pour traverser les voies. Alors oui, on paie, mais c’est absurde. » Selon les témoignages recueillis, le ticket coûte entre 1,10 € et 1,90 €, selon les tarifs en vigueur pour les trajets courts dans les transports en commun franciliens. Une somme que certains jugent démesurée pour un trajet qui ne dépasse pas cinq minutes.
« C’est une bêtise. On nous oblige à payer pour un passage qui nous est indispensable, alors que la SNCF en tire déjà profit grâce à la gare. »
— Un riverain de Courbevoie, cité par Ouest France
Du côté de la SNCF, la réponse est sans ambiguïté : l’obligation de payer s’inscrit dans le cadre des règles commerciales liées à l’exploitation du passage souterrain. « Ce passage est intégré à notre réseau et relève donc des mêmes obligations tarifaires que les autres infrastructures ferroviaires », a indiqué un porte-parole de l’entreprise à Ouest France. Interrogée sur la possibilité d’une exemption pour les riverains, la SNCF n’a pas donné suite à nos demandes. Pourtant, les habitants soulignent que ce passage est avant tout un outil de mobilité locale, et non un service de transport en commun classique. « On ne prend pas le métro, on traverse juste pour aller chercher du pain ou rejoindre l’arrêt de bus », résume un résident exaspéré.
Cette situation met en lumière les tensions récurrentes entre les gestionnaires d’infrastructures et les usagers, surtout dans les zones urbaines denses. À Courbevoie, la mairie n’a pour l’instant pas réagi officiellement, bien que plusieurs élus locaux aient été interpellés par les riverains. Contactée par Ouest France, la mairie n’a pas communiqué de position claire sur le sujet, se contentant de rappeler que « la question relève de la compétence de la SNCF ». Une réponse qui laisse les habitants dans l’expectative, d’autant que les élections municipales approchent. « On attend une réaction, mais pour l’instant, rien ne bouge », confie un habitant sous le couvert de l’anonymat.
Reste à voir si cette affaire trouvera une issue avant la fin de l’année. En attendant, les riverains continuent de payer, faute de solution alternative.
Selon la SNCF, le passage souterrain est intégré à son réseau et relève donc des règles commerciales appliquées aux infrastructures ferroviaires. L’entreprise considère que son utilisation doit être soumise à tarification, même pour un trajet piéton.