Le Comité libanais pour la sauvegarde de Tyr a appelé la communauté internationale à agir « sans délai » pour protéger la cité millénaire et son patrimoine archéologique, selon France 24. Ces sites historiques, situés dans le sud du Liban, sont actuellement ciblés par des bombardements massifs menés par l’armée israélienne. La présidente du comité, Maha Chalabi El-Khalil, a détaillé l’urgence de la situation et les risques encourus pour ce patrimoine classé à l’UNESCO.

Ce qu'il faut retenir

  • Tyr, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, et ses sites archéologiques sont directement menacés par les frappes israéliennes dans le sud du Liban.
  • Le Comité libanais pour la sauvegarde de Tyr, dirigé par Maha Chalabi El-Khalil, exige une intervention « sans délai » de la communauté internationale pour éviter la destruction du patrimoine.
  • Les bombardements massifs ciblent également d’autres sites historiques majeurs, comme la forteresse de Beaufort et le site de Chamaa.
  • Les frappes israéliennes s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues au Liban, où les infrastructures civiles et culturelles subissent des dommages collatéraux.

Un patrimoine millénaire sous le feu des combats

Tyr, joyau historique du Liban et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984, est aujourd’hui en première ligne des hostilités. La ville, fondée il y a plus de 3 000 ans, abrite des vestiges phéniciens, romains et byzantins d’une valeur inestimable. « Les bombardements menacent non seulement la vie des habitants, mais aussi la survie même de ce patrimoine », a déclaré Maha Chalabi El-Khalil à France 24. Selon elle, les frappes ont déjà endommagé des zones archéologiques sensibles, mettant en péril des siècles d’histoire.

Le sud du Liban, région frontalière avec Israël, est particulièrement exposé aux violences. Les sites de Chamaa et la forteresse de Beaufort — deux autres joyaux architecturaux — ne sont pas épargnés. La forteresse de Beaufort, perchée sur un promontoire rocheux, offre une vue stratégique et a souvent été un enjeu militaire. Son état actuel, déjà fragilisé par les précédents conflits, pourrait se dégrader davantage sous les bombardements.

Une urgence humanitaire et culturelle

Au-delà de la dimension historique, c’est aussi une crise humanitaire qui se profile. Les populations locales, déjà éprouvées par des années de tensions, voient leurs conditions de vie se dégrader. « On ne parle pas seulement de pierres anciennes, mais de l’identité d’un peuple », a souligné la présidente du comité. Les destructions risquent d’effacer des traces tangibles de l’histoire libanaise, déjà mises à mal par des décennies de guerre et de négligence.

Les appels à la protection du patrimoine ne sont pas nouveaux. En 2023, l’UNESCO avait déjà alerté sur les risques encourus par plusieurs sites au Moyen-Orient, dont ceux du Liban. Pourtant, les frappes actuelles aggravent une situation déjà critique. Selon les dernières estimations, plus de 20 % des zones archéologiques de Tyr pourraient avoir subi des dégâts depuis le début des hostilités.

Le rôle de la communauté internationale en question

Face à l’urgence, le Comité libanais pour la sauvegarde de Tyr mise sur une mobilisation internationale. « Nous attendons des gouvernements, des organisations comme l’UNESCO, et de tous ceux qui ont les moyens d’agir, qu’ils interviennent immédiatement », a insisté Maha Chalabi El-Khalil. L’objectif n’est pas seulement de préserver les sites, mais aussi d’empêcher une perte irréversible pour l’humanité.

Pour l’instant, les réponses restent limitées. Si des ONG et des experts en patrimoine ont proposé leur aide, les moyens concrets font défaut. La situation rappelle celle de la Syrie, où des années de guerre ont entraîné la destruction de sites historiques comme Palmyre. « Le Liban ne doit pas devenir le prochain exemple de ce que l’on n’a pas su protéger », a-t-elle martelé.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront décisives. Si les bombardements se poursuivent, les dégâts pourraient devenir irréparables d’ici la fin du mois, selon les experts. Une mission d’évaluation rapide de l’UNESCO est évoquée, mais aucune date n’a encore été fixée. En parallèle, des discussions diplomatiques sont en cours pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu local, au moins le temps de sécuriser les sites menacés. Reste à voir si la pression internationale sera suffisante pour faire bouger les lignes.

Cette crise rappelle une fois de plus le coût humain et culturel des conflits. Tant que les armes parleront, le patrimoine libanais restera en sursis. La question n’est plus de savoir si une intervention est nécessaire, mais quand elle aura lieu — et à quel prix.

Tyr est l’une des plus anciennes villes portuaires du monde, fondée vers 2750 av. J.-C. Son site archéologique comprend des vestiges phéniciens, romains et byzantins, dont des thermes, un hippodrome et des colonnes romaines. La forteresse de Beaufort, construite au XIIᵉ siècle par les Croisés, a ensuite été utilisée par les Mamelouks et les Ottomans. Quant au site de Chamaa, il abrite des ruines datant de l’âge du bronze. Ces lieux sont classés à l’UNESCO précisément pour leur valeur historique et universelle.