À un an de l’élection présidentielle prévue au printemps 2027, Les Républicains (LR) s’apprêtent à trancher sur la méthode de désignation de leur candidat. Selon le Figaro - Politique, les quelque 120 000 adhérents du parti sont appelés à voter les 18 et 19 avril prochains pour choisir entre trois options : désigner directement leur chef de file, organiser un congrès réservé aux militants, ou lancer une primaire ouverte aux sympathisants. Un scrutin interne qui survient dans un contexte de profondes divisions au sein de la droite, marquée par des rivalités personnelles et des divergences stratégiques.

Ce qu'il faut retenir

  • 120 000 adhérents LR appelés à voter les 18 et 19 avril pour choisir entre trois méthodes de désignation.
  • Trois options proposées : désignation directe, congrès interne, ou primaire ouverte aux sympathisants.
  • François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR, se dit favorable à une primaire, estimant que Bruno Retailleau l’emporterait.
  • Divisions persistantes au sein du parti, illustrées par les départs de David Lisnard et les critiques de Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand.
  • Bruno Retailleau, favori des adhérents, s’est déclaré prêt à participer à une primaire si les autres candidats y souscrivent.

Un scrutin interne sous haute tension

Les adhérents de LR devront se prononcer sur un processus de désignation qui cristallise les tensions au sein du parti. Comme le rapporte le Figaro - Politique, trois scénarios sont sur la table : une désignation directe du candidat, un congrès réservé aux militants, ou une primaire ouverte aux sympathisants. Ce dernier volet, porté par des figures comme le maire de Cannes David Lisnard, suscite des réticences, notamment de la part de Laurent Wauquiez, président des députés LR, ou de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. Tous jugent le processus trop favorable à Bruno Retailleau, déjà perçu comme le grand favori.

Pourtant, François-Xavier Bellamy, eurodéputé et figure montante de LR, a pris position en faveur d’une primaire. Invité du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat » ce dimanche, il a affirmé qu’il voterait pour que le sénateur de Vendée soit « notre candidat ». « Cela fait partie de la tradition de la droite française : nous avons à la tête de notre parti un homme qui peut représenter nos idées à la présidentielle et qui peut la gagner », a-t-il déclaré, tout en défendant la transparence du processus. « On n’a jamais eu une méthode de désignation aussi transparente et aussi démocratique », a-t-il ajouté, répondant ainsi aux critiques sur un scrutin perçu comme verrouillé.

Bellamy ouvre la porte à une primaire, malgré les réserves

François-Xavier Bellamy n’exclut pas l’hypothèse d’une primaire à droite, même si Bruno Retailleau devait être désigné par les adhérents dimanche. Dans une déclaration à la presse, il a précisé : « Bruno Retailleau est tout à fait disposé à y participer s’il devait être désigné par nos adhérents pour les représenter, y compris dans une échéance intermédiaire. » Une position qui témoigne d’une volonté de rassemblement, tout en ménageant les différentes sensibilités du parti.

L’eurodéputé a également conditionné son soutien à une primaire ouverte à la participation d’Édouard Philippe. « À partir du moment où Édouard Philippe ne veut pas de primaire, on ne peut pas proposer à nos adhérents de voter pour le contraindre à un processus auquel il ne se soumet pas », a-t-il martelé. Bellamy a suggéré qu’une primaire pourrait intervenir ultérieurement, une fois que l’ancien Premier ministre aurait « à assumer le bilan d’Emmanuel Macron ». « Parce que Édouard Philippe devra assumer le bilan d’Emmanuel Macron, il se dit convaincu que Bruno Retailleau triompherait de cette compétition », a-t-il souligné. « La primaire permettrait de confronter nos projets mais aussi nos actions passées », a-t-il ajouté, sans exclure que Retailleau puisse l’emporter face à son rival.

Retailleau prêt à affronter ses concurrents

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat et favori des adhérents, a adopté une posture pragmatique. Il s’est dit prêt à participer à une primaire si les autres candidats majeurs de la droite y souscrivaient. Dans les colonnes du Figaro ce week-end, il n’a pas écarté cette possibilité, à condition qu’Édouard Philippe, président du parti Horizons, accepte également d’y prendre part. Une condition qui reflète les enjeux de cette future élection interne, où la crédibilité des candidats sera un critère clé.

Cette ouverture de Retailleau contraste avec les prises de position plus rigides d’autres figures de LR. Laurent Wauquiez, par exemple, a multiplié les critiques contre le processus de désignation, tandis que Xavier Bertrand a choisi de claquer la porte du parti pour protester contre les divisions persistantes. Autant dire que la route vers l’unité reste semée d’embûches, alors que le calendrier électoral s’accélère.

Un calendrier électoral encore flou, mais une dynamique de campagne déjà en marche

Malgré l’incertitude persistante sur la date exacte du scrutin présidentiel — initialement prévu au printemps 2027, mais dont le calendrier reste flou — les candidats de droite commencent à se positionner. Le Figaro - Politique relève qu’une réunion stratégique est prévue le 15 avril entre les formations d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal (Renaissance), ainsi qu’avec les centristes du MoDem et de l’UDI. Un signe que les discussions sur une éventuelle union de la droite et du centre s’intensifient, alors que le scénario d’un candidat unique commence à émerger dans les esprits.

Dans ce contexte, François-Xavier Bellamy mise sur une stratégie d’union pour renforcer la crédibilité de LR. En parallèle, il a récemment tenté de durcir la ligne du parti sur la question migratoire au Parlement européen, cherchant à fédérer autour d’une droite plus ferme sur les questions sociétales et sécuritaires. Une tactique qui pourrait séduire une partie de l’électorat, tout en cristallisant les oppositions au sein même du parti.

Et maintenant ?

Les adhérents de LR voteront les 18 et 19 avril pour trancher entre les trois méthodes de désignation. Si une primaire ouverte est retenue, la campagne interne pourrait s’étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon les règles définies. Dans tous les cas, Bruno Retailleau part favori, mais les divisions internes et les stratégies de ses rivaux pourraient rebattre les cartes. Une chose est sûre : la droite devra présenter un front uni pour espérer rivaliser avec le camp présidentiel en 2027.

Les prochaines étapes incluront également des négociations avec les autres formations de droite et du centre, notamment Horizons et Renaissance, pour tenter de dégager une candidature commune. Les résultats des votes militants des 18 et 19 avril seront donc déterminants pour l’avenir du parti et, in fine, pour l’équilibre politique de la France.

Les adhérents de LR doivent choisir entre trois méthodes : une désignation directe de leur chef de file, un congrès réservé aux militants, ou une primaire ouverte aux sympathisants. Ces options ont été présentées fin mars lors d’un bureau politique et seront soumises au vote les 18 et 19 avril prochains.

François-Xavier Bellamy défend l’idée d’une primaire car il estime que Bruno Retailleau, favori des adhérents, serait le candidat le plus à même de porter les couleurs de LR à la présidentielle. Il insiste aussi sur la transparence et la démocratie interne du processus, tout en ouvrant la porte à une confrontation avec Édouard Philippe si ce dernier accepte de participer.