L’association Que Choisir Ensemble et un collectif de groupements similaires ont saisi la Commission européenne pour exiger de Meta, Google et TikTok qu’ils nettoient leurs régies publicitaires, jugées trop permissives face aux arnaques en ligne. Cette action en justice, révélée d’après Frandroid, vise à contraindre les géants du numérique à endiguer la prolifération des publicités frauduleuses, notamment celles liées à des prêts illégaux, des placements financiers risqués ou des arnaques au crédit.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois géants du numérique ciblés : Meta (Facebook et Instagram), Google et TikTok, accusés de ne pas suffisamment contrôler leurs publicités.
  • Une plainte déposée devant la Commission européenne pour faire appliquer les réglementations existantes.
  • Trois types d’arnaques pointés du doigt : prêts frauduleux, placements illégaux et arnaques au crédit.
  • Une mobilisation collective portée par l’association Que Choisir Ensemble et d’autres groupements similaires.

Une plainte coordonnée contre les failles des plateformes

Selon Frandroid, l’association Que Choisir Ensemble s’est jointe à un collectif de groupements pour déposer une plainte formelle auprès de la Commission européenne. L’objectif est clair : contraindre Meta, Google et TikTok à assumer leurs responsabilités en matière de modération publicitaire. « Les plateformes doivent garantir que leurs régies publicitaires ne servent pas de vitrine aux arnaqueurs », a souligné un porte-parole de l’association. Les signataires dénoncent un manque de diligence de la part des entreprises, malgré les alertes répétées sur l’ampleur du phénomène.

Des pratiques frauduleuses en constante évolution

Les arnaques ciblées par cette action judiciaire concernent principalement trois domaines : les prêts frauduleux, où des particuliers se voient proposer des crédits à des taux usuriers sans vérification sérieuse ; les placements financiers illégaux, souvent présentés comme des opportunités de rendement exceptionnel ; et les arnaques au crédit, où des consommateurs sont incités à souscrire des crédits sous de fausses promesses. « Ces pratiques se multiplient sur les réseaux sociaux et les moteurs de recherche, où les publicités ciblées atteignent des millions d’utilisateurs », a précisé l’association. Selon une étude récente, près de 30 % des internautes français auraient déjà été exposés à au moins une tentative d’arnaque en ligne.

Les géants du numérique sous pression réglementaire

Meta, Google et TikTok sont désormais dans le viseur des autorités européennes, qui exigent des mesures concrètes pour lutter contre ces dérives. « Les plateformes ont l’obligation légale de protéger leurs utilisateurs, y compris en filtrant les publicités trompeuses », a rappelé la Commission européenne dans un communiqué. En France, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a déjà alerté à plusieurs reprises sur le sujet, sans parvenir à endiguer le phénomène. La plainte déposée par Que Choisir pourrait donc accélérer le processus, en s’appuyant sur le DSA (Digital Services Act), le règlement européen entré en vigueur en 2024 pour encadrer les contenus illégaux en ligne.

Et maintenant ?

La Commission européenne dispose désormais de trois mois pour examiner la plainte et décider des suites à donner. Si elle donne raison à Que Choisir, les plateformes pourraient se voir infliger des amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial, selon les dispositions du DSA. Une décision est attendue d’ici la fin de l’été 2026. Parallèlement, l’association pourrait étendre ses poursuites à d’autres acteurs du numérique, comme X (ex-Twitter) ou Snapchat, souvent pointés du doigt pour leur laxisme en matière de modération publicitaire.

Cette action judiciaire s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des contrôles sur les publicités en ligne. En France, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) multiplie les enquêtes ciblées, tandis que l’Union européenne prépare de nouvelles directives pour mieux protéger les consommateurs. « Le problème ne se limite pas à quelques plateformes, mais touche l’ensemble de l’écosystème publicitaire numérique », a expliqué un expert en cybersécurité. La bataille contre les arnaques en ligne pourrait donc s’intensifier dans les mois à venir, avec des répercussions majeures pour les acteurs du secteur.

Selon le Digital Services Act (DSA), les plateformes risquent des amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial. En cas de récidive, la Commission européenne pourrait même ordonner la suspension temporaire de leurs services dans l’Union européenne.