Face à la résurgence des violences xénophobes en Afrique du Sud, le gouvernement ghanéen avait prévu d’organiser un vol de rapatriement pour ses ressortissants souhaitant quitter le pays. Selon RFI, un premier avion devait décoller jeudi 21 mai depuis l’aéroport international OR Tambo de Johannesburg. Pourtant, l’opération a finalement été reportée « de quelques jours », a annoncé le ministère ghanéen des Affaires étrangères. Une décision qui laisse certains candidats au départ dans l’expectative, alors que la situation sécuritaire reste tendue.
Ce qu'il faut retenir
- Un vol de rapatriement prévu le 21 mai 2026 depuis Johannesburg a été reporté « de quelques jours » par le Ghana, selon RFI.
- Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a justifié ce report sans préciser de nouvelle date.
- Les violences xénophobes en Afrique du Sud ont poussé le Ghana à proposer des vols de retour pour ses ressortissants.
- Le premier avion devait relier Johannesburg à Accra, la capitale ghanéenne.
Contexte : une flambée de violences xénophobes en Afrique du Sud
Les tensions xénophobes en Afrique du Sud ne sont pas un phénomène récent. Depuis plusieurs années, des vagues de violences contre les migrants, notamment originaires d’autres pays africains, ont éclaté dans plusieurs villes sud-africaines. Ces émeutes, souvent motivées par des discours xénophobes ou des rivalités économiques, ont déjà poussé des milliers de personnes à quitter le pays. Le Ghana, comme d’autres États, a choisi de réagir en organisant des opérations de rapatriement pour ses ressortissants.
Selon les autorités ghanéennes, cette initiative vise à garantir la sécurité de ses citoyens sur place. « Les violences ciblent des étrangers, et nos ressortissants sont exposés », a rappelé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement de Accra a donc sollicité l’appui de l’Union africaine pour coordonner cette opération, tout en mobilisant des moyens logistiques pour faciliter le retour des volontaires.
Un report qui suscite des interrogations
Alors que le premier vol était initialement prévu pour le 21 mai 2026, son report a pris de court plusieurs candidats au départ. Certains, déjà en possession de billets d’avion ou ayant préparé leurs bagages, s’impatientent face à l’incertitude. Contacté par RFI, un responsable de l’ambassade du Ghana en Afrique du Sud a confirmé que la nouvelle date serait communiquée « dans les plus brefs délais », sans plus de précisions. « Nous comprenons leur frustration, mais la sécurité prime », a-t-il souligné.
D’autres sources locales évoquent des difficultés logistiques ou administratives pour expliquer ce contretemps. Quoi qu’il en soit, ce report pourrait prolonger l’exposition des Ghanéens aux risques de violences dans un contexte déjà tendu. À Johannesburg, plusieurs quartiers sont sous haute surveillance policière, mais des patrouilles insuffisantes laissent craindre de nouvelles exactions.
L’Union africaine mobilisée, mais sans solution immédiate
Le Ghana n’est pas le seul pays à agir. D’autres États africains, comme le Nigeria ou la République démocratique du Congo, ont également mis en place des dispositifs pour rapatrier leurs ressortissants. L’Union africaine (UA), de son côté, a appelé à une « réponse continentale » pour mettre fin aux violences. « La xénophobie est une menace pour la cohésion africaine », a rappelé un haut responsable de l’UA, sans proposer de mesures concrètes pour l’instant.
Pourtant, les initiatives individuelles peinent à endiguer la crise. À Pretoria, la capitale sud-africaine, des manifestations anti-xénophobie ont eu lieu ces dernières semaines, mais sans succès tangible. Les autorités locales, souvent critiquées pour leur inaction, se retranchent derrière des promesses de renforcement des effectifs policiers. Autant dire que la situation reste fragile, et que le rapatriement des migrants pourrait s’étendre sur plusieurs semaines.
La communauté internationale, notamment l’Union africaine, est attendue sur les prochaines étapes. Une réunion d’urgence pourrait être organisée dans les semaines à venir pour tenter d’apporter une réponse coordonnée. En attendant, les candidats au départ devront patienter, dans un contexte où chaque jour compte.
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a simplement indiqué un report « de quelques jours » sans préciser les raisons exactes, selon RFI. Des difficultés logistiques ou administratives pourraient être à l’origine de ce contretemps.